Évaluation des besoins avant l’admission en EHPAD : une démarche stratégique pour un accompagnement adapté

L’évaluation des besoins préalables des résidents en EHPAD est essentielle, intégrant dimensions médicales, cognitives, psychologiques, fonctionnelles et sociales. Des outils standardisés facilitent cette démarche pour des décisions d’admission adaptées et personnalisées.

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L’évaluation préalable des besoins des futurs résidents constitue une étape cruciale pour les EHPAD. Cette démarche permet non seulement de déterminer la pertinence d’une admission, mais aussi d’anticiper l’accompagnement nécessaire. Face à la diversité des profils et des pathologies, les équipes doivent disposer d’outils performants et d’une méthodologie rigoureuse pour évaluer objectivement chaque situation. Comment structurer cette évaluation multidimensionnelle ? Quels critères privilégier ? Cet article propose un décryptage complet de ce processus déterminant.

Une approche multidimensionnelle incontournable

L’évaluation préadmission ne peut se limiter aux seuls aspects médicaux. Une vision globale s’impose pour cerner l’ensemble des besoins de la personne âgée. Selon la HAS, cette approche doit intégrer cinq dimensions essentielles.

D’abord, l’état de santé physique requiert une attention particulière. Les pathologies chroniques, les traitements en cours et le niveau de dépendance influencent directement les soins quotidiens. En 2023, 83% des résidents en EHPAD présentaient au moins trois pathologies chroniques, d’après les données de la DREES.

Ensuite, l’évaluation cognitive s’avère déterminante. Le test MMS (Mini Mental State) permet de quantifier les troubles cognitifs éventuels. Plus de 70% des résidents en EHPAD souffrent de troubles cognitifs, dont 42% à un stade avancé.

La dimension psychologique ne doit pas être négligée. Les syndromes dépressifs, fréquents chez les personnes âgées, peuvent aggraver la dépendance. Un rapport de Santé Publique France révèle que 30% des personnes âgées présentent des symptômes dépressifs lors de leur entrée en institution.

L’autonomie fonctionnelle, mesurée par la grille AGGIR, détermine le GIR et donc le niveau d’aide requis. En 2023, le GIR moyen pondéré national atteignait 723, témoignant d’une dépendance croissante.

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Enfin, l’environnement social joue un rôle majeur. Le soutien familial, l’isolement et les conditions de logement antérieures influencent l’adaptation en EHPAD.

Des outils standardisés pour une évaluation objective

Pour garantir une évaluation rigoureuse, les établissements doivent s’appuyer sur des outils validés et standardisés. Ces instruments permettent d’objectiver les besoins et de faciliter la prise de décision.

La grille AGGIR reste l’outil de référence pour mesurer la dépendance. Elle classe les personnes en six groupes iso-ressources. Les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA en établissement.

Le RAI (Resident Assessment Instrument) gagne du terrain en France. Cet outil d’évaluation globale identifie 18 domaines de besoins. Son déploiement concernait 35% des EHPAD fin 2022, selon la CNSA.

L’échelle NPI-ES évalue les troubles du comportement, fréquents chez les résidents atteints de démence. Elle quantifie 12 types de troubles et leur impact sur l’équipe soignante.

Pour les risques spécifiques, plusieurs échelles existent. L’échelle de Braden évalue le risque d’escarre. Le MNA (Mini Nutritional Assessment) détecte la dénutrition. Près de 40% des nouveaux résidents présentent une dénutrition à l’admission, d’après une étude de 2023.

La douleur, souvent sous-évaluée, nécessite des outils adaptés comme l’échelle ECPA pour les personnes non communicantes. L’ANESM recommande une évaluation systématique de la douleur avant l’admission.

Une procédure formalisée en plusieurs étapes

L’évaluation pré-admission suit généralement un processus structuré en quatre phases distinctes. Cette méthodologie garantit une analyse complète et objective de chaque situation.

Première étape : l’analyse du dossier médical. Le médecin coordonnateur examine les antécédents, les traitements et les comptes-rendus d’hospitalisation. Depuis 2023, le Dossier Médical Partagé facilite cette collecte d’informations dans 68% des cas selon l’Assurance Maladie.

Deuxième étape : l’entretien avec le futur résident et sa famille. Cette rencontre permet d’évaluer les attentes, les habitudes de vie et le consentement de la personne. 85% des EHPAD organisent systématiquement cet entretien, révèle une enquête de la FNAQPA.

Troisième étape : la visite à domicile ou en établissement de santé. Cette démarche, réalisée par l’IDEC ou le psychologue, offre une vision concrète des conditions de vie actuelles. Cette pratique concerne désormais 42% des admissions selon le baromètre KPMG 2024.

Quatrième étape : la commission d’admission. Cette instance pluridisciplinaire étudie les dossiers et statue sur les admissions. Sa composition type inclut le directeur, le médecin coordonnateur, l’IDEC et le psychologue.

Des critères décisionnels à hiérarchiser

Face à des demandes nombreuses, les établissements doivent définir des critères de priorisation transparents. Ces critères doivent concilier les besoins des personnes et les capacités de l’EHPAD.

L’adéquation entre les besoins et les ressources disponibles représente le premier critère. Un EHPAD ne peut accueillir une personne si l’équipe ne peut répondre à ses besoins spécifiques. L’enquête REHPA 2023 montre que 28% des refus d’admission sont liés à cette inadéquation.

L’urgence sociale ou médicale constitue un critère prioritaire. Les situations de maltraitance, d’épuisement de l’aidant ou de sortie d’hospitalisation sans solution nécessitent une réponse rapide.

La proximité géographique favorise le maintien des liens familiaux. 64% des familles privilégient un EHPAD situé à moins de 30 minutes de leur domicile, selon une étude de la CNSA.

Les spécialisations de l’établissement orientent également les décisions. Les unités Alzheimer, les PASA ou les UHR répondent à des besoins particuliers. En 2024, 61% des EHPAD disposent d’au moins une unité spécialisée.

Les pièges à éviter lors de l’évaluation

Certaines erreurs fréquentes peuvent compromettre la qualité de l’évaluation et donc la pertinence de la décision d’admission. Les professionnels doivent rester vigilants face à ces écueils potentiels.

La surévaluation ou sous-évaluation des capacités constitue un risque majeur. Une vision trop pessimiste peut conduire à une institutionnalisation prématurée. À l’inverse, minimiser les difficultés expose à des situations d’échec.

L’absence de réévaluation régulière représente une autre erreur courante. Les besoins évoluent rapidement chez les personnes âgées. Une évaluation datant de plus de trois mois devrait être actualisée.

La non-prise en compte des souhaits de la personne compromet l’adaptation future. Le consentement éclairé reste un principe fondamental, rappelé par la loi ASV de 2015.

La focalisation excessive sur les aspects médicaux au détriment des dimensions psychosociales biaise l’évaluation. Une approche équilibrée entre soin et accompagnement s’avère essentielle.

Vers une évaluation continue et dynamique

L’évaluation ne s’arrête pas à l’admission. Elle s’inscrit dans une démarche continue tout au long du séjour. Cette vision dynamique permet d’ajuster l’accompagnement aux évolutions de la personne.

Le projet d’accompagnement personnalisé (PAP) constitue l’outil central de cette démarche. Élaboré dans les six semaines suivant l’admission, il formalise les objectifs et les moyens. 93% des EHPAD ont mis en place une procédure de PAP, selon la HAS.

Les évaluations régulières permettent d’adapter les interventions. La fréquence recommandée est de six mois, mais elle peut être réduite en cas d’évolution rapide de l’état de santé.

Les outils numériques facilitent désormais ce suivi. Les logiciels de soins intègrent des modules d’évaluation et génèrent des alertes automatiques. 78% des EHPAD utilisent un logiciel métier pour le suivi des résidents en 2024.

L’évaluation des besoins avant admission représente un enjeu stratégique pour les EHPAD. Cette démarche, loin d’être une simple formalité administrative, conditionne la qualité de l’accompagnement futur et la cohérence du parcours de soin. En perfectionnant leurs méthodes d’évaluation, les établissements renforcent leur capacité à proposer des réponses véritablement personnalisées.

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