Réduisez les risques cliniques en EHPAD grâce à des transmissions sécurisées par la bientraitance

Découvrez comment la bientraitance améliore concrètement les transmissions en EHPAD : sécurité des soins, décisions éclairées et réduction des risques évitables.

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Dans un EHPAD sous tension, chaque information égarée peut générer un risque clinique ou une décision mal ajustée. Un résident reçoit deux fois son traitement, un autre refuse de s’alimenter sans que l’équipe de nuit n’ait été prévenue. Ces situations ne relèvent pas seulement d’un défaut d’organisation : elles signalent une transmission dégradée, souvent liée à une culture peu ancrée dans la bientraitance. Pourtant, lorsque la qualité relationnelle et le respect structurent le quotidien, les échanges entre professionnels gagnent en précision, en fiabilité et en cohérence. Cet article démontre comment la bientraitance améliore concrètement les transmissions et les décisions en EHPAD, pour sécuriser le parcours des résidents et réduire les risques évitables.


La bientraitance agit comme un filtre de qualité sur les informations transmises

Lorsqu’un professionnel évolue dans un climat de respect, d’écoute et de reconnaissance, il transmet mieux. Il ose signaler un changement discret, questionner une prescription, ou mentionner une inquiétude. À l’inverse, dans un environnement tendu, marqué par la culpabilité ou le jugement, les informations se perdent. On tait ce qui dérange. On simplifie ce qui est complexe. On généralise ce qui mériterait une description fine.

Une étude de la DREES publiée en 2023 relève que 43 % des incidents évitables en EHPAD sont liés à un défaut de communication ou de transmission entre professionnels.

La bientraitance structure l’environnement professionnel de manière à ce que chaque soignant se sente légitime pour transmettre, y compris les informations sensibles. Cela passe par :

  • Un cadre de travail sécurisant, sans blâme systématique
  • Une reconnaissance de la contribution de chaque métier (AS, IDE, médecin, psychologue)
  • Des temps dédiés aux transmissions, pensés comme des moments clés et non comme des formalités administratives
  • Une posture managériale centrée sur l’analyse factuelle et non sur la culpabilisation

Exemple terrain : quand la bientraitance évite une erreur médicamenteuse

Dans un EHPAD de 85 lits en Nouvelle-Aquitaine, une aide-soignante observe qu’un résident refuse systématiquement son traitement du matin depuis trois jours. Elle hésite à le signaler, craignant qu’on lui reproche de « ne pas savoir faire ». Mais l’IDEC a récemment instauré un rituel de transmission orale bienveillante en début de journée. L’aide-soignante partage son observation. L’infirmière interroge le résident, découvre une douleur dentaire. Le médecin coordonnateur ajuste la forme galénique. L’incident est évité.

Ce qui a changé :

Avant Après
Information non transmise par peur du jugement Information partagée dans un cadre sécurisé
Résident en refus prolongé, risque d’aggravation Adaptation rapide, retour à l’observance
Tensions dans l’équipe, sentiment d’incompétence Reconnaissance du rôle de l’AS, renforcement du collectif

Conseil opérationnel : Organisez une transmission orale quotidienne de 10 minutes maximum, en binôme AS/IDE, avec une consigne claire : toute observation, même minime, a sa place. Instaurez une règle : aucune transmission n’est jugée inutile a posteriori.

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Des transmissions de qualité réduisent les risques juridiques et sanitaires

Les transmissions ne sont pas qu’un enjeu clinique. Elles engagent la responsabilité de l’établissement. Un défaut de traçabilité, une information manquante ou une consigne mal relayée peuvent entraîner un événement indésirable grave (chute, fausse route, erreur médicamenteuse). Dans un cadre de certification HAS, la qualité des transmissions est explicitement évaluée à travers plusieurs critères liés à la continuité et à la sécurité des soins.

La bientraitance favorise une culture de la transparence. Quand un professionnel se sent écouté, il n’hésite pas à documenter une situation délicate ou à compléter une observation dans le dossier de soins. Cela crée un effet filet de sécurité : les informations remontent, circulent, et permettent d’anticiper plutôt que de subir.

Les trois leviers bientraitance pour des transmissions fiables

  1. Structurer les temps de relève : garantir une passation IDE/AS entre équipes, avec support écrit + oral
  2. Former au recueil d’information ciblée : apprendre à décrire factuellement (signes observés, contexte, heure) sans interprétation hâtive
  3. Valoriser la traçabilité : en faire un acte professionnel valorisé, pas une contrainte administrative

Ces leviers renforcent la prévention de la maltraitance en rendant visibles les situations à risque (isolement d’un résident, modification comportementale, refus alimentaire répété). Ils permettent aussi de mieux répartir la charge mentale : chaque professionnel sait ce qu’il doit transmettre, et pourquoi.

Un EHPAD qui structure ses transmissions dans une logique de bientraitance divise par deux le nombre de situations non signalées, selon une analyse conduite par l’ANESM (devenue HAS) en 2018 et confirmée par les retours d’expérience terrain recueillis en 2024.

Exemple concret : la transmission du risque d’escarre

Une résidente de GIR 2 est alitée depuis une semaine suite à une fracture du col du fémur. L’équipe de jour utilise l’échelle de Norton pour évaluer le risque d’escarres. Le score est limite. L’information est transmise à l’équipe de nuit avec une consigne précise : changement de position toutes les 3 heures, surveillance cutanée, hydratation renforcée.

Résultat : aucune escarre n’apparaît. La famille est informée, rassurée. L’équipe évite un événement indésirable grave et un signalement potentiel.

Action immédiate : Intégrez dans votre outil de transmission (papier ou logiciel) une rubrique « risques identifiés » avec un code couleur (vert/orange/rouge). Formez les équipes à la compléter systématiquement lors de la relève.


La bientraitance fluidifie la prise de décision collective

Dans un EHPAD, les décisions engagent plusieurs acteurs : médecin coordonnateur, IDEC, psychologue, direction, famille, résident. Plus la transmission est claire, plus la décision sera rapide, partagée et adaptée. La bientraitance crée les conditions d’une décision éclairée, car elle installe une culture du dialogue et du respect mutuel des compétences.

Lorsqu’un professionnel se sent écouté, il contribue activement aux réflexions pluridisciplinaires. Il apporte des éléments factuels qui enrichissent le diagnostic situationnel. À l’inverse, dans un climat de défiance ou de hiérarchie rigide, les informations remontent mal, les décisions se prennent « en haut », sans ancrage terrain, et génèrent incompréhension ou résistance.

Les situations où la bientraitance change tout

  • Refus de soins : l’AS signale un refus récurrent, l’équipe analyse collectivement (douleur ? peur ? besoin de réassurance ?), une solution adaptée émerge
  • Fin de vie : les observations quotidiennes (sommeil, alimentation, expression de la douleur) permettent au médecin d’ajuster le protocole palliatif en temps réel
  • Comportement perturbateur : les transmissions détaillées (horaires, déclencheurs, réactions) aident le psychologue et le médecin à poser une hypothèse diagnostique (angoisse ? douleur non exprimée ? effet secondaire médicamenteux ?)

Une étude menée par le réseau MOBIQUAL en 2024 sur 120 EHPAD montre que les établissements ayant formalisé une démarche bientraitance enregistrent 35 % de réunions pluridisciplinaires en moins, car les décisions se prennent plus vite, mieux documentées dès le départ.

Fonctionnement sans bientraitance Fonctionnement avec bientraitance
Informations parcellaires, décisions différées Informations complètes, décisions rapides
Multiplication des réunions « de rattrapage » Réunions ciblées, efficaces, orientées solutions
Tension entre métiers, logique de silos Coopération fluide, reconnaissance mutuelle

Conseil pratique : Instaurez un « point transmission flash » hebdomadaire de 20 minutes, en présence de l’IDEC, du médecin coordonnateur et d’un binôme AS/IDE. Objectif : identifier trois situations à prioriser dans la semaine et définir une conduite à tenir partagée.


Comment ancrer durablement cette dynamique dans l’établissement

Améliorer les transmissions et les décisions via la bientraitance ne relève pas d’un coup de baguette magique. Cela nécessite une stratégie managériale claire, un engagement de la direction, et une montée en compétences des équipes. Plusieurs leviers peuvent être activés simultanément pour ancrer cette culture.

Levier 1 : Former les équipes aux techniques de communication bientraitante

Trop souvent, on suppose que « bien transmettre » est une compétence innée. Or, cela s’apprend. Former les professionnels à la communication non violente, à l’observation factuelle, à la reformulation, et à la gestion des désaccords permet de poser des bases solides. Des formations en ligne adaptées existent pour répondre aux contraintes de planning.

  • Privilégier les formats courts (1h30 à 2h) et pratiques
  • Intégrer des mises en situation réelles issues du quotidien de l’établissement
  • Prévoir un suivi post-formation (groupe d’analyse de pratiques, retour d’expérience)

Levier 2 : Outiller les transmissions avec des supports adaptés

Un support de transmission bien conçu guide le professionnel dans ce qu’il doit observer et transmettre. Il structure l’information sans l’alourdir. Plusieurs établissements utilisent désormais des carnets de transmissions ciblés, des tableaux de bord visuels, ou des checklist prêtes à l’emploi.

Exemples d’items utiles dans un support de transmission :

  • État général du résident (modification observée oui/non)
  • Alimentation et hydratation (quantité, refus, autonomie)
  • Élimination (fréquence, aspect, continence)
  • Comportement et humeur (agitation, tristesse, repli)
  • Douleur (échelle utilisée, score, contexte)
  • Risques identifiés (chute, fausse route, escarre, fugue)
  • Consignes particulières pour l’équipe suivante

Levier 3 : Valoriser et reconnaître la qualité des transmissions

Un professionnel qui prend le temps de bien transmettre doit être reconnu pour cet effort. Cela peut passer par :

  • Des feedbacks positifs en réunion d’équipe
  • L’intégration de cet indicateur dans l’évaluation annuelle
  • La mise en avant d’exemples concrets lors des analyses de pratiques
  • La célébration collective des « bonnes prises en charge » rendues possibles grâce à une transmission de qualité

Action immédiate : Créez un « cahier des réussites » où chaque équipe peut noter une situation bien gérée grâce à une bonne transmission. Lisez-en un extrait lors de chaque réunion mensuelle.

Levier 4 : Impliquer la direction dans la démarche

La bientraitance ne peut être portée uniquement par les équipes de soins. Elle nécessite un portage institutionnel clair. Le directeur, l’IDEC, le médecin coordonnateur doivent incarner cette culture au quotidien :

  • En consacrant du temps aux transmissions (présence régulière lors des relèves)
  • En investissant dans des outils adaptés (logiciel de soins, formation, supports visuels)
  • En sanctuarisant les temps de transmission (pas de sollicitations administratives pendant ces moments)
  • En analysant les dysfonctionnements sans chercher un coupable, mais en identifiant les leviers d’amélioration

Un pack dédié à la bientraitance peut servir de socle pour structurer cette démarche à l’échelle de l’établissement, avec des ressources prêtes à déployer.


Transformer les transmissions en levier stratégique de pilotage

Au-delà de l’amélioration clinique, des transmissions de qualité offrent un bénéfice stratégique : elles permettent de piloter l’établissement avec des données fiables. Un directeur ou un IDEC qui dispose d’informations précises, remontées en temps réel, peut anticiper les tensions, ajuster les plannings, prioriser les formations, ou réorienter les moyens.

La bientraitance devient alors un levier de performance, loin de toute logique compassionnelle : elle structure l’information, fluidifie les décisions, réduit les risques, et renforce la cohésion d’équipe. Les établissements qui l’ont intégrée dans leur ADN constatent des effets mesurables :

  • Réduction de l’absentéisme (climat de travail apaisé, reconnaissance des compétences)
  • Diminution des événements indésirables (meilleure anticipation des risques)
  • Amélioration des indicateurs qualité (certification HAS, satisfaction des familles)
  • Meilleure attractivité de l’établissement (image professionnelle renforcée)

Questions fréquentes posées par les professionnels

Comment convaincre une équipe réticente à modifier ses pratiques de transmission ?

Commencez par un diagnostic partagé : listez les situations où une mauvaise transmission a posé problème. Proposez ensuite un test sur un mois avec un nouveau support ou une nouvelle organisation. Mesurez les effets (temps gagné, incidents évités). Impliquez les professionnels dans la co-construction de la solution.

Faut-il transmettre absolument tout, au risque de surcharger l’information ?

Non. L’objectif est de transmettre ce qui est utile à la prise en charge et ce qui constitue un changement significatif. Former les équipes à distinguer l’essentiel du détail est clé. Un bon support guide cette priorisation.

Que faire quand les transmissions orales contredisent les transmissions écrites ?

C’est un signal d’alerte. Il faut analyser pourquoi (manque de temps ? support inadapté ? culture du « on se dit tout à l’oral » ?). Réaffirmez la complémentarité : l’écrit trace, l’oral enrichit. Mais l’écrit reste la référence opposable.

Comment gérer les transmissions en cas d’absentéisme ou de turn-over important ?

Renforcez la traçabilité écrite et standardisez les supports. Mettez en place un tutorat systématique pour tout nouvel arrivant. Utilisez des procédures actualisées pour sécuriser les pratiques même en l’absence de professionnels expérimentés.


Mini-FAQ complémentaire

La bientraitance coûte-t-elle cher à mettre en place ?

Non. Elle repose avant tout sur des pratiques managériales et relationnelles. Certains outils facilitent le déploiement (supports de formation, procédures), mais l’essentiel tient à la posture professionnelle et à l’organisation des temps d’échanges.

Peut-on mesurer l’impact de la bientraitance sur les transmissions ?

Oui. Plusieurs indicateurs peuvent être suivis : taux de situations non signalées, nombre d’événements indésirables liés à un défaut de transmission, durée moyenne des réunions pluridisciplinaires, satisfaction des équipes (questionnaire annuel). Ces données permettent d’objectiver les progrès.

Comment articuler bientraitance et exigence de rigueur dans les transmissions ?

Les deux ne s’opposent pas. La bientraitance crée le cadre sécurisant qui permet l’exigence. Un professionnel respecté, écouté et formé sera naturellement plus rigoureux. L’exigence sans bienveillance génère du stress et de la résistance. La bienveillance sans exigence conduit au laxisme. L’équilibre est dans l’alliance des deux.

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