Qui la société choisit-elle de valoriser ?

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Soigner nos aînés ou récompenser les métiers à faible utilité sociale ?

Un matin comme tant d’autres… mais deux mondes différents

Il est 5h30. Dans un petit appartement, au rez-de-chaussée d’un immeuble ordinaire, Sophie, 28 ans, infirmière en EHPAD, enfile sa tenue blanche. Elle prend un café, en silence, et jette un coup d’œil à son téléphone : déjà trois messages de collègues. Deux seront absentes aujourd’hui.

Elle sait que sa journée sera encore plus chargée : 28 résidents à surveiller, à soigner, à écouter, à rassurer. Beaucoup sont dépendants, certains en fin de vie. La chaleur de l’été ou l’humidité de l’hiver ne changent rien : la présence auprès des résidents est indispensable.

À quelques kilomètres de là, dans un bureau climatisé d’une grande tour, Marc, 41 ans, directeur marketing dans une maison de luxe, entamera sa journée plus tard. Un café, un coup d’œil à ses mails, une réunion stratégique pour préparer une campagne publicitaire.

À la fin du mois, Sophie touchera environ 1 600 € nets. Marc, lui, encaissera 9 000 € bruts.

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Quand la réalité des salaires heurte l’utilité sociale

Ce contraste n’est pas une anecdote. Il est le reflet d’un déséquilibre structurel : plus un métier est utile à la collectivité, moins il est souvent rémunéré.

Le secteur de la santé, et en particulier celui de la prise en charge des personnes âgées, en est l’exemple parfait.

Les chiffres des infirmières en 2025

Fonction publique hospitalière : une infirmière débutante touche environ 1 944 € brut, soit 1 500 à 1 600 € nets. Même après 20 ans de carrière, les salaires dépassent rarement 2 000 € nets. Primes : la prime Ségur (+183 € nets/mois), les majorations de nuit, de week-end ou de jours fériés viennent compléter… mais au prix de conditions de travail plus difficiles. Privé : salaire moyen autour de 2 463 € nets, avec parfois moins d’avantages sociaux. Libéral : revenus plus élevés (3 500 à 4 000 € nets), mais avec des charges importantes, aucune garantie de stabilité et des horaires souvent démesurés.

Ces données ne traduisent pas l’essentiel : la pénibilité quotidienne. Les horaires décalés, le travail de nuit, la manutention de patients, les situations d’urgence, les décisions à prendre en quelques secondes, les risques infectieux, le stress, la charge émotionnelle… Peu de métiers cumulent autant de contraintes.

La pénibilité invisible : ce qu’on ne voit pas dans une fiche de paie

Le salaire est une chose. La vie derrière en est une autre.

Travailler dans un EHPAD ou un service hospitalier signifie :

Dormir en horaires décalés, parfois sur plusieurs jours. Passer Noël ou le Nouvel An au travail, pendant que d’autres sont en famille. Porter quotidiennement des charges lourdes (patients, matériel). Être exposé à des risques infectieux. Gérer les angoisses des familles, les situations de fin de vie, les décès.

Ces réalités ne se traduisent pas en euros sur une fiche de paie. Et pourtant, elles pèsent lourd sur la santé physique et mentale des soignants.

Des métiers confortables… aux revenus démesurés

Face à cela, on trouve des professions où la pénibilité est faible, la sécurité élevée, et la rémunération impressionnante.

Pilote de ligne : 6 000 à 12 000 € brut par mois. Métier technique, avec une forte responsabilité, mais rythmé par des périodes de repos obligatoires et un environnement de travail très encadré. Trader : 8 000 à 20 000 € brut mensuels, sans responsabilité humaine directe, dans un bureau équipé. Directeur marketing dans le luxe : 7 000 à 12 000 € brut, horaires de bureau, voyages en classe affaires. Influenceur à succès : revenus pouvant dépasser 10 000 € mensuels pour des contenus sponsorisés. Cadre supérieur dans un organisme public ou para-public : 6 000 à 9 000 € brut, horaires fixes, sécurité de l’emploi.

Ces métiers exigent parfois des compétences rares, mais la comparaison avec les soignants est implacable : l’impact direct sur la survie et la dignité humaine n’est pas comparable.

Les députés : un cas particulier… et une question de responsabilité

Le cas des députés mérite d’être mentionné.

Un député français gagne environ 5 953 € nets par mois, plus 5 950 € d’indemnité de frais de mandat et 11 118 € pour rémunérer ses collaborateurs. S’ajoutent les avantages matériels : trajets gratuits, voiture avec chauffeur, matériel fourni.

On peut admettre que représenter la Nation est une fonction importante, qui exige disponibilité et responsabilité. Mais cette responsabilité inclut aussi la mission de défendre les métiers essentiels au fonctionnement du pays.

Si les élus utilisaient pleinement leur pouvoir législatif pour voter des lois ambitieuses en faveur des hôpitaux et des EHPAD, si la revalorisation des soignants devenait une priorité nationale, leurs revenus seraient plus facilement acceptés. Mais tant que les conditions de travail des soignants resteront précaires, l’écart de rémunération alimentera un sentiment d’injustice.

Une question de valeurs collectives

Nous sommes à la croisée des chemins.

La démographie nous le rappelle : la population vieillit, le besoin en soignants va exploser dans les prochaines décennies. Or, déjà aujourd’hui, les vocations s’effondrent. Les postes vacants s’accumulent, les lits ferment, les temps d’attente s’allongent.

La question est simple : souhaitons-nous vivre dans une société qui valorise les métiers essentiels, ou continuer à laisser le marché et l’économie dicter la valeur de l’humain ?

Les conséquences de l’inaction

Ne pas agir, c’est accepter :

Des hôpitaux sous-staffés, incapables d’absorber une crise sanitaire. Des EHPAD en souffrance, où le ratio soignant/résidents ne permet plus un accompagnement digne. Une fuite des talents, car les jeunes infirmiers quittent le métier ou partent à l’étranger. Une perte de confiance de la population envers ses institutions.

À terme, cela ne coûtera pas seulement des milliards d’euros supplémentaires : cela coûtera des vies.

Repenser l’échelle des priorités

Il ne s’agit pas d’appauvrir les métiers bien rémunérés, mais de rehausser ceux qui tiennent la société debout.

Quelques pistes :

Revaloriser selon la pénibilité : prendre en compte horaires décalés, charge physique, charge émotionnelle. Intégrer les primes dans le salaire de base pour garantir un revenu stable et prévisible. Avantages en nature : transport, logement, repas pris en charge comme pour certaines professions privilégiées. Engagement politique clair : inscrire la revalorisation des soignants dans la loi, avec financement pérenne. Mobiliser l’opinion publique : rappeler que ces métiers concernent chacun de nous, tôt ou tard.

Un choix de société

Le débat dépasse la question salariale. Il touche à la vision que nous avons de notre avenir collectif.

Quand viendra le moment où nous ou nos proches aurons besoin de soins, ce n’est pas un trader, un influenceur ou un directeur marketing qui viendra à notre chevet. Ce sera un soignant.

Et si ce soignant a quitté le métier faute de reconnaissance, nous paierons collectivement le prix de notre indifférence.

Nous avons le choix.

Soit nous continuons sur cette voie, en valorisant des professions éloignées du soin, en laissant les métiers essentiels s’épuiser. Soit nous faisons le choix inverse : reconnaître, soutenir et rémunérer à la hauteur celles et ceux qui assurent chaque jour la santé, la dignité et la vie de nos aînés.

Ce choix est politique. Il est moral. Et il est urgent.

La question que chacun devrait se poser est simple : dans la société que nous voulons demain, qui voulons-nous vraiment valoriser ?