L’Unité Protégée (UP) en EHPAD, espace sécurisé dédié aux personnes atteintes de troubles cognitifs, interroge. Si elle offre un cadre rassurant, elle soulève des questions quant à son intégration au sein de l’établissement et à son impact sur la qualité de vie des résidents. À travers l’exemple de l’EHPAD M., cet article explore les défis et les opportunités liés à la redéfinition de la place de l’UP, dans un contexte où l’augmentation des troubles cognitifs exige une réflexion approfondie sur les modèles d’accompagnement.
Le cas de l’EHPAD M., construit en 2016 sans clôture physique pour favoriser l’ouverture sur l’extérieur, met en lumière une réalité complexe. En effet, une enquête menée en 2021 révèle que 30% des résidents de l’UP y ont été transférés après avoir été retrouvés errants hors de l’établissement. Cette situation soulève une question cruciale : la liberté de circulation au sein de l’EHPAD ne se fait-elle pas au détriment de la sécurité de certains résidents ?
Sommaire
Un accompagnement différencié source de questionnements
L’un des points centraux du débat réside dans la différence d’accompagnement entre l’UP et les services classiques. L’UP se distingue par un accompagnement individualisé, adapté au rythme de chaque résident, et par une équipe soignante stable. En revanche, les services classiques, contraints par des plannings stricts, peinent à offrir une telle flexibilité.
Cette disparité est perceptible dans le témoignage d’une aide-soignante d’un service classique de l’ehpad : « J’aimerais un peu plus de souplesse, pouvoir faire une toilette l’après-midi si nécessaire. Ce qui est bien à l’UP, c’est que c’est un peu moins carré. » Ce témoignage met en évidence un désir profond des soignants d’offrir un accompagnement plus humain et personnalisé, même en dehors de l’UP.
Cependant, la question de l’ouverture ou de la fermeture de l’UP divise. Si certains, comme la psychologue de l’établissement, craignent une « dégradation » du bien-être des résidents en cas de suppression de l’UP, d’autres s’interrogent sur l’impact de la séparation sur la vie sociale et l’inclusion des personnes atteintes de troubles cognitifs.
Repenser l’organisation pour une meilleure prise en charge
Face à ces enjeux, la question de la pertinence d’un modèle unique d’UP fermée se pose. Ne faudrait-il pas envisager des solutions plus flexibles, s’adaptant aux besoins spécifiques de chaque établissement et de chaque résident ?
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J’accède au stock illimitéDes initiatives inspirantes émergent, proposant des alternatives à l’UP traditionnelle. C’est le cas des « unités de vie protégées », espaces ouverts et sécurisés au sein des EHPAD, permettant aux résidents de circuler librement tout en bénéficiant d’un accompagnement adapté. Ces unités, pensées comme des lieux de vie avant tout, favorisent le lien social et l’autonomie.
Par ailleurs, l’essor des nouvelles technologies offre des perspectives intéressantes. Des solutions de géolocalisation, de surveillance discrète et d’aménagement des espaces permettent d’assurer la sécurité des résidents tout en limitant les contraintes physiques. L’utilisation de ces technologies soulève néanmoins des questions éthiques importantes, notamment en matière de respect de la vie privée et de consentement.
Vers un modèle d’EHPAD inclusif et bienveillant
Au-delà des aspects structurels et technologiques, repenser la place de l’UP implique une évolution profonde des mentalités et des pratiques professionnelles. La formation des personnels soignants à la prise en charge des troubles cognitifs, le développement d’activités adaptées et la création d’espaces de vie stimulants sont autant de leviers pour améliorer le quotidien des résidents.
L’enjeu est de taille : il s’agit de construire un modèle d’EHPAD plus inclusif, où chaque résident, quelles que soient ses capacités cognitives, puisse vivre dignement et s’épanouir pleinement.
Le chemin est encore long, mais des initiatives prometteuses voient le jour. L’EHPAD M., en initiant une réflexion collective sur la place de l’UP, s’inscrit dans cette démarche. L’objectif est ambitieux : repenser l’organisation de l’établissement pour offrir un accompagnement individualisé et de qualité à tous les résidents, tout en garantissant leur sécurité et leur bien-être.
L’importance du dialogue et de l’innovation
La redéfinition de la place de l’UP en EHPAD est un défi majeur pour les années à venir. Face à la complexité des enjeux, il est crucial de favoriser le dialogue entre les différents acteurs : résidents, familles, professionnels de santé, institutions.
L’innovation, qu’elle soit technologique, architecturale ou organisationnelle, jouera un rôle déterminant dans l’émergence de solutions adaptées aux besoins des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs. L’objectif est clair : construire un modèle d’EHPAD plus humain, plus respectueux et plus inclusif, où chaque résident puisse vieillir sereinement.

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