La gestion et la prévention des escarres en EHPAD sont essentielles pour les Infirmiers Diplômés d’État Coordinateurs (IDEC). Ce texte détaille les pratiques recommandées à adopter pour éviter l’apparition d’escarres, soulignant l’importance de l’évaluation des risques, des interventions préventives adaptées, et de la formation des soignants. Il présente également la classification des escarres en quatre stades de gravité, et aborde les conséquences sur le personnel soignant. En outre, l’usage de l’échelle de Norton pour évaluer le risque d’escarres et l’importance des matelas anti-escarre, tout en soulignant leurs limites, sont expliqués. Ce guide vise à fournir aux IDEC les outils nécessaires pour une prévention efficace des escarres, en mettant l’accent sur une approche multifacette impliquant évaluation, prévention, éducation, et soins adaptés.
Sommaire
Sommaire
- Prévention des escarres en EHPAD : Guide pour l’IDEC sur les étapes clés à suivre
- Quels sont les 4 stades d’une escarre ?
- Quelle est la conséquence principale d’une escarre sur le personnel soignant ?
- L’échelle de Norton : Un outil crucial pour prévenir les escarres chez les résidents
- Les matelas anti-escarre: essentiels mais limités pour les talons, positionnement clé
- Ulcères de la peau ou escarres, toutes les explications sur ces douleurs cutanées par le Docteur Isabelle Delabrière, médecin au CHU de Lille au sein du Pôle de Gérontologie
Prévention des escarres en EHPAD : Guide pour l’IDEC sur les étapes clés à suivre
Dans le soin, la prévention des escarres en EHPAD est une priorité pour l’IDEC (Infirmier(ère) Diplômé(e) d’État Coordinateur(trice)), qui doit piloter et former les soignants à mettre en œuvre une politique de prévention efficace. Voici les étapes clés à suivre pour prévenir les escarres auprés des résident d’EHPAD:
- Évaluation des Risques : Il est crucial d’évaluer le risque d’escarres chez chaque résident à son admission et lors de toute modification de son état de santé, en particulier en cas de fièvre, infection, affection pulmonaire, hypotension, incontinence, ou troubles circulatoires. Cette évaluation permet de cibler les résidents les plus à risque et de concentrer les ressources sur ces cas critiques.
- Prévention en Cas de Risque : Les mesures de prévention doivent être adaptées aux moyens de l’institution et dépendent de la maîtrise des pratiques de prévention par le personnel. Elles comprennent :
- Soulager la Pression : Utiliser des supports adaptés pour soulager la pression et éviter les positions dangereuses qui augmentent le risque d’escarres.
- Mobilisation Régulière : Il est important de changer régulièrement la position des résidents pour éviter la pression prolongée sur une même zone.
- Surveillance de l’État Cutané : Examiner régulièrement la peau pour détecter précocement tout signe d’escarre.
- Hygiène de la Peau : Maintenir une bonne hygiène de la peau avec des toilettes quotidiennes et des changements réguliers de literie.
- Équilibre Nutritionnel : Assurer une alimentation équilibrée pour éviter la dénutrition, un facteur de risque majeur des escarres.
- Traitement des Pathologies Favorisantes : Prendre en charge les conditions médicales susceptibles de favoriser l’apparition d’escarres.
- Éducation du Patient : Informer et éduquer les résidents sur les soins de prévention des escarres.
L’IDEC doit veiller à ce que toute l’équipe soignante soit formée et sensibilisée à ces mesures de prévention. Il est essentiel d’utiliser une méthode d’évaluation du risque d’escarre cohérente et de définir un protocole de prise en charge en collaboration avec toute l’équipe soignante, qui sera périodiquement évalué et ajusté en fonction des besoins spécifiques de chaque résident.
Quels sont les 4 stades d’une escarre ?
Les escarres sont des lésions de la peau et des tissus sous-jacents résultant d’une pression prolongée sur la peau. Elles sont classées en quatre stades selon la gravité de la lésion :
- Stade I : La peau est intacte avec une rougeur d’une zone localisée généralement sur une proéminence osseuse. La zone peut être douloureuse, ferme, souple, plus chaude ou plus froide par rapport aux tissus adjacents.
- Stade II : Perte de la couche superficielle de la peau (épiderme) ou jusqu’à la couche plus profonde (derme). L’escarre se présente comme une plaie ouverte avec un fond rouge rosé, sans présence de tissu mort.
- Stade III : Perte de peau complète révélant les tissus adipeux. L’escarre peut présenter des zones de tissu mort (nécrose) et ressembler à un cratère. Il peut y avoir des dommages ou une nécrose des tissus mous sous-jacents.
- Stade IV : Perte de peau importante avec exposition de l’os, des tendons ou des muscles. L’escarre peut inclure des zones de tissu mort important et de nécrose. Ce stade peut aussi présenter des signes d’infection.
La prévention des escarres est essentielle, notamment en évaluant les risques, en soulageant la pression, en mobilisant régulièrement la personne, en surveillant l’état cutané, en maintenant une bonne hygiène de la peau, en assurant un bon équilibre nutritionnel, en traitant les pathologies susceptibles de favoriser l’apparition d’une escarre et en fournissant une éducation au patient sur les soins de prévention.
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J’accède au stock illimitéQuelle est la conséquence principale d’une escarre sur le personnel soignant ?
La conséquence principale d’une escarre sur le personnel soignant n’est pas directement abordée dans les documents consultés. Cependant, on peut inférer que la gestion des escarres implique une augmentation de la charge de travail pour le personnel soignant, nécessitant des soins spécifiques, souvent intensifs et de longue durée, pour prévenir et traiter ces lésions cutanées. Cela peut inclure des évaluations régulières de l’état de la peau, le changement de position des résidents pour éviter la pression prolongée sur une zone, l’application de pansements spécialisés, et parfois la gestion de la douleur et des infections. De telles responsabilités peuvent augmenter le stress et la pression sur le personnel, soulignant l’importance de pratiques de prévention efficaces et d’une formation adéquate pour gérer ces situations complexes.
L’échelle de Norton : Un outil crucial pour prévenir les escarres chez les résidents
L’échelle de Norton est un outil d’évaluation conçu pour aider le personnel soignant à identifier les patients à risque de développer des escarres. Elle évalue plusieurs facteurs clés qui contribuent au risque d’escarre, y compris l’état général du patient, son état mental, son niveau d’activité, sa mobilité, et sa capacité à contrôler l’incontinence. L’échelle attribue un score à chaque catégorie, et la somme des scores permet de déterminer le niveau de risque d’escarre du patient.
Les catégories de l’échelle de Norton sont les suivantes :
- État Général : Évalue la santé physique du patient, incluant le statut nutritionnel, l’intégrité des tissus, la masse musculaire et l’état de la peau.
- État Mental : Examine le niveau de conscience du patient et son orientation par rapport à son environnement.
- Activité : Mesure le degré de capacité du patient à se déplacer, y compris la capacité de marcher avec ou sans aide.
- Mobilité : Évalue le degré de contrôle et de mobilisation des membres du patient.
- Incontinence : Détermine le degré de capacité du patient à contrôler ses intestins et sa vessie.
Chaque catégorie est notée sur une échelle de 1 à 4, avec 1 étant la condition la plus sévère (très mauvais, inconscient, totalement alité, immobile, incontinence urinaire et fécale) et 4 la moins sévère (bon état général, orienté, sans aide, totale mobilité, aucune incontinence). Un score global est calculé en additionnant les scores de chaque catégorie, permettant ainsi de classer le patient dans une catégorie de risque d’escarre, allant d’un risque minimal à un risque élevé. Un score total élevé indique un risque minimal d’escarre, tandis qu’un score faible indique un risque élevé.

Cette échelle est largement utilisée dans les établissements de soins de longue durée, tels que les EHPAD, pour identifier les résidents nécessitant des interventions préventives spécifiques pour minimiser le risque de développement d’escarres.
Les matelas anti-escarre: essentiels mais limités pour les talons, positionnement clé
Les matelas anti-escarre jouent un rôle crucial dans la prévention des escarres, en particulier sur les zones sacrée, occipitale, et dorsale. Cependant, ils sont moins efficaces pour prévenir les escarres talonnières, où des coussins de positionnement sont recommandés. En position allongée sur le dos, la pression sur la zone sacrée est significativement réduite, ne représentant que 20 à 30% du poids du corps, contre 73% en position assise.
Le choix d’un matelas doit se fonder sur plusieurs critères, notamment les retours des infirmiers(ères) diplômés(es) d’État (IDE) présents, les avis de la famille, ainsi que le score de risque d’escarre obtenu via des échelles telles que l’échelle de Norton, l’échelle de Braden ou l’échelle de Waterlow. Il est important de noter qu’un matelas anti-escarre n’est pas systématiquement nécessaire sur un lit médicalisé, une literie standard (matelas une place) pouvant convenir aux personnes non considérées à risque.
Il est essentiel de comprendre qu’un matelas anti-escarre ne préviendra pas à lui seul l’apparition d’escarres si des changements réguliers de position ne sont pas effectués. Il est donc crucial de réaliser des rotations quotidiennes du patient pour réduire la pression constante sur certaines zones du corps.
Pour choisir le matelas adapté, il est recommandé de consulter un ergothérapeute ou un revendeur spécialisé. Il existe une grande variété de modèles de matelas anti-escarre, différant par la densité de la mousse, la présence d’inserts, la hauteur des cellules à air, etc. De plus, les matelas ont souvent des limites de poids spécifiques, et il est important de communiquer le poids du patient (inférieur à 35 kg ou supérieur à 110 kg) au revendeur ou à l’ergothérapeute pour s’assurer que le matelas choisi conviendra parfaitement.

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