Le delirium, ou état confusionnel aigu, est une urgence fréquente en EHPAD, pouvant engendrer des complications graves et une augmentation de la mortalité. Sa prise en charge rapide et adaptée est donc cruciale. Cet article propose aux équipes soignantes un guide pratique pour identifier les facteurs déclenchants, mettre en place des interventions non pharmacologiques et collaborer efficacement avec le médecin.
Sommaire
- Identifier les facteurs déclenchants du delirium
- Interventions non pharmacologiques : clés de la prise en charge
- Collaboration avec le médecin : une nécessité pour une prise en charge optimale
- Prévention du delirium : un enjeu majeur en EHPAD
- Former et sensibiliser le personnel : un investissement indispensable
- Améliorer la communication avec les familles : un partenariat essentiel
- Adapter l’environnement : un facteur clé pour la prise en charge
- Utiliser les nouvelles technologies : un soutien à la prise en charge
- FAQ sur le delirium chez la personne âgée
Identifier les facteurs déclenchants du delirium
Le delirium est un syndrome multifactoriel. Son apparition est favorisée par des facteurs prédisposants liés au patient (âge avancé, démence, polypathologies…) et des facteurs précipitants (infections, déshydratation, troubles métaboliques, iatrogénie médicamenteuse…). L’identification de ces facteurs est essentielle pour une prise en charge efficace. Des outils d’évaluation, comme la grille de confusion de l’HAS, aident au repérage précoce des signes cliniques : troubles de l’attention, de la conscience, du comportement et de la perception. Une surveillance accrue des résidents fragiles et une analyse rigoureuse de tout changement brutal de leur état sont primordiales. L’observation attentive du comportement, des fonctions cognitives et de l’état général permet de détecter les premiers signes du delirium.
Interventions non pharmacologiques : clés de la prise en charge
Avant de recourir aux médicaments, des interventions non pharmacologiques doivent être mises en place. Elles visent à rassurer le résident, à réduire son agitation et à favoriser son orientation. Un environnement calme et familier, une communication adaptée et la présence de proches sont des éléments apaisants. Il est important de maintenir une orientation temporelle et spatiale (horloges, calendriers, photos…) et de favoriser les cycles veille-sommeil. La stimulation sensorielle douce (musique, toucher…) peut également être bénéfique. En cas d’agitation, des techniques de contention verbale (parler calmement, rassurer, valider les émotions) et environnementale (limiter les stimulations, aménager un espace sécurisé) sont à privilégier. La contention physique doit être évitée autant que possible, car elle peut aggraver la confusion et l’agitation.
Collaboration avec le médecin : une nécessité pour une prise en charge optimale
Le médecin coordonnateur joue un rôle central dans la prise en charge du delirium. Il est responsable du diagnostic, de la recherche de la cause et de la prescription des traitements médicamenteux si nécessaire. Une communication claire et précise entre l’équipe soignante et le médecin est indispensable. Les observations des soignants sur l’évolution de l’état du résident, les facteurs déclenchants potentiels et l’efficacité des interventions non pharmacologiques sont des informations précieuses pour le médecin. En cas d’urgence (agitation importante, risque de danger pour le résident ou pour autrui), il est impératif de contacter le médecin sans délai. Des critères de transfert vers un établissement hospitalier peuvent être définis en amont avec le médecin, en fonction de la gravité du delirium et des comorbidités du résident.
Prévention du delirium : un enjeu majeur en EHPAD
La prévention du delirium est un enjeu majeur en EHPAD. Elle repose sur une évaluation gériatrique standardisée à l’entrée et une surveillance régulière des résidents, notamment ceux présentant des facteurs de risque. L’optimisation du traitement médicamenteux, la prise en charge de la douleur, la prévention de la déshydratation et des infections sont des éléments clés de la prévention. Il est également important de favoriser le maintien de l’autonomie, des fonctions cognitives et de la qualité de vie des résidents. Des programmes d’éducation thérapeutique peuvent être proposés aux résidents et à leurs familles pour les sensibiliser au delirium et à sa prise en charge. La formation continue des équipes soignantes sur le repérage, la prise en charge et la prévention du delirium est essentielle. En conclusion, la gestion du delirium en EHPAD nécessite une approche globale et pluridisciplinaire. La collaboration étroite entre les équipes soignantes, le médecin coordonnateur et les familles est indispensable pour assurer une prise en charge optimale et améliorer le pronostic des résidents.
Former et sensibiliser le personnel : un investissement indispensable
La prise en charge du delirium repose en grande partie sur les épaules des équipes soignantes. Investir dans leur formation et leur sensibilisation est donc primordial. Des formations spécifiques sur le delirium, dispensées par des professionnels qualifiés, permettront aux soignants d’approfondir leurs connaissances sur ce syndrome complexe. Elles les doteront des outils nécessaires pour mieux repérer les signes, mettre en place des interventions non pharmacologiques adaptées et collaborer efficacement avec le médecin. La formation doit également porter sur la communication avec les résidents atteints de delirium, qui nécessite une approche empathique et rassurante. Des mises en situation et des jeux de rôles peuvent être utilisés pour renforcer l’apprentissage et développer les compétences pratiques des soignants. La sensibilisation du personnel à l’importance de la prévention de la démence sénile et le syndrome confusionnel est également essentielle. Des campagnes d’information régulières peuvent être organisées pour rappeler les facteurs de risque, les mesures de prévention et les bonnes pratiques à adopter.
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J’accède au stock illimitéAméliorer la communication avec les familles : un partenariat essentiel
Les familles des résidents jouent un rôle crucial dans la prise en charge du delirium. Une communication transparente et bienveillante avec les familles est indispensable pour les informer sur l’état de santé de leur proche, les rassurer et les impliquer dans les soins. Il est important d’expliquer aux familles ce qu’est le delirium, ses causes, ses symptômes et ses conséquences. Elles doivent être informées des interventions mises en place et de l’évolution de l’état du résident. Leur participation active est encouragée, notamment pour le maintien de l’orientation et du lien social du résident. Les familles peuvent apporter des photos, des objets familiers ou raconter des anecdotes qui aideront le résident à se repérer. L’écoute attentive des familles et la prise en compte de leurs préoccupations sont essentielles pour instaurer une relation de confiance et favoriser une prise en charge collaborative.
Adapter l’environnement : un facteur clé pour la prise en charge
L’environnement physique et social de l’EHPAD peut influencer l’apparition et l’évolution du delirium. Aménager un environnement adapté est donc un élément important de la prise en charge. Il est recommandé de créer un environnement calme, apaisant et familier, en limitant les stimulations visuelles et auditives excessives. Une bonne luminosité, notamment en journée, permet de maintenir les cycles veille-sommeil et de favoriser l’orientation temporelle. L’accès à des espaces extérieurs sécurisés et aménagés est également bénéfique pour le bien-être des résidents. L’organisation de la vie sociale au sein de l’EHPAD doit également être prise en compte. Des activités adaptées aux capacités cognitives des résidents, des moments de convivialité et des échanges intergénérationnels contribuent à maintenir leur stimulation et leur lien social, ce qui peut avoir un effet protecteur contre le delirium.
Utiliser les nouvelles technologies : un soutien à la prise en charge
Les nouvelles technologies peuvent être un atout précieux dans la prise en charge du delirium. Des outils numériques d’aide à la décision, basés sur l’intelligence artificielle, peuvent faciliter le repérage précoce des signes du delirium et alerter les soignants en cas de changement brutal de l’état d’un résident. Des applications mobiles permettent également de suivre l’évolution des symptômes, d’enregistrer les interventions non pharmacologiques mises en place et de partager des informations en temps réel avec le médecin. La télémédecine peut faciliter l’accès à un avis spécialisé en gériatrie en cas de besoin. Des dispositifs connectés, tels que des capteurs de mouvement ou des montres intelligentes, peuvent contribuer à la surveillance des résidents et à la détection des premiers signes d’agitation ou de désorientation. L’utilisation de la réalité virtuelle peut également être envisagée pour proposer des environnements apaisants et stimulants aux résidents atteints de delirium.
FAQ sur le delirium chez la personne âgée
Comment agir avec une personne qui fait du delirium ?
Il est essentiel de rester calme et rassurant. Voici quelques conseils:
- Évitez la confrontation: Ne contredisez pas la personne ou n’essayez pas de la raisonner lorsqu’elle est en plein délire. Cela pourrait aggraver la situation.
- Créez un environnement calme et familier: Réduisez les stimulations (bruit, lumière) et assurez-vous que la personne se trouve dans un endroit qu’elle connaît.
- Communiquez clairement et simplement: Utilisez des phrases courtes et un langage simple.
- Rassurez la personne: Rappelez-lui qui vous êtes et où elle se trouve.
- Maintenez une routine: Essayez de maintenir une routine quotidienne pour les repas, le sommeil et les activités.
- Surveillez sa sécurité: Assurez-vous que la personne ne se mette pas en danger, elle ou les autres.
- Faites preuve de patience et de compréhension: Le delirium est une expérience effrayante et déroutante pour la personne qui en souffre.
N’oubliez pas : Le delirium est un problème médical sérieux. Il est important de consulter un médecin dès que possible.
Qu’est-ce qui mène une personne âgée à avoir des états de confusion ?
Plusieurs facteurs peuvent déclencher un épisode de delirium chez une personne âgée, notamment :
- Les infections: Infections urinaires, pneumonies, etc.
- Les médicaments: Certains médicaments, en particulier les psychotropes, peuvent provoquer un delirium.
- Les problèmes médicaux: Déshydratation, troubles métaboliques, problèmes cardiaques, etc.
- Les changements d’environnement: Hospitalisation, déménagement, etc.
- La douleur: Une douleur non soulagée peut entraîner de la confusion.
- La privation sensorielle: Manque de stimulation, isolement.
- Chirurgie: L’anesthésie et la douleur post-opératoire peuvent augmenter le risque.
Quel est le protocole de soins dans la confusion chez une personne âgée ?
Le protocole de soins pour le delirium chez une personne âgée comprend généralement les étapes suivantes:
- Identifier et traiter la cause sous-jacente: Le médecin effectuera un examen médical complet pour identifier la cause du delirium et la traiter.
- Gestion des symptômes: Des médicaments peuvent être prescrits pour gérer les symptômes du delirium, tels que l’agitation ou les hallucinations.
- Soutien et orientation: Il est important de fournir un soutien émotionnel à la personne et de l’aider à se réorienter.
- Prévention des complications: Des mesures seront prises pour prévenir les complications telles que les chutes ou les escarres.
- Suivi: Un suivi médical régulier est nécessaire pour s’assurer que le delirium est résolu et pour prévenir les récidives.
Quels sont les symptômes d’une crise de delirium ?
Les symptômes d’une crise de delirium peuvent varier d’une personne à l’autre et fluctuer au cours de la journée. Ils incluent souvent:
- Confusion: Difficulté à penser clairement, à se concentrer et à se souvenir.
- Désorientation: La personne peut ne pas savoir où elle se trouve, qui elle est ou quelle est la date.
- Fluctuations de la vigilance: Alternance entre somnolence et agitation.
- Troubles de la pensée: Pensées désorganisées, difficulté à suivre une conversation.
- Hallucinations: Voir ou entendre des choses qui n’existent pas.
- Troubles du sommeil: Insomnie, cauchemars, inversion du cycle jour-nuit.
- Changements d’humeur: Agitation, anxiété, peur, irritabilité.
Important: Si vous remarquez ces symptômes chez une personne âgée, il est crucial de consulter un médecin sans tarder.

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