Les démissions connaissent une croissance impressionnante de 40% dans les Ehpad privés

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Une récente analyse de la Direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (Dares) a mis en lumière une situation préoccupante dans les établissements de santé et d’accueil des personnes âgées en France. Au cœur de cette problématique, une hausse notable des fins de contrats à durée indéterminée (CDI) vient questionner la stabilité de l’emploi dans ces secteurs essentiels. Au troisième trimestre 2023, un constat alarmant se dessine : les fins de CDI dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) privés excèdent de 22% leur niveau d’avant la crise sanitaire. Cette tendance n’est pas isolée, car les hôpitaux privés et le secteur privé dans son ensemble affichent également une augmentation significative de ces ruptures de contrat.

La période étudiée, s’étalant du quatrième trimestre 2019 au troisième trimestre 2023, révèle une dynamique inquiétante. Les démissions connaissent une croissance impressionnante de 40% dans les Ehpad privés, dépassant ainsi les augmentations observées dans les hôpitaux privés et le secteur privé global. Ce phénomène, traduisant une instabilité croissante, contraste nettement avec l’évolution des ruptures conventionnelles. En effet, ces dernières sont en net recul depuis fin 2020 dans les hôpitaux et les Ehpad privés, affichant des niveaux bien inférieurs à ceux d’avant la crise sanitaire.

Cette évolution des ruptures de CDI et de démissions s’inscrit dans un contexte de tension accrue sur le marché du travail, particulièrement palpable dans le secteur sanitaire. La crise sanitaire semble avoir redéfini les priorités des employeurs et des employés, influençant leur approche des ruptures conventionnelles. D’un côté, la réticence des employeurs à accorder ces ruptures pourrait être liée à une nécessité de maintenir leurs effectifs face à une demande croissante de soins. De l’autre, la perspective d’une reprise d’emploi rapide pourrait dissuader les employés de privilégier la rupture conventionnelle, traditionnellement vue comme une alternative plus sécurisante à la démission.

En parallèle, les contrats à durée déterminée (CDD) de courte durée connaissent une tendance à la hausse significative dans les Ehpad privés et le secteur hospitalier privé, contrastant avec une stabilité relative dans le reste du secteur privé. Cette préférence pour les CDD courts dans le secteur sanitaire s’explique principalement par le besoin de remplacer temporairement des salariés absents. À cet égard, les chiffres sont parlants : au troisième trimestre 2023, une très grande majorité des CDD dans les Ehpad privés sont conclus pour ce motif.

Ces données, révélées par la Dares, dressent le portrait d’un secteur sanitaire privé en pleine mutation, marqué par une volatilité accrue du personnel et des tensions palpables sur le marché du travail. Cette situation interpelle sur la pérennité des conditions de travail et la gestion des ressources humaines dans des domaines où la qualité des soins et l’accompagnement des personnes âgées restent primordiaux.

Stratégies contre le turnover dans le secteur sanitaire privé

La situation dans les établissements sanitaires privés, notamment dans les Ehpad, est alarmante en ce qui concerne la rotation du personnel soignant. Les statistiques révèlent des taux de turnover impressionnants : 52,5% pour les infirmiers et 48,3% pour les aides-soignants. Ces chiffres sont significativement plus élevés dans le secteur privé que dans le secteur public. Cette instabilité chronique dans les effectifs génère non seulement un coût opérationnel substantiel en termes de recrutement, de formation, et d’utilisation de personnel intérimaire, mais elle nuit également à la continuité et à la qualité des soins prodigués aux résidents​​.

Ce taux élevé de rotation est une source de préoccupation majeure pour les gestionnaires d’établissements qui cherchent des solutions pour stabiliser leurs équipes. Les causes de ce phénomène sont multiples et souvent interconnectées, touchant des aspects tels que les conditions de travail, la rémunération, l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle, et la reconnaissance professionnelle.

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Premièrement, la pression et le stress inhérents à ces métiers, exacerbés par la crise sanitaire, ont mis en lumière la nécessité d’un soutien psychologique et de mesures pour prévenir l’épuisement professionnel. Les institutions qui investissent dans le bien-être de leurs employés, par des programmes de soutien et de reconnaissance, voient souvent une baisse du taux de turnover.

Deuxièmement, l’enjeu de la rémunération et des perspectives d’évolution professionnelle est crucial. Une politique salariale compétitive, couplée à des opportunités claires de développement de carrière, peut contribuer à fidéliser les employés. La formation continue, les parcours de spécialisation, ou encore l’accès à des postes à responsabilité sont des leviers à activer pour renforcer l’engagement des soignants.

Troisièmement, l’organisation du travail et la gestion des horaires jouent un rôle déterminant. Des horaires flexibles, la possibilité de temps partiel ou de congés adaptés aux besoins personnels peuvent faire une différence significative. L’attention portée à l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle est souvent citée comme un facteur clé de satisfaction au travail.

Quatrièmement, l’intégration et l’accompagnement des nouveaux employés sont essentiels. Un programme d’intégration structuré, qui offre un mentorat, une formation adéquate, et un soutien continu, peut grandement aider à réduire le sentiment d’isolement et à renforcer le sentiment d’appartenance à l’équipe.

Enfin, la communication interne et la participation des employés aux décisions qui affectent leur environnement de travail sont fondamentales. Une culture d’entreprise qui valorise les retours d’expérience, encourage les initiatives, et reconnaît les contributions individuelles est susceptible de renforcer l’engagement des salariés.

En somme, la gestion des ressources humaines dans le secteur sanitaire privé, particulièrement dans les Ehpad, exige une approche holistique et bienveillante. Les stratégies pour réduire le turnover doivent être multidimensionnelles, touchant à la fois aux conditions de travail, à la rémunération, à la formation, à l’organisation du travail, et à la culture d’entreprise. Une telle approche n’est pas seulement bénéfique pour les soignants, mais elle est

aussi indispensable pour assurer une prise en charge de qualité des résidents, élément central de la mission de ces établissements. Face à ces défis, le secteur se trouve à un carrefour, où l’adoption de pratiques de gestion innovantes et empathiques n’est pas une option, mais une nécessité pour surmonter la crise de la main-d’œuvre et préserver la qualité des soins dans un contexte de vieillissement démographique.

Les enjeux sont clairs et les solutions existent. Il s’agit désormais pour les acteurs du secteur de mettre en œuvre ces stratégies avec détermination et vision, afin de transformer cette période de défis en une opportunité de renouveau pour le secteur sanitaire privé. La route est semée d’embûches, mais l’engagement envers le bien-être des soignants et des résidents doit rester le phare guidant les décisions et les actions à venir.

Dans cette optique, le rôle des décideurs est crucial. C’est à eux qu’incombe la tâche de piloter ce changement, de l’insuffler à tous les niveaux de l’organisation, et de s’assurer que chaque mesure prise se traduise par des améliorations concrètes et tangibles. L’heure est à l’action, à la réflexion stratégique et à la mobilisation collective pour relever les défis du turnover dans les Ehpad et hôpitaux privés.

L’enjeu est de taille, mais l’objectif est clair : construire un environnement de travail sain et motivant pour les soignants, garant de la qualité des soins offerts aux résidents. C’est une responsabilité partagée, qui nécessite l’engagement de tous les acteurs concernés, des gestionnaires d’établissements aux décideurs politiques, en passant par les professionnels de la santé et les familles des résidents. Dans ce contexte, le chemin vers un secteur sanitaire privé plus stable et plus résilient passe indéniablement par une meilleure gestion des ressources humaines, pierre angulaire de la qualité des soins dans nos sociétés.