La contention en EHPAD : 7 stratégies essentielles pour réduire son usage tout en assurant la sécurité

La contention en EHPAD soulève des enjeux de sécurité et de liberté des résidents, engendrant des risques pour leur santé physique et psychique. Les alternatives doivent être développées pour respecter leur autonomie tout en garantissant leur sécurité.

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Dans les EHPAD, la contention représente une problématique complexe où s’opposent sécurité et liberté des résidents. Cette pratique, censée protéger, peut paradoxalement générer des risques significatifs pour la santé physique et psychique des personnes âgées. Face à une prévalence estimée entre 30 et 40% dans les établissements français, les équipes soignantes se trouvent souvent démunies. Comment concilier devoir de protection et respect de l’autonomie ? Quelles alternatives privilégier ? Cet article propose un éclairage complet sur cette question cruciale pour les professionnels du secteur.

Définition et cadre réglementaire de la contention en EHPAD

La contention se définit comme l’ensemble des moyens utilisés pour limiter les capacités de mobilisation d’un individu dans le but de le sécuriser ou de protéger son environnement. Elle peut prendre différentes formes : environnementale (architecture limitant les déplacements), mécanique (dispositifs physiques comme les ceintures ventrales) ou chimique (traitements sédatifs).

L’étymologie du terme « contention » provient du latin « contentio » signifiant « la lutte », ce qui illustre bien la dimension restrictive de cette pratique. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), elle doit impérativement rester une mesure exceptionnelle et temporaire.

La législation encadre strictement cette pratique. La loi de modernisation du système de santé précise que la contention constitue une mesure de dernier recours, applicable uniquement pour prévenir un dommage immédiat ou imminent. En EHPAD comme ailleurs, elle nécessite une prescription médicale et une traçabilité rigoureuse.

Pour l’infirmier, le Code de la Santé Publique définit un rôle spécifique : observer et surveiller les troubles du comportement, installer le résident dans une position adéquate et l’accompagner psychologiquement. En situation d’urgence, l’infirmier peut mettre en place une contention, mais doit faire valider cette décision par un médecin dans les plus brefs délais.

Les risques avérés de la contention : pourquoi limiter son utilisation ?

Les études scientifiques démontrent que la contention, loin d’être anodine, engendre des risques multiples dont les professionnels doivent avoir pleinement conscience :

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Sur le plan physique :

  • Syndromes d’immobilisation : escarres, contractures, déconditionnement musculaire
  • Complications infectieuses, notamment pulmonaires et urinaires
  • Troubles digestifs : constipation chronique, incontinence
  • Risques traumatiques avec paradoxalement une augmentation des chutes graves
  • Complications cardiovasculaires : troubles circulatoires, risques thromboemboliques
  • Atteintes dermatologiques : macérations, érythèmes

Sur le plan psychique :

  • Aggravation des troubles cognitifs et comportementaux
  • Augmentation de l’anxiété et des troubles du sommeil
  • Diminution de l’estime de soi et isolement social
  • Exacerbation des délires et de l’agitation

Des recherches récentes ont établi que les risques d’infection nosocomiale, d’escarres et de mortalité sont significativement augmentés par les mesures de contention. Ce constat alarmant doit inciter les équipes à remettre en question cette pratique.

Impact sur l’ensemble des acteurs : une charge émotionnelle partagée

La contention ne touche pas uniquement les résidents. Elle génère des répercussions psychologiques sur l’entourage et les équipes soignantes.

Pour les familles, elle provoque souvent :

  • Un sentiment d’impuissance et de tristesse face à la situation
  • Une désolation liée à l’image dégradée renvoyée par leur proche
  • Dans certains cas, un véritable processus de deuil anticipé

Chez les soignants, on observe fréquemment :

  • Une insatisfaction professionnelle, la contention étant perçue comme un échec
  • Un sentiment de culpabilité persistant
  • Le paradoxe d’une charge de travail accrue, contrairement aux idées reçues

Les 10 critères de qualité définis par la HAS : un cadre de référence incontournable

La Haute Autorité de Santé a établi des critères précis pour encadrer l’usage de la contention. Ces recommandations constituent une base essentielle pour les EHPAD :

  1. Prescription médicale obligatoire : aucune contention sans validation médicale
  2. Évaluation pluridisciplinaire du rapport bénéfices-risques
  3. Surveillance programmée et documentée dans le dossier du résident
  4. Information transparente donnée à la personne et à ses proches

La durée de la mesure doit être limitée, avec un renouvellement nécessaire toutes les 24 heures. Toute prescription doit être motivée, tracée et horodatée dans le dossier du résident.

Stratégies alternatives : 7 approches concrètes pour limiter le recours à la contention

Face aux risques identifiés, les EHPAD peuvent mettre en œuvre des stratégies alternatives efficaces :

  1. L’aménagement architectural adapté : espaces de déambulation sécurisés, repères visuels clairs, éclairage adapté pour réduire les chutes nocturnes. Des études montrent une réduction de 40% des contentions dans les unités réaménagées.
  2. L’approche non médicamenteuse des troubles du comportement : thérapies sensorielles (Snoezelen), activités physiques adaptées, musicothérapie. Ces approches diminuent l’agitation de 35% en moyenne.
  3. La formation spécifique des équipes à la gestion des troubles du comportement. Les établissements ayant formé leur personnel constatent une baisse de 25% du recours à la contention.
  4. L’implication des familles dans la recherche d’alternatives personnalisées.
  5. L’utilisation de technologies innovantes : détecteurs de mouvements, systèmes d’alerte, lits à hauteur variable.
  6. La mise en place de protocoles d’évaluation régulière des mesures de contention existantes.
  7. L’organisation de réunions pluridisciplinaires pour discuter collectivement de chaque cas.

Surveillance et rôle infirmier : des compétences spécifiques à développer

L’infirmier joue un rôle central dans la gestion de la contention en EHPAD. Sa vigilance doit s’exercer sur plusieurs plans :

  • Surveillance des fonctions vitales : paramètres cardio-respiratoires, état cutané, température
  • Confort et positionnement : vérification régulière du dispositif, prévention des points de compression
  • Hydratation et alimentation : adaptation des apports, prévention de la déshydratation
  • Élimination : surveillance des troubles urinaires et digestifs
  • Mobilisation régulière pour prévenir les complications de l’immobilité
  • Évaluation psychologique : détection des signes d’anxiété, de dépression

Le temps de présence auprès du résident ne doit jamais être réduit du fait de la contention. Au contraire, cette situation nécessite une attention renforcée.

Vers une démarche qualité : l’audit comme levier d’amélioration

Pour évaluer et améliorer leurs pratiques, les EHPAD peuvent mettre en place un audit spécifique sur la contention, comprenant :

  • Un recensement précis des mesures de contention en cours
  • Une vérification systématique des prescriptions et de leur renouvellement
  • Une analyse des causes ayant conduit à ces mesures
  • Une évaluation des alternatives possibles pour chaque situation
  • Un plan d’action avec objectifs chiffrés de réduction

Des établissements pionniers ont ainsi réussi à réduire leur taux de contention de plus de 50% en deux ans, tout en améliorant la sécurité des résidents.

En bref

La contention en EHPAD représente un défi éthique et pratique majeur pour les professionnels. Si elle peut parfois s’avérer nécessaire, son utilisation doit rester exceptionnelle, limitée dans le temps et encadrée par une réflexion pluridisciplinaire approfondie. Les risques associés sont trop importants pour en faire une solution de facilité.

L’avenir réside dans le développement d’approches alternatives, la formation continue des équipes et l’adaptation des environnements de vie. Chaque établissement peut progressivement évoluer vers une culture de la bientraitance où la liberté d’aller et venir retrouve sa place comme droit fondamental. La qualité des soins en EHPAD se mesure aussi à notre capacité collective à limiter ces pratiques contraignantes au strict nécessaire.

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