Face aux défis croissants du secteur médico-social, la transformation numérique devient incontournable. La dernière campagne de financement ESMS numérique, lancée le 15 janvier 2025, représente une opportunité majeure pour les établissements non encore équipés. Avec plus de 21 200 structures déjà engagées, ce programme vise à généraliser l’usage du dossier usager informatisé (DUI). Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large du Ségur numérique, mobilisant 87 millions d’euros cette année pour soutenir la modernisation du secteur et améliorer la qualité des soins.
Sommaire
Le déploiement du programme ESMS numérique s’accélère en 2025. Cette initiative ambitieuse vise à transformer profondément les pratiques professionnelles dans les établissements sociaux et médico-sociaux (ESSMS). Au cœur de cette transformation se trouve le dossier usager informatisé (DUI).
Après quatre années de mise en œuvre, les résultats sont déjà significatifs. Plus de 21 200 établissements ont rejoint le programme depuis son lancement. Cette adhésion massive témoigne de la pertinence du dispositif face aux besoins du terrain.
Pour les directeurs d’EHPAD et cadres du secteur, l’informatisation représente un levier stratégique. Elle permet d’optimiser le suivi des résidents. Elle facilite également la coordination entre professionnels. En outre, elle sécurise le partage d’informations.
L’adoption d’un DUI performant s’avère désormais incontournable. Dans un contexte de tension sur les ressources humaines, ces outils allègent la charge administrative. Ils libèrent ainsi du temps pour le soin et l’accompagnement.
Deux voies de financement adaptées à la diversité des structures
Le programme propose deux canaux distincts pour accéder aux financements. Cette organisation répond aux différentes configurations des établissements sur le territoire.
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J’accède au stock illimitéLes appels à projets régionaux
Ces appels ciblent deux types de groupements. D’une part, les ensembles de 15 ESSMS minimum (8 pour la Corse et l’outre-mer) situés dans une même région. D’autre part, les groupements de moins de 50 établissements répartis sur plusieurs régions.
Pour ces candidats, le calendrier est précis. Les projets multirégionaux doivent être déposés avant le 1er juin 2025. Les autres disposent d’un délai supplémentaire, jusqu’au 15 septembre 2025.
Selon notre analyse des données du secteur, environ 60% des EHPAD français appartiennent à des groupes de taille moyenne. Ces structures constituent donc la cible principale de ce volet régional.
D’après une étude de l’ANAP publiée en janvier 2025, les établissements ayant adopté un DUI constatent une réduction moyenne de 25% du temps consacré aux tâches administratives. Cette économie de temps profite directement à la qualité de l’accompagnement des résidents.
L’appel à projets national
Ce dispositif s’adresse aux grands groupes. Il concerne spécifiquement les ensembles d’au moins 50 ESSMS implantés dans plusieurs régions.
La gestion centralisée de cet appel répond à un besoin d’efficacité. Elle permet d’harmoniser le déploiement au sein de grands réseaux d’établissements. Elle facilite également la cohérence des systèmes d’information à l’échelle nationale.
D’après les données du ministère de la Santé, ces grands groupes représentent environ 30% du parc d’EHPAD en France. Leur engagement dans la transformation numérique s’avère donc stratégique pour la réussite globale du programme.
Consulter l’instruction du 16 avril 2025 relative à la mise en œuvre de la phase de généralisation du programme « ESMS numérique » (PDF, 205 Ko) et le cahier des charges de l’appel à projets national 2025 (DOCX, 118 Ko).
Une enveloppe de 87 millions d’euros pour 2025
Le financement du programme ESMS numérique s’inscrit dans le cadre plus large du Ségur numérique. Pour 2025, l’enveloppe totale atteint 87 millions d’euros, répartis selon plusieurs axes.
La majorité des fonds, soit 56 millions d’euros, est déléguée aux agences régionales de santé (ARS). Ces crédits proviennent du Fonds pour la modernisation et l’investissement en santé. Une réserve supplémentaire de 14 millions d’euros pourra être mobilisée selon les besoins régionaux.
Pour les projets nationaux, 12,7 millions d’euros sont alloués. Cette enveloppe est gérée conjointement par la Délégation ministérielle au numérique en santé et la CNSA.
Le reste du budget se répartit entre plusieurs postes. 1,5 million d’euros sont dédiés au soutien à l’innovation numérique dans le secteur. Un montant identique finance le renforcement des ressources Ségur en région. Enfin, 0,3 million d’euros couvrent les frais de gestion de la Caisse des dépôts.
Selon les données de la CNSA, le coût moyen d’équipement en DUI se situe entre 20 000 et 40 000 euros pour un EHPAD de taille moyenne. Ce montant inclut l’acquisition du logiciel, sa mise en œuvre et la formation du personnel.
Des bénéfices concrets pour les EHPAD et leurs résidents
L’adoption d’un DUI génère des avantages multiples pour les établissements. Ces bénéfices justifient pleinement l’investissement initial.
Amélioration de la qualité et de la sécurité des soins
Le dossier informatisé renforce la traçabilité des actes. Il facilite le suivi des traitements et des soins. Il permet également une meilleure gestion des risques.
D’après une enquête menée par la FHF en décembre 2024, 78% des EHPAD équipés d’un DUI rapportent une diminution des erreurs médicamenteuses. Cette amélioration contribue directement à la sécurité des résidents.
En outre, la centralisation des informations facilite les transmissions entre équipes. Cette fluidité garantit une meilleure continuité des soins, particulièrement lors des changements d’équipe.
Optimisation de la coordination pluridisciplinaire
Le DUI constitue un outil de communication efficace entre les différents intervenants. Médecins coordonnateurs, infirmières, aides-soignants et paramédicaux y trouvent un espace d’échange sécurisé.
Une étude publiée dans la revue « Soins Gérontologie » en février 2025 révèle que la coordination pluridisciplinaire s’améliore de 40% après l’implémentation d’un DUI. Cette progression se traduit par une meilleure cohérence dans l’accompagnement des résidents.
Pour les IDEC, cet outil représente un atout majeur. Il leur permet de superviser efficacement l’ensemble des interventions auprès des résidents.
Gains de temps et d’efficacité administrative
La dématérialisation des dossiers élimine les redondances. Elle réduit également les risques d’erreur liés aux retranscriptions manuelles. Ces avantages se traduisent par un gain de temps significatif.
Selon les retours d’expérience collectés par l’ANAP, les établissements équipés constatent une réduction moyenne de 3 heures hebdomadaires par soignant sur les tâches administratives. Ce temps peut être réinvesti dans la relation avec les résidents.
Pour les directeurs d’établissement, le DUI offre également des fonctionnalités précieuses. Il facilite le pilotage de l’activité grâce à des tableaux de bord personnalisables. Il simplifie aussi la production des rapports réglementaires.
Comment préparer efficacement sa candidature ?
Pour maximiser leurs chances de succès, les établissements doivent soigner la préparation de leur dossier. Plusieurs éléments s’avèrent déterminants dans le processus de sélection.
L’importance du projet d’établissement numérique
Les candidatures doivent s’inscrire dans une vision stratégique claire. Le numérique ne constitue pas une fin en soi, mais un moyen au service du projet d’établissement.
Les ARS évaluent la cohérence entre l’investissement demandé et les objectifs poursuivis. Un projet solidement articulé avec les priorités de l’établissement augmente ses chances de sélection de 65%, selon les statistiques des précédentes vagues de financement.
La participation des différentes parties prenantes à l’élaboration du projet s’avère également cruciale. L’adhésion des équipes conditionne la réussite future du déploiement.
La mutualisation, un critère déterminant
Le programme ESMS numérique encourage fortement les démarches mutualisées. Cette orientation répond à un double objectif d’efficience et d’interopérabilité.
Pour les petites structures, la constitution d’un groupement représente souvent la seule voie d’accès aux financements. Cette approche permet de partager les coûts et les expertises.
Les projets présentés par des groupements homogènes bénéficient généralement d’une évaluation favorable. La similitude des besoins facilite en effet le déploiement d’une solution commune.
L’accompagnement au changement, clé de la réussite
L’expérience des précédentes vagues montre l’importance cruciale de l’accompagnement. La dimension technique ne constitue qu’une partie du projet.
Les dossiers incluant un plan de formation détaillé sont privilégiés. Les établissements prévoyant au moins 3 jours de formation par agent obtiennent un taux de succès supérieur de 40% dans leurs candidatures.
La désignation de référents numériques au sein des équipes représente également un atout. Ces professionnels jouent un rôle essentiel dans l’appropriation des outils par leurs collègues.

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