Polymédication en EHPAD : comment réduire l’iatrogénie par la révision pharmaceutique

Optimisez la prise en charge médicamenteuse en EHPAD : révision pharmaceutique, conciliation médicamenteuse et formation des soignants pour réduire l’iatrogénie.

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La polymédication touche plus de 70 % des résidents en EHPAD, générant chaque année des milliers d’effets indésirables évitables. Face à cette réalité, optimiser la prise en charge médicamenteuse devient une priorité pour garantir sécurité et qualité de vie. La révision pharmaceutique, la conciliation médicamenteuse et la formation des soignants constituent aujourd’hui les leviers majeurs pour réduire l’iatrogénie, sécuriser les pratiques et renforcer la collaboration médico-pharmaceutique au sein de l’établissement.


Iatrogénie médicamenteuse en EHPAD : comprendre l’ampleur du risque

L’iatrogénie désigne l’ensemble des conséquences négatives liées aux médicaments, qu’il s’agisse d’effets indésirables, d’interactions ou d’erreurs d’administration. En EHPAD, ce risque est démultiplié par plusieurs facteurs : polypathologie, polymédication, fragilité physiologique et multiplicité des intervenants.

Chiffres clés et contexte réglementaire

Les données de l’Assurance Maladie montrent que 30 à 40 % des hospitalisations non programmées de personnes âgées sont liées à un problème médicamenteux. Près de la moitié de ces événements sont jugés évitables grâce à une meilleure coordination et surveillance.

Le cadre réglementaire s’est renforcé :

  • La certification HAS intègre désormais un critère impératif sur la sécurisation du circuit du médicament.
  • Le guide de bonnes pratiques de dispensation des médicaments en établissement impose la traçabilité et la révision régulière des traitements.
  • Les EHPAD doivent mettre en place un protocole de conciliation médicamenteuse lors de toute transition (entrée, sortie, hospitalisation).

Selon la HAS, la révision pharmaceutique systématique réduit de 20 à 30 % les prescriptions inappropriées chez les personnes âgées.

Exemple concret

Un résident de 86 ans, traité pour hypertension, diabète et troubles du sommeil, reçoit 12 médicaments quotidiens. Suite à une hospitalisation, un nouveau traitement anticoagulant est ajouté sans révision globale. Résultat : interaction médicamenteuse majeure avec un anti-inflammatoire prescrit en parallèle, déclenchant un saignement digestif évitable.

Conseil opérationnel : Instaurer une fiche de suivi des transitions systématique, complétée par l’IDE coordinateur à chaque retour d’hospitalisation, avec transmission immédiate au médecin traitant et au pharmacien.

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Révision pharmaceutique : un levier stratégique de prévention

La révision pharmaceutique consiste à analyser de façon systématique et régulière l’ensemble des prescriptions des résidents, en collaboration avec un pharmacien. Elle permet d’identifier les prescriptions inappropriées, les redondances, les interactions et les posologies inadaptées.

Mise en œuvre pratique de la révision

Étape Action Responsable Fréquence
1. Inventaire Collecte des ordonnances actives IDE / IDEC Mensuelle
2. Analyse Révision pharmaceutique approfondie Pharmacien Trimestrielle
3. Restitution Réunion médico-pharmaceutique Médecin + pharmacien + IDEC Trimestrielle
4. Ajustement Modification des prescriptions Médecin traitant Immédiate
5. Traçabilité Mise à jour du dossier résident IDE Systématique

Les outils de révision à disposition

Plusieurs grilles et référentiels facilitent cette démarche :

  • Les critères STOPP/START : liste de médicaments potentiellement inappropriés chez la personne âgée.
  • Le score de risque iatrogénique : identifie les résidents prioritaires (plus de 5 médicaments, fonction rénale altérée, antécédents de chute).
  • Les logiciels d’aide à la prescription : détection automatique des interactions et alertes.

Exemple terrain : Un EHPAD de 80 lits en Bretagne a intégré un pharmacien clinicien à temps partiel. Résultat après un an : réduction de 25 % du nombre moyen de médicaments par résident, diminution de 40 % des chutes et économie annuelle de 18 000 € sur le budget pharmaceutique.

Conseil opérationnel : Formaliser un protocole de révision pharmaceutique annuel pour chaque résident, signé conjointement par le médecin coordonnateur et le pharmacien référent.


Conciliation médicamenteuse : sécuriser les transitions de soins

La conciliation médicamenteuse vise à établir un bilan médicamenteux complet et partagé lors des transitions de soins (entrée, sortie, hospitalisation). C’est un processus clé pour éviter les ruptures thérapeutiques, les doublons et les omissions.

Les trois temps de la conciliation

  1. Le recueil exhaustif : collecter toutes les sources d’information (ordonnances, boîtes de médicaments, compte-rendu d’hospitalisation, dossier pharmaceutique partagé).

  2. La comparaison : identifier les écarts entre le traitement antérieur et la nouvelle prescription.

  3. La validation : discuter avec le prescripteur pour confirmer ou corriger les modifications.

Fiche de conciliation : contenu minimal

Une fiche opérationnelle doit comprendre :

  • Nom commercial et DCI de chaque médicament
  • Posologie et horaires d’administration
  • Date de début et durée prévue
  • Indication thérapeutique
  • Modifications récentes et leur justification
  • Nom du prescripteur

La HAS recommande une conciliation systématique dans les 24 heures suivant toute transition de soins.

Exemple concret

Mme T., 89 ans, rentre d’une hospitalisation pour fracture du col du fémur. L’ordonnance de sortie mentionne un nouvel anticoagulant mais omet la metformine. L’IDE coordinateur, grâce à la fiche de conciliation, identifie l’omission et contacte immédiatement le médecin hospitalier. Le traitement est rétabli, évitant un déséquilibre glycémique majeur.

Conseil opérationnel : Former l’ensemble de l’équipe IDE à l’utilisation systématique d’une fiche de conciliation standardisée, intégrée au logiciel de soins de l’établissement.


Formation des soignants et collaboration interprofessionnelle

La qualité de la prise en charge médicamenteuse repose avant tout sur les compétences et la coordination des équipes. Formation continue et culture de collaboration sont indissociables de toute démarche d’amélioration.

Axes prioritaires de formation

Les soignants en EHPAD doivent être formés sur :

  • Les bonnes pratiques d’administration : règle des 5B (bon médicament, bon résident, bonne dose, bonne voie, bon moment).
  • La détection des effets indésirables : signes d’alerte, outils de signalement.
  • La gestion de la polymédication : comprendre les risques cumulatifs.
  • Les outils de conciliation et révision : utilisation des fiches, traçabilité.
  • La communication avec le médecin et le pharmacien : savoir signaler, argumenter, proposer.

Méthodes pédagogiques efficaces

  • Ateliers pratiques : mise en situation autour de cas cliniques réels.
  • Fiches réflexes : supports visuels synthétiques disponibles dans la salle de soins.
  • Réunions pluridisciplinaires mensuelles : temps d’échange médecin-pharmacien-IDEC-IDE.
  • E-learning : modules courts accessibles en ligne.

Exemple d’organisation : Un EHPAD de Normandie a instauré une réunion pharmaceutique trimestrielle animée par le pharmacien d’officine partenaire. Chaque séance de 2 heures aborde un thème (anticoagulants, psychotropes, antibiotiques) avec cas pratiques. Résultat : réduction de 35 % des erreurs de préparation en un an.

Questions fréquentes

Qui peut réaliser la révision pharmaceutique en EHPAD ?
Elle doit être effectuée par un pharmacien, idéalement en lien avec le médecin coordonnateur. Le pharmacien d’officine partenaire ou un pharmacien clinicien peuvent assurer cette mission, formalisée par convention.

Comment prioriser les résidents à réviser en premier ?
Utilisez un score de risque iatrogénique basé sur : nombre de médicaments (≥ 5), âge (≥ 85 ans), fonction rénale altérée, antécédents de chute, traitements à risque (anticoagulants, psychotropes).

Quelle fréquence pour la révision pharmaceutique ?
La HAS recommande une révision au moins annuelle pour tous, et trimestrielle pour les résidents à haut risque ou polymédiqués.


Construire une culture de sécurité médicamenteuse durable

Optimiser la prise en charge médicamenteuse ne se résume pas à appliquer un protocole : c’est installer une culture partagée de vigilance et de coopération interprofessionnelle au quotidien.

Les piliers d’une démarche réussie

1. Leadership de l’IDEC
L’infirmier coordinateur joue un rôle pivot : il impulse la démarche, coordonne les acteurs, assure le suivi des plans d’action et garantit la traçabilité.

2. Implication du médecin coordonnateur
Sa légitimité médicale est indispensable pour valider les révisions, mobiliser les médecins traitants et arbitrer les situations complexes.

3. Partenariat structuré avec le pharmacien
Formaliser une convention précisant missions, temps d’intervention, modalités de révision et de formation. Prévoir au minimum 2 heures par mois pour 80 lits.

4. Outils partagés et accessibles
– Guide de bon usage du médicament personnalisé à l’établissement
– Protocole pharmaceutique validé en COMEDIMS local
– Fiches de conciliation intégrées au logiciel de soins
– Tableaux de bord de suivi des indicateurs (taux de révision, signalements d’EI)

Indicateurs de suivi

Indicateur Objectif cible Fréquence de mesure
Taux de résidents avec révision annuelle ≥ 90 % Annuelle
Taux de conciliation complétée dans les 24h ≥ 80 % Trimestrielle
Nombre moyen de médicaments/résident Tendance à la baisse Semestrielle
Nombre d’EI médicamenteux signalés Suivi de tendance Mensuelle
Taux de participation aux formations ≥ 85 % des IDE Annuelle

Exemple inspirant

Un EHPAD de 120 lits en Occitanie a structuré son organisation autour d’un comité médicament trimestriel réunissant médecin coordonnateur, pharmacien, IDEC, directeur et représentant des IDE. Ce comité suit les indicateurs, analyse les événements indésirables, valide les protocoles et planifie les formations. En deux ans : diminution de 50 % des hospitalisations liées à l’iatrogénie, amélioration de la satisfaction des familles et certification HAS sans réserve sur le circuit du médicament.

Conseil opérationnel final : Élaborer un plan d’action annuel médicament intégrant révision pharmaceutique, conciliation systématique et formation continue, présenté au CVS et au COMEDIMS. Communiquer les résultats aux équipes et familles pour valoriser la démarche.


Mini-FAQ

Peut-on impliquer les aides-soignants dans la sécurisation médicamenteuse ?
Absolument. Les AS sont en première ligne pour observer les effets des traitements (somnolence, troubles digestifs, chutes). Les former à la détection des signes d’alerte et valoriser leurs remontées d’information renforce la vigilance collective.

Comment convaincre les médecins traitants de participer aux révisions ?
Présenter des données chiffrées sur les gains (réduction des hospitalisations, amélioration de l’autonomie), proposer des créneaux de réunion adaptés à leurs disponibilités et valoriser leur expertise. La médiation du médecin coordonnateur est souvent déterminante.

Quel budget prévoir pour la révision pharmaceutique ?
Compter entre 1 500 et 3 000 € par an pour un EHPAD de 80 lits, selon le temps pharmacien négocié. Les économies réalisées (réduction des médicaments inutiles, baisse des hospitalisations) compensent largement cet investissement.

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