La gestion de l’incontinence urinaire en Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) représente un défi majeur pour les équipes soignantes. En effet, selon une étude récente de 2023, près de 70 % des résidents en EHPAD sont concernés par cette problématique. Par ailleurs, une prise en charge inadaptée peut entraîner des complications cutanées, affecter la dignité des résidents et augmenter la charge de travail du personnel. Ainsi, la mise en place d’un protocole quotidien efficace est essentielle pour assurer le bien-être des résidents tout en optimisant l’organisation interne de l’établissement.
Sommaire
Choisir le matériel adapté pour chaque résident en EHPAD
Le choix du matériel d’incontinence est crucial pour assurer le confort des résidents et prévenir les complications. Il existe plusieurs types de protections, chacune étant adaptée à des besoins spécifiques.
– Protections anatomiques : Ressemblant à des serviettes hygiéniques, elles sont utilisées avec des slips filets ou des sous-vêtements classiques. Elles sont privilégiées pour leur discrétion et conviennent aux résidents ayant une incontinence légère à modérée. De plus, elles favorisent l’autonomie, notamment chez les femmes, en permettant des changes plus faciles.
- Slips absorbants jetables : Ces protections intégrées offrent une solution tout-en-un. Elles sont idéales pour les résidents ayant une mobilité réduite mais encore capables de participer à leur toilette. Leur capacité d’absorption moyenne est adaptée aux incontinences modérées.
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Changes complets : Réservés aux résidents très dépendants ou alités, ces changes offrent une absorption maximale. Toutefois, ils peuvent favoriser la dépendance si utilisés de manière systématique. Il est donc important de les réserver aux situations réellement nécessaires.
La capacité d’absorption est également un critère déterminant. Elle doit être choisie en fonction du volume d’urine émis et du temps de pose. Des protections trop absorbantes peuvent être inconfortables, tandis que des protections insuffisantes augmentent le risque de fuites. Par ailleurs, certaines protections disposent de témoins d’humidité qui changent de couleur lorsqu’elles sont saturées, facilitant ainsi la gestion des changes par le personnel soignant.
Enfin, la taille et l’ajustement des protections sont essentiels pour éviter les fuites et assurer le confort du résident. Une étude de 2023 a démontré que 25 % des fuites étaient liées à une mauvaise taille de protection. Il est donc recommandé de mesurer régulièrement le tour de taille des résidents et d’adapter les protections en conséquence.
Planifier la fréquence des changes en fonction des besoins individuels
Une planification rigoureuse de la fréquence des changes permet d’améliorer le confort des résidents tout en optimisant le temps des soignants. Cette planification doit être personnalisée, basée sur une évaluation précise des besoins de chaque résident.
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J’accède au stock illimitéPour cela, il est indispensable de :
- Élaborer un plan de soins individualisé : Ce plan doit prendre en compte les informations recueillies auprès du résident, de sa famille et des professionnels de santé. Il doit être régulièrement réévalué, au moins une fois par mois, pour s’adapter aux éventuels changements de l’état du résident.
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Utiliser des indicateurs de suivi : La saturation des protections, la fréquence des changes de draps ou de vêtements, l’appréciation du résident et l’état de sa peau sont autant d’indicateurs à surveiller. Par exemple, si un résident présente des rougeurs ou des irritations, cela peut indiquer que la fréquence des changes est insuffisante.
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Intégrer des outils technologiques : Des logiciels dédiés peuvent aider à planifier et suivre les changes, en tenant compte des besoins individuels et en alertant le personnel en cas de saturation des protections.
Par ailleurs, il est important d’impliquer le résident dans la planification, dans la mesure du possible. En effet, respecter ses préférences et son rythme peut améliorer son confort et sa dignité. De plus, cela favorise une meilleure acceptation du protocole.
Prévenir les irritations cutanées grâce à des soins appropriés
La prévention des irritations cutanées est un enjeu majeur dans la gestion de l’incontinence urinaire en EHPAD. En effet, une exposition prolongée à l’humidité et aux substances irritantes peut entraîner des dermites, des infections et une détérioration de la qualité de vie du résident.
Pour prévenir ces complications, il est recommandé de :
- Assurer une hygiène rigoureuse : Après chaque change, il est essentiel de nettoyer soigneusement la zone génitale avec un savon doux, puis de bien sécher la peau. Selon un rapport de 2023, cette pratique réduit de 30 % le risque d’irritations cutanées.
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Utiliser des produits adaptés : L’application de crèmes barrières ou de protecteurs cutanés peut former une couche protectrice sur la peau, limitant ainsi les effets irritants de l’urine. Il est toutefois important d’éviter les produits contenant des parfums ou des substances allergènes.
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Favoriser la respiration de la peau : Les protections doivent permettre une bonne aération pour éviter la macération. Il est donc préférable de choisir des matériaux respirants et de ne pas trop serrer les attaches.
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Former le personnel soignant : Une formation régulière aux bonnes pratiques de soins cutanés permet d’assurer une prise en charge de qualité. De plus, sensibiliser les soignants aux signes précoces d’irritation permet une intervention rapide.
En outre, encourager la mobilité des résidents, dans la mesure du possible, contribue également à prévenir les complications cutanées. En effet, le mouvement favorise la circulation sanguine et réduit le temps de contact avec la protection.
Optimiser l’organisation interne pour une prise en charge globale
Une gestion efficace de l’incontinence urinaire en EHPAD nécessite une organisation interne bien rodée, impliquant l’ensemble de l’équipe pluridisciplinaire.
- Évaluation médicale complète : Il est essentiel de rechercher les causes sous-jacentes de l’incontinence. Une évaluation médicale approfondie, incluant des examens urologiques, gynécologiques et neurologiques, permet d’adapter la prise en charge et d’envisager des traitements spécifiques.
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Rééducation et thérapies comportementales : Pour les résidents non dépendants, des programmes de rééducation pelvi-périnéale peuvent être proposés. De plus, des mictions programmées et des thérapies cognitivo-comportementales peuvent améliorer significativement les symptômes.
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Logistique et gestion des stocks : La commande, la livraison, le stockage et la distribution des protections doivent être optimisés. L’utilisation de logiciels de gestion permet de suivre les stocks en temps réel, d’éviter les ruptures et de contrôler les coûts. Une distribution personnalisée par résident ou par secteur facilite également le travail des soignants.
– Formation et sensibilisation du personnel : L’ensemble du personnel doit être formé aux protocoles en place, aux techniques de change, aux soins cutanés et à la communication avec les résidents. Une équipe bien formée est plus efficace et offre une meilleure qualité de soins.
- Communication avec les familles : Impliquer les familles dans la prise en charge permet de mieux comprendre les habitudes et les préférences du résident. De plus, cela renforce la confiance et la collaboration entre l’équipe soignante et les proches.
En favorisant une approche globale, centrée sur le résident, l’EHPAD peut améliorer la qualité de vie des personnes âgées dépendantes, tout en optimisant les ressources disponibles.

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