Suivi médical en EHPAD : 10 stratégies pour optimiser la prise en charge des résidents fragiles

La gestion du suivi médical en EHPAD nécessite des stratégies concrètes. Cet article présente dix recommandations pour améliorer la sécurité et la qualité des soins, ciblant la collaboration entre résidents, soignants et familles pour un projet individualisé.

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La gestion du suivi médical des résidents les plus fragiles représente un défi quotidien. Elle exige une coordination sans faille et des outils performants. Cet article propose dix stratégies concrètes et opérationnelles. Elles visent à renforcer la sécurité et la qualité des soins. Chaque conseil est pensé pour une application directe. Il s’adresse aux équipes de direction et soignantes en EHPAD. L’objectif est de transformer les pratiques pour le bien-être des aînés.

1. Instaurez une évaluation gériatrique standardisée et multidimensionnelle dès l’admission

Un suivi médical performant débute bien avant la première prescription. Il commence par une connaissance approfondie du résident. L’évaluation gériatrique standardisée et multidimensionnelle (EGS) est votre meilleur atout. Elle doit être systématique à l’entrée de chaque nouveau résident. Cet outil dépasse le simple bilan médical. Il explore toutes les facettes de la personne âgée.

L’EGS analyse les capacités cognitives via des tests comme le Mini-Mental State Examination (MMSE) ou le Montreal Cognitive Assessment (MoCA). Ces évaluations permettent de détecter précocement des troubles neurocognitifs. Elles orientent la prise en charge non médicamenteuse. L’autonomie pour les actes de la vie quotidienne est mesurée avec les échelles ADL (Activities of Daily Living) et IADL (Instrumental Activities of Daily Living). Ces données sont cruciales pour le responsable d’hébergement. Elles permettent d’ajuster le niveau d’aide humaine nécessaire.

L’état nutritionnel est un autre pilier de cette évaluation. Le Mini Nutritional Assessment (MNA) est un outil simple et rapide. Il identifie les résidents à risque de dénutrition ou déjà dénutris. Une étude récente de la Haute Autorité de Santé (HAS) montre que près de 40% des résidents en EHPAD sont en état de dénutrition. Agir dès l’admission est donc une priorité absolue. Cette évaluation doit déclencher un plan nutritionnel personnalisé.

Le risque de chute est également scruté. Des tests comme le « Get-up and Go » test évaluent l’équilibre et la marche. Les résultats guident la mise en place de mesures préventives. Celles-ci peuvent inclure l’intervention d’un kinésithérapeute ou l’adaptation de l’environnement de la chambre. Enfin, l’évaluation psycho-sociale est indispensable. Elle permet de comprendre l’histoire de vie du résident. Son état psychologique, ses angoisses et ses désirs sont pris en compte. Un résident anxieux ou déprimé est un résident plus fragile. L’intégration de l’EGS dans le projet de soins individualisé (PSI) est la clé de voûte d’une prise en charge réussie. Ce document devient la feuille de route partagée par toute l’équipe.

2. Déployez la télémédecine pour les avis spécialisés et le suivi chronique

L’accès aux médecins spécialistes est un casse-tête logistique et humain pour les EHPAD. Les déplacements sont fatigants pour les résidents fragiles. Ils sont aussi coûteux en temps et en ressources. La télémédecine offre une solution efficace et éprouvée. Elle ne remplace pas la consultation physique mais la complète intelligemment.

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Pour les suivis dermatologiques, la télé-expertise est particulièrement pertinente. Une infirmière peut prendre une photo de haute qualité d’une lésion cutanée. Elle la transmet de manière sécurisée à un dermatologue. Celui-ci peut poser un diagnostic ou orienter la prise en charge à distance. Cela évite des délais d’attente souvent longs pour un rendez-vous en cabinet. De même, pour la cardiologie, le suivi d’un patient insuffisant cardiaque peut être facilité. La transmission régulière du poids, de la tension artérielle et des symptômes via un chariot de télémédecine permet au cardiologue d’ajuster le traitement à distance.

La téléconsultation assistée par une infirmière est une autre modalité précieuse. L’infirmière prépare le résident et présente le cas au spécialiste. Elle peut utiliser des dispositifs médicaux connectés (stéthoscope, otoscope) pour enrichir l’examen clinique. Cette pratique est très utile pour les avis en psychiatrie, en neurologie ou en endocrinologie. Une étude menée en 2023 dans la région Grand Est a montré que l’utilisation de la téléconsultation en EHPAD réduisait de 30% les hospitalisations non programmées pour les résidents concernés.

Le cadre réglementaire s’est assoupli. L’Avenant 9 à la convention médicale facilite le déploiement de la télémédecine en EHPAD. Il valorise l’acte de télé-expertise pour les médecins requis. Les EHPAD doivent s’équiper de matériel adéquat. Un chariot de télémédecine avec une bonne connexion internet et des périphériques de qualité est un investissement rentable. Il faut aussi former les équipes. L’IDEC et les infirmières sont en première ligne pour organiser et mener ces téléconsultations.

3. Optimisez le circuit du médicament avec l’aide d’un pharmacien d’officine référent

La iatrogénie médicamenteuse est un fléau en gériatrie. Les résidents d’EHPAD sont souvent polymédiqués. Le risque d’interactions médicamenteuses et d’effets indésirables est majeur. On estime que 10 à 20% des hospitalisations de personnes âgées de plus de 80 ans sont liées à un problème médicamenteux. La sécurisation du circuit du médicament est donc une priorité non négociable.

La collaboration avec un pharmacien d’officine référent est une stratégie gagnante. Ce partenariat va au-delà de la simple dispensation. Le pharmacien peut réaliser des bilans de médication partagés. Il analyse l’ensemble des prescriptions du résident en collaboration avec le médecin coordonnateur et le médecin traitant. L’objectif est de déprescrire les médicaments non essentiels ou inappropriés. Il recherche les redondances et les interactions dangereuses. Cette démarche proactive permet de réduire la charge médicamenteuse.

L’automatisation de la préparation des doses à administrer (PDA) est une autre étape cruciale. La PDA, réalisée par le pharmacien ou via un automate au sein de l’EHPAD, réduit drastiquement les erreurs de préparation par les soignants. Les piluliers sont préparés nominativement pour chaque résident. Ils sont organisés par jour et par heure de prise. Cela libère du temps pour les infirmières. Elles peuvent se consacrer à des soins à plus forte valeur ajoutée. Une étude de l’OMEDIT de Normandie a quantifié une diminution de 85% des erreurs de dispensation après la mise en place d’une PDA externalisée.

Il faut également mettre en place une gestion rigoureuse des médicaments à risque. Les psychotropes, les anticoagulants et les anti-diabétiques nécessitent une vigilance particulière. Des protocoles clairs doivent encadrer leur prescription, leur stockage, leur administration et leur surveillance. La formation continue des aides-soignantes et des infirmières à la reconnaissance des effets indésirables de ces molécules est fondamentale. L’informatisation complète du circuit, du logiciel de prescription du médecin au logiciel de suivi de l’administration, assure une traçabilité sans faille.

4. Structurez les transmissions ciblées pour une communication efficace

Une information perdue ou mal interprétée peut avoir des conséquences graves. La qualité des transmissions entre les équipes est la pierre angulaire de la continuité des soins. Les transmissions ciblées sont une méthode structurée qui a fait ses preuves. Elles permettent de communiquer des informations précises et pertinentes.

Le principe est simple. Chaque transmission s’organise autour d’une Cible, qui est le problème ou l’événement observé chez le résident. Il peut s’agir d’une « douleur », d’une « chute », d’une « altération de l’état général » ou d’une « agitation ». Ensuite, on décrit les Données objectives et subjectives relatives à cette cible. Par exemple, pour une cible « douleur », les données pourraient être : « le résident se plaint d’une douleur à la hanche droite, score de 7/10 sur l’échelle numérique, grimace lors de la mobilisation ».

La troisième étape consiste à définir les Actions menées. Dans notre exemple, cela pourrait être : « administration de l’antalgique de palier 1 prescrit, réinstallation du résident dans une position de confort, appel du médecin traitant ». Enfin, les Résultats de ces actions sont consignés. Par exemple : « une heure après, le résident évalue sa douleur à 3/10, il est plus calme ».

Cette méthode, souvent appelée « DAR » (Données, Actions, Résultats), impose une rigueur intellectuelle. Elle oblige le soignant à analyser la situation et à formaliser sa pensée. Elle facilite la lecture et la compréhension par l’équipe suivante. Fini les longs paragraphes narratifs où l’information essentielle est noyée. Le dossier de soins informatisé est l’outil idéal pour implémenter les transmissions ciblées. La plupart des logiciels métier proposent des modules dédiés. L’IDEC a un rôle central à jouer dans la formation des équipes et le suivi de l’appropriation de cette méthode. Des audits réguliers de la qualité des transmissions sont recommandés pour maintenir un haut niveau d’exigence.

5. Impliquez activement le résident et sa famille dans le projet de soins

Le temps où le soignant décidait seul est révolu. Le résident, même fragile et dépendant, reste un citoyen. Il a le droit d’être informé et de participer aux décisions qui le concernent. L’implication active du résident et de sa personne de confiance est un gage de qualité et d’éthique. C’est aussi un levier pour améliorer l’adhésion aux traitements et aux soins.

Dès l’élaboration du projet de soins individualisé (PSI), un temps d’échange formalisé doit être organisé. Il réunit le résident, sa famille ou personne de confiance, le médecin coordonnateur, l’IDEC et la psychologue. L’objectif est de recueillir les souhaits et les volontés du résident. Quels sont ses objectifs de vie ? Que redoute-t-il ? Quelles sont ses habitudes ? Cette discussion permet de co-construire un projet qui a du sens pour la personne.

La question des directives anticipées doit être abordée de manière systématique et délicate. Il ne s’agit pas d’attendre une situation de crise. Le médecin coordonnateur peut expliquer ce que sont les directives anticipées. Il peut aider le résident à les rédiger s’il le souhaite. Savoir si un résident refuse l’acharnement thérapeutique ou souhaite limiter les hospitalisations en fin de vie est une information capitale. Elle guide les décisions médicales dans les moments critiques. Seulement 18% des Français ont rédigé leurs directives anticipées selon une étude du CREDOC de 2022. Les EHPAD ont un rôle majeur à jouer pour améliorer ce chiffre.

Les réunions de famille régulières sont un autre outil puissant. Elles permettent de faire le point sur l’évolution de l’état de santé. C’est aussi un lieu pour ajuster le projet de soins. Elles préviennent les malentendus et les conflits. Une communication transparente et honnête avec les familles est essentielle. Elle instaure un climat de confiance. Lorsque la famille se sent écoutée et associée, elle devient un partenaire précieux pour l’équipe soignante. Elle peut apporter des informations fines sur le comportement de son proche. Elle peut aider à apaiser un résident anxieux. Cette alliance thérapeutique est bénéfique pour tous.

6. Prévenez les hospitalisations évitables par une meilleure anticipation des crises

Chaque hospitalisation en urgence est une épreuve pour un résident fragile. Elle génère du stress, une perte de repères et un risque accru de déclin fonctionnel. Beaucoup de ces hospitalisations pourraient être évitées. Une stratégie proactive d’anticipation des crises est nécessaire. Le médecin coordonnateur et l’IDEC sont les pilotes de cette démarche.

La première étape est d’identifier les résidents à très haut risque de décompensation. Ce sont souvent des résidents connus pour leur insuffisance cardiaque ou respiratoire chronique, leur diabète déséquilibré ou leurs troubles cognitifs sévères avec troubles du comportement. Pour ces résidents, un plan de crise personnalisé doit être élaboré. Ce plan, co-rédigé avec le médecin traitant, définit la conduite à tenir face à une dégradation prévisible. Par exemple, pour un insuffisant cardiaque, il peut préciser le seuil de prise de poids qui doit déclencher un appel au médecin et l’administration d’un diurétique supplémentaire.

La formation des équipes de nuit est particulièrement importante. Elles sont souvent en première ligne face à une dégradation aiguë. Les aides-soignantes et les infirmières doivent être formées à reconnaître les signes d’alerte. Une saturation en oxygène qui baisse, une fréquence respiratoire qui s’accélère, une confusion soudaine sont des signaux faibles qui doivent être pris au sérieux. Des protocoles d’appel clairs doivent exister. Qui appeler en premier ? Le médecin d’astreinte ? Le SAMU ? La mise en place de fiches réflexes par pathologie peut guider la décision dans l’urgence.

L’accès à des examens biologiques simples au sein de l’EHPAD peut aussi changer la donne. Un lecteur de glycémie capillaire est un standard. Mais pouvoir réaliser une bandelette urinaire ou un test rapide pour la grippe ou la Covid-19 permet d’orienter rapidement le diagnostic et la prise en charge. Certains EHPAD expérimentent même des dispositifs de biologie délocalisée pour doser des marqueurs comme la CRP ou les D-dimères. Le programme ICARE, expérimenté dans plusieurs régions, a montré qu’une meilleure coordination ville-hôpital et une anticipation des crises réduisaient de 25% le taux d’hospitalisations en urgence depuis les EHPAD.

7. Luttez contre la dénutrition, un facteur de fragilité majeur

La dénutrition est un cercle vicieux. Elle affaiblit le système immunitaire, favorise les infections, retarde la cicatrisation et augmente le risque de chute. Elle touche une proportion alarmante de résidents. Lutter contre ce fléau est un axe majeur de l’amélioration du suivi médical. C’est une bataille qui se gagne en équipe, de la cuisine à la chambre du résident.

Le dépistage doit être systématique et régulier. Le pesée mensuelle est le minimum requis. Elle doit être inscrite dans le dossier de soins et son évolution doit être tracée sur une courbe. Toute perte de poids involontaire de 5% en un mois ou de 10% en six mois est un signe d’alerte majeur. Le MNA (Mini Nutritional Assessment), réalisé à l’admission puis au moins une fois par an, complète ce suivi. L’IDEC et le médecin coordonnateur doivent analyser ces données chaque mois.

Une fois le risque ou la dénutrition avérée, une stratégie personnalisée s’impose. Elle ne se résume pas à la prescription de compléments nutritionnels oraux (CNO). Il faut d’abord chercher la cause. Des problèmes bucco-dentaires ? Une prothèse mal ajustée ? Des troubles de la déglutition ? Une dépression ? Un régime restrictif inadapté ? Une consultation avec un diététicien est souvent nécessaire pour adapter les textures (haché, mixé) et enrichir l’alimentation de base.

L’implication de l’équipe de restauration est fondamentale. Le responsable d’hébergement et le chef cuisinier doivent travailler main dans la main avec l’équipe soignante. Il faut proposer des menus appétissants, qui tiennent compte des goûts des résidents. L’enrichissement des plats classiques (potages, purées, laitages) avec de la poudre de lait, des œufs ou de l’huile est une technique simple et efficace. Il faut aussi soigner l’environnement du repas. Le repas doit rester un moment de plaisir et de convivialité. Lutter contre le bruit excessif en salle à manger, proposer une aide au repas discrète et respectueuse, tout cela contribue à améliorer la prise alimentaire. Une étude de 2024 a démontré qu’un programme nutritionnel complet, associant dépistage, adaptation des menus et formation des équipes, permettait d’améliorer l’Indice de Masse Corporelle de 60% des résidents dénutris en 6 mois.

8. Intégrez les approches non médicamenteuses dans le projet de soins

Face à des symptômes comme l’anxiété, l’agitation ou les troubles du sommeil, le premier réflexe est souvent la prescription d’un psychotrope. Pourtant, ces médicaments ne sont pas sans risques chez la personne âgée. Ils peuvent provoquer des chutes, une confusion et une sédation excessive. Les approches non médicamenteuses (ANM) offrent une alternative ou un complément efficace. Elles doivent être considérées comme des soins à part entière.

Leur mise en place doit être structurée et intégrée au projet de soins individualisé. Il ne s’agit pas d’activités occupationnelles ponctuelles. Il s’agit de thérapies ciblées, prescrites par le médecin coordonnateur ou le psychologue. L’analyse des troubles du comportement via la méthode « ABC » (Antécédents, Behavior, Conséquences) permet de comprendre le besoin qui s’exprime à travers le symptôme. Un résident qui déambule cherche peut-être à calmer une angoisse ou à soulager une douleur.

Parmi les ANM les plus validées, on trouve la stimulation multisensorielle en espace Snoezelen. Cet environnement apaisant, avec des lumières douces, de la musique relaxante et des textures variées, permet de réduire l’anxiété et l’agitation. La musicothérapie et l’art-thérapie, menées par des professionnels formés, peuvent aider les résidents à exprimer leurs émotions autrement que par des mots. Pour les résidents souffrant de troubles cognitifs, la validation thérapie de Naomi Feil ou l’approche Montessori adaptée sont des outils puissants pour entrer en communication et valoriser leurs capacités restantes.

L’activité physique adaptée est une autre ANM essentielle. Proposée par un enseignant en APA ou un kinésithérapeute, elle permet de lutter contre la sarcopénie, d’améliorer l’équilibre et de prévenir les chutes. Elle a aussi un effet bénéfique prouvé sur l’humeur et le sommeil. Une méta-analyse publiée dans le British Journal of Sports Medicine en 2023 a confirmé qu’une activité physique régulière réduisait le risque de chutes de 23% chez les personnes âgées vivant en institution. Pour que ces approches soient efficaces, il faut y dédier des moyens humains et former les équipes. L’aide-soignante, par sa proximité avec le résident, est un acteur clé de leur mise en œuvre au quotidien.

9. Mettez en place une culture de la gestion des risques et de la déclaration des événements indésirables

L’erreur est humaine. En EHPAD, comme dans tout établissement de santé, des événements indésirables peuvent survenir. L’enjeu n’est pas de chercher un coupable, mais de comprendre pourquoi l’erreur a eu lieu pour éviter qu’elle ne se reproduise. La mise en place d’une culture de sécurité positive et non punitive est le fondement de l’amélioration continue de la qualité.

Le directeur d’établissement et le médecin coordonnateur doivent porter cette culture. Ils doivent encourager les professionnels à déclarer tous les événements indésirables (EI), même ceux qui n’ont pas eu de conséquence pour le résident. Il peut s’agir d’une erreur médicamenteuse, d’une chute, d’une fugue ou d’un début d’escarre. La déclaration se fait via une fiche d’événement indésirable, idéalement informatisée. L’anonymat du déclarant doit être garanti pour libérer la parole.

Chaque événement déclaré doit être analysé. Une revue de morbi-mortalité (RMM) ou une revue des erreurs médicamenteuses (REMED) sont des instances clés. Elles réunissent les professionnels concernés (médecin, IDEC, soignant, pharmacien) pour analyser les causes profondes de l’événement. La méthode ALARM (Association for Litigation and Risk Management) est un outil d’analyse systémique très performant. Elle permet d’identifier les défaillances dans l’organisation, les protocoles, la communication ou la formation.

L’analyse débouche sur un plan d’actions correctives. Par exemple, suite à des erreurs répétées dans l’administration d’un anticoagulant, le plan d’action pourrait inclure une nouvelle formation pour les infirmières, la mise en place d’une double vérification ou la modification du logiciel de soins. Le suivi de ce plan d’action est essentiel pour s’assurer de son efficacité. Cette démarche qualité est valorisée lors des évaluations externes de la HAS. Les EHPAD qui ont une gestion des risques mature ont un taux d’événements indésirables graves inférieur de 15% à la moyenne nationale, selon le rapport annuel de la FORAP.

10. Formez continuellement vos équipes et valorisez les compétences gériatriques

La gériatrie est une spécialité complexe. Elle requiert des connaissances et des compétences spécifiques. La qualité du suivi médical en EHPAD repose en grande partie sur le niveau d’expertise des équipes. Investir dans la formation continue n’est pas une dépense, c’est un investissement stratégique pour la sécurité des résidents et la qualité de vie au travail des salariés.

Le plan de développement des compétences doit être co-construit par la direction, l’IDEC et les représentants du personnel. Il doit répondre aux besoins réels du terrain, identifiés lors des entretiens annuels ou suite à l’analyse des événements indésirables. Les thématiques prioritaires sont nombreuses : la prise en charge de la douleur, la prévention des escarres, l’accompagnement de la fin de vie, la gestion des troubles du comportement, la bientraitance, la communication avec les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Il faut varier les modalités pédagogiques. Les formations en présentiel restent pertinentes pour des sujets techniques. Mais il faut aussi développer la formation en situation de travail (AFEST). Par exemple, une infirmière experte peut accompagner une collègue moins expérimentée sur la réalisation d’un pansement complexe. L’e-learning permet aux soignants de se former à leur rythme. Des formats courts, comme des micro-learnings de 15 minutes sur un protocole précis, sont très appréciés.

La valorisation des compétences est tout aussi importante. La création de postes d’aides-soignantes référentes sur des thématiques comme la douleur ou la nutrition est une piste intéressante. Ces référentes deviennent des relais d’information et de bonnes pratiques pour leurs collègues. La participation des soignants à des congrès professionnels ou à des groupes de travail régionaux est aussi un moyen de les motiver et d’enrichir les pratiques de l’établissement. Un EHPAD qui investit significativement dans la formation de ses équipes constate une baisse du turnover de son personnel de 20% en moyenne, car des salariés compétents et reconnus sont des salariés plus fidèles.

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