Dans les EHPAD, les espaces extérieurs représentent bien plus qu’un simple décor : ils constituent de véritables lieux de vie thérapeutiques où les résidents retrouvent contact avec la nature, pratiquent des activités physiques douces et renforcent leur lien social. Pourtant, trop d’établissements négligent encore l’entretien de leurs jardins d’agrément, créant des zones délaissées qui deviennent rapidement des sources de danger. Entre contraintes budgétaires, manque de personnel qualifié et obligations réglementaires strictes, les directeurs et responsables d’hébergement doivent aujourd’hui structurer une véritable stratégie d’aménagement paysager sécurisé pour transformer ces espaces en atouts pour le bien-être des résidents.
Sommaire
- Pourquoi les espaces verts en EHPAD nécessitent une gestion professionnelle spécifique
- Élaborer un plan d’entretien professionnel adapté aux besoins de l’EHPAD
- Sécuriser les zones extérieures selon les normes en vigueur
- Transformer les espaces extérieurs en lieux thérapeutiques et de bien-être
- Du diagnostic à l’action : mettre en œuvre une stratégie gagnante
- Cultiver demain : l’espace vert comme projet de vie partagé
- FAQ : Questions fréquentes sur la gestion des espaces verts en EHPAD
Pourquoi les espaces verts en EHPAD nécessitent une gestion professionnelle spécifique
Les jardins d’EHPAD ne peuvent être traités comme des espaces paysagers classiques. Ils accueillent un public vulnérable, souvent atteint de troubles cognitifs, de limitations motrices ou de pathologies chroniques. Cette spécificité impose des exigences techniques et sécuritaires accrues.
Une étude menée par la Fondation Médéric Alzheimer en 2024 révèle que 68 % des chutes en extérieur dans les EHPAD sont liées à un défaut d’entretien : branches basses non taillées, sols irréguliers, allées glissantes ou encombrées. Ces incidents génèrent non seulement des conséquences sanitaires graves, mais également une responsabilité juridique pour l’établissement.
La réglementation impose plusieurs obligations. Le Code de la construction et de l’habitation (article R. 111-4-1) exige des cheminements accessibles sans ressaut supérieur à 2 cm. Les espaces extérieurs doivent respecter les normes d’accessibilité PMR définies par l’arrêté du 24 décembre 2015. De plus, les articles L. 4121-1 et suivants du Code du travail engagent la responsabilité de l’employeur concernant la sécurité des espaces de travail extérieurs pour le personnel.
Les risques spécifiques des espaces extérieurs délaissés
Les jardins non entretenus deviennent rapidement problématiques :
- Prolifération de végétaux allergènes (ambroisie, graminées) affectant résidents et personnel
- Accumulation d’eau stagnante favorisant les moustiques, vecteurs de maladies
- Développement de plantes toxiques (laurier-rose, digitale, if) dangereuses pour les résidents désorientés
- Dégradation des revêtements créant des obstacles et zones de trébuchement
- Encombrement par du mobilier vétuste ou des équipements hors service
Un EHPAD de 80 lits en Bourgogne a ainsi dû faire face à une mise en demeure de l’ARS en 2023 après qu’un résident ait chuté sur une dalle descellée dans le jardin, entraînant une fracture du col du fémur. L’établissement a dû investir 45 000 € en urgence pour remettre aux normes l’ensemble de ses cheminements extérieurs.
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J’accède au stock illimitéPoint clé : Un espace extérieur bien entretenu réduit de 40 % les risques de chute selon les données de la Haute Autorité de Santé.
Action immédiate : Réalisez dès cette semaine un audit de sécurité de vos espaces extérieurs en identifiant tous les points dangereux : sols, végétaux, mobilier, éclairage. Utilisez une grille d’évaluation standardisée pour documenter chaque anomalie.
Élaborer un plan d’entretien professionnel adapté aux besoins de l’EHPAD
La création d’un plan d’entretien structuré constitue le socle d’une gestion efficace des espaces verts. Ce document opérationnel doit détailler les interventions nécessaires, leur fréquence et les responsabilités associées.
Les composantes essentielles du plan d’entretien
Un plan complet intègre plusieurs dimensions :
| Type d’intervention | Fréquence recommandée | Responsable | Coût moyen annuel (80 lits) |
|---|---|---|---|
| Tonte pelouse | Hebdomadaire (avril-octobre) | Prestataire/Agent | 2 500 € |
| Taille haies et arbustes | Trimestrielle | Prestataire qualifié | 1 800 € |
| Désherbage allées | Mensuelle | Agent interne | 800 € |
| Élagage arbres | Annuelle | Élagueur certifié | 3 500 € |
| Contrôle mobilier | Bimestrielle | Responsable technique | Inclus |
| Nettoyage équipements | Mensuelle | Agent d’entretien | 600 € |
La fréquence d’intervention doit s’adapter aux saisons. En période de forte croissance végétale (avril à septembre), les besoins s’intensifient. Un EHPAD provençal a ainsi instauré un rythme bi-hebdomadaire de tonte durant l’été pour maintenir des pelouses praticables et esthétiques.
Le plan doit également prévoir les interventions préventives. Avant l’hiver, il est indispensable de :
- Vérifier l’état des systèmes de drainage pour éviter les inondations
- Rabattre les vivaces et protéger les plantes fragiles
- Contrôler l’ancrage du mobilier face aux intempéries
- Nettoyer les gouttières et évacuations d’eau
- Programmer l’élagage des branches pouvant menacer les bâtiments
Comment structurer le planning annuel ?
La planification annuelle permet d’anticiper les coûts et d’optimiser les ressources. Voici une méthode éprouvée :
Janvier-Février : Planification stratégique et appels d’offres prestataires. Élagage des arbres en dormance. Réparation du mobilier endommagé durant l’hiver.
Mars-Avril : Préparation des massifs, taille des rosiers, première tonte. Installation des plantes annuelles. Remise en service des systèmes d’arrosage.
Mai-Septembre : Entretien intensif hebdomadaire. Surveillance renforcée de l’arrosage durant les canicules. Désherbage régulier. Animation d’ateliers jardinage avec les résidents.
Octobre-Novembre : Ramassage des feuilles mortes, plantation des bulbes printaniers, dernières tontes. Hivernage des installations.
Décembre : Inventaire annuel, bilan des prestataires, ajustement du budget suivant.
Un établissement des Pays de la Loire a réduit de 30 % ses coûts d’entretien en créant un calendrier partagé numérique accessible au responsable d’hébergement, au prestataire paysagiste et à l’équipe technique. Chaque intervention est tracée, photographiée et validée, assurant une traçabilité complète.
Action immédiate : Créez votre planning d’entretien sur 12 mois en utilisant un tableur partagé. Intégrez-y les interventions obligatoires, les contrôles sécurité et les animations résidents liées au jardin. Assignez un responsable à chaque tâche.
Sécuriser les zones extérieures selon les normes en vigueur
La sécurisation des espaces verts en EHPAD répond à un double impératif : protéger les résidents vulnérables tout en créant des lieux de vie stimulants et accessibles. Cette équation complexe nécessite une connaissance précise des référentiels applicables.
Les obligations réglementaires incontournables
Plusieurs textes encadrent strictement l’aménagement des espaces extérieurs :
Accessibilité : L’arrêté du 24 décembre 2015 impose des cheminements continus de 1,40 m minimum, dépourvus de ressauts. Les revêtements doivent être non glissants et stables. Les pentes ne peuvent excéder 5 %.
Éclairage : La norme NF C 17-200 relative à l’éclairage extérieur exige un niveau minimum de 20 lux sur les cheminements principaux, porté à 50 lux aux intersections et zones de vigilance. Les équipements doivent résister aux intempéries (indice IP 65 minimum).
Végétaux : Aucun texte n’interdit formellement les plantes toxiques, mais la jurisprudence retient régulièrement la responsabilité de l’établissement en cas d’intoxication. Le guide « Jardins de santé » publié par l’ARS Île-de-France recommande d’exclure systématiquement les espèces à baies attractives toxiques.
Clôtures et portails : Le Code de l’action sociale et des familles (article D. 312-176-3) n’impose pas de clôture, mais celle-ci devient obligatoire dès lors que l’établissement accueille des résidents atteints de troubles cognitifs déambulants. La hauteur minimale recommandée est de 1,80 m, avec un système anti-escalade.
Attention : En cas d’accident lié à un défaut d’entretien, la responsabilité pénale du directeur peut être engagée pour mise en danger d’autrui (article 223-1 du Code pénal).
Checklist de sécurisation pour responsables d’hébergement
Utilisez cette liste pour auditer vos espaces extérieurs :
Cheminements et sols
– Tous les revêtements sont-ils stables, non glissants et sans trous ?
– Les joints de dilatation sont-ils affleurants (< 2 cm) ?
– Les racines d’arbres créent-elles des soulèvements ?
– Le drainage empêche-t-il la formation de flaques ?
Végétaux
– Avez-vous éliminé toutes les plantes toxiques identifiées ?
– Les branches basses sont-elles taillées au-dessus de 2,20 m ?
– Les haies masquent-elles des intersections dangereuses ?
– Des plantes allergènes sont-elles présentes en quantité ?
Mobilier et équipements
– Chaque banc est-il stable, sans échardes ni rouille ?
– Les tables ont-elles des arêtes vives ou dangereuses ?
– Le mobilier obsolète a-t-il été évacué ?
– Les zones ombragées sont-elles suffisantes ?
Sécurité périmétrique
– La clôture est-elle continue et sécurisée ?
– Les portails disposent-ils d’un verrouillage adapté ?
– Le système d’alarme fonctionne-t-il correctement ?
– Les caméras couvrent-elles les zones à risque ?
Éclairage et signalétique
– L’éclairage nocturne est-il suffisant partout ?
– Les détecteurs de présence fonctionnent-ils ?
– La signalétique directionnelle est-elle claire ?
– Les zones dangereuses sont-elles balisées ?
Un EHPAD alsacien a investi dans un système de géolocalisation pour les résidents déambulants, couplé à une clôture végétalisée de 2 m incluant un portail à code. Le nombre de fugues est passé de 12 à 0 en un an, sans nuire à l’aspect esthétique du jardin.
Action immédiate : Organisez une visite sécurité trimestrielle avec votre responsable technique, un représentant des soignants et idéalement un ergothérapeute. Documentez chaque visite par photos et établissez un plan d’actions priorisé.
Transformer les espaces extérieurs en lieux thérapeutiques et de bien-être
Au-delà de la sécurité, les jardins d’EHPAD doivent devenir de véritables supports d’accompagnement. L’hortithérapie et les activités de jardinage constituent des leviers reconnus pour stimuler les capacités cognitives, maintenir l’autonomie et réduire les troubles du comportement.
Les bénéfices démontrés des espaces verts thérapeutiques
De nombreuses études valident l’impact positif des jardins sur la santé des personnes âgées. Une recherche publiée en 2024 dans la Revue Francophone de Gériatrie montre que l’accès régulier à un jardin aménagé réduit de 35 % les prescriptions d’anxiolytiques et améliore de 28 % les scores d’évaluation de la qualité de vie.
Les jardins sensoriels stimulent les cinq sens par une diversité végétale soigneusement choisie :
- Odorat : lavande, romarin, jasmin, menthe
- Toucher : feuillages doux (stachys), écorces texturées
- Vue : palette colorée échelonnée sur les saisons
- Ouïe : graminées bruissantes, point d’eau, carillon
- Goût : petits fruits comestibles (fraisiers, framboisiers)
Les carrés potagers surélevés (80-90 cm de hauteur) permettent aux résidents en fauteuil ou à mobilité réduite de jardiner sans contrainte. Un EHPAD normand a installé six bacs adaptés où les résidents cultivent tomates cerises, salades et herbes aromatiques. Les récoltes sont utilisées en cuisine, créant une boucle vertueuse de valorisation et de sens.
Comment créer des zones d’activité différenciées ?
L’aménagement optimal divise l’espace en plusieurs zones fonctionnelles :
Zone contemplative : bancs confortables avec dossiers et accoudoirs, ombrages naturels, massifs fleuris. C’est l’espace de repos, de lecture, de visites familiales.
Zone d’activité physique : parcours de marche sécurisé avec marquage au sol, agrès de motricité douce (barres parallèles), zones plates pour taï-chi ou gymnastique collective.
Zone de jardinage thérapeutique : carrés potagers adaptés, table de rempotage accessible, rangement sécurisé pour outils, point d’eau à proximité.
Zone sensorielle : concentration de plantes aromatiques et tactiles, installation de textures variées, stimulations sonores douces.
Zone de socialisation : grande table commune pour repas extérieurs, espace barbecue sécurisé, pergola pour événements collectifs.
Un établissement breton a fait appel à un paysagiste spécialisé en jardins thérapeutiques pour restructurer ses 800 m² d’espaces verts. L’investissement de 35 000 € s’est traduit par une augmentation de 45 % de la fréquentation du jardin et une diminution notable des comportements d’agitation en fin d’après-midi (syndrome du coucher du soleil).
Impliquer les résidents et familles dans l’entretien
La participation active renforce l’appropriation des espaces et stimule les capacités préservées. Plusieurs modalités sont possibles :
- Ateliers jardinage hebdomadaires encadrés par un animateur formé
- Parrainages de massifs où chaque famille peut adopter un espace
- Calendriers de plantation co-construits avec les résidents
- Récoltes collectives suivies d’activités culinaires
- Journées portes ouvertes autour du jardin pour valoriser le travail
Un EHPAD parisien organise chaque printemps une « Fête des jardins » où résidents, familles et personnel plantent ensemble les annuelles de l’année. Ce moment fédérateur renforce le lien social et l’image de l’établissement.
Action immédiate : Identifiez dans votre équipe ou parmi vos bénévoles une personne passionnée de jardinage pour devenir référent espaces verts. Formez-la aux spécificités de l’hortithérapie et confiez-lui l’animation d’ateliers réguliers.
Du diagnostic à l’action : mettre en œuvre une stratégie gagnante
La transformation d’espaces extérieurs délaissés en jardins sécurisés et thérapeutiques nécessite une démarche structurée combinant diagnostic initial, priorisation budgétaire et pilotage dans la durée.
Étape 1 : Réaliser un diagnostic complet
Avant toute intervention, un état des lieux exhaustif s’impose. Ce diagnostic doit couvrir :
Volet technique : état des sols, systèmes de drainage, réseaux enterrés, état sanitaire des végétaux, conformité des installations électriques, accessibilité des cheminements.
Volet sécuritaire : identification des dangers immédiats, évaluation des risques de chute, inventaire des plantes toxiques, contrôle des clôtures et portails, analyse de l’éclairage nocturne.
Volet fonctionnel : cartographie des usages actuels, identification des zones sous-utilisées, analyse des flux de circulation, évaluation de la capacité d’accueil.
Volet budgétaire : estimation des coûts d’entretien actuels, identification des surcoûts liés aux dysfonctionnements, projection des investissements nécessaires.
Ce diagnostic peut être réalisé en interne si vous disposez des compétences, ou confié à un bureau d’études spécialisé (coût moyen : 1 500 à 3 000 €). Plusieurs paysagistes concepteurs se sont spécialisés dans les établissements médico-sociaux et proposent des prestations adaptées.
Étape 2 : Prioriser et budgétiser les actions
Tous les travaux ne peuvent être réalisés simultanément. Une priorisation s’impose selon trois critères :
Urgence sécuritaire : tout danger immédiat doit être traité en priorité (sols dangereux, plantes toxiques accessibles, éclairage défaillant).
Impact sur le bien-être : privilégier les aménagements qui bénéficient au plus grand nombre de résidents.
Faisabilité budgétaire : échelonner les investissements lourds sur plusieurs exercices.
| Catégorie d’action | Délai | Budget indicatif (80 lits) | Source de financement |
|---|---|---|---|
| Sécurisation urgente | Immédiat | 5 000 – 15 000 € | Budget travaux |
| Mise en accessibilité | 6-12 mois | 20 000 – 50 000 € | Plan pluriannuel + subventions |
| Création zones thérapeutiques | 12-24 mois | 15 000 – 40 000 € | Budget investissement |
| Végétalisation et mobilier | 12-18 mois | 10 000 – 25 000 € | Mécénat + budget |
Plusieurs financements peuvent être mobilisés : subventions ARS ou Conseil départemental, Conférence des financeurs pour la prévention de la perte d’autonomie, fondations (Fondation de France, Fondation Médéric Alzheimer), appels à projets régionaux.
Étape 3 : Choisir entre régie interne et externalisation
Deux modèles s’opposent pour l’entretien régulier :
Modèle internalisé : un ou plusieurs agents techniques de l’établissement assurent l’entretien courant.
Avantages : réactivité, connaissance fine des lieux, flexibilité, implication dans le projet d’établissement.
Inconvénients : nécessite des compétences spécifiques, gestion des absences, matériel à acquérir et maintenir.
Modèle externalisé : recours à un prestataire paysagiste sur contrat annuel.
Avantages : expertise professionnelle, équipements adaptés, garantie de résultat, absence de gestion RH.
Inconvénients : coût souvent supérieur, moindre réactivité, prestations standardisées, rotation des intervenants.
La solution hybride fonctionne bien : l’entretien courant (tonte, désherbage, arrosage) est assuré en interne, tandis que les interventions techniques (élagage, taille, traitements) sont confiées à un prestataire qualifié.
Un EHPAD rural de 60 lits a recruté un agent polyvalent à 0,5 ETP, passionné de jardinage. Formé à l’hortithérapie, il assure l’entretien hebdomadaire et anime des ateliers avec les résidents. Le coût annuel (charges comprises) de 18 000 € est inférieur aux 22 000 € de l’ancien prestataire, avec un gain qualitatif notable.
Étape 4 : Piloter et évaluer dans la durée
Un projet d’aménagement ne s’arrête pas à la livraison. Le pilotage continu garantit la pérennité :
- Tableau de bord mensuel : indicateurs de fréquentation, nombre d’animations, incidents sécurité, coûts d’entretien
- Comité de suivi trimestriel : direction, responsable hébergement, IDEC, animateurs, représentants résidents
- Évaluation annuelle : satisfaction résidents et familles, atteinte des objectifs, ajustements nécessaires
- Bilan photographique : documentation de l’évolution des espaces
Un EHPAD méditerranéen a intégré des indicateurs espaces verts dans son tableau de bord qualité : taux de participation aux ateliers jardinage, nombre de chutes extérieures, satisfaction exprimée lors des conseils de vie sociale. Cette démarche a permis de démontrer le retour sur investissement et de sécuriser le budget dédié.
Action immédiate : Organisez une réunion de lancement avec toutes les parties prenantes (direction, services techniques, soins, animation, familles). Partagez le diagnostic, co-construisez les priorités et désignez un chef de projet dédié pour porter la démarche.
Cultiver demain : l’espace vert comme projet de vie partagé
Les espaces extérieurs en EHPAD ne sont plus un luxe ou une contrainte réglementaire, mais un véritable levier thérapeutique et un facteur différenciant dans un secteur concurrentiel. Leur transformation nécessite certes des investissements, mais génère des bénéfices mesurables : réduction des chutes, diminution des troubles du comportement, amélioration de la qualité de vie, renforcement de l’attractivité de l’établissement.
La clé du succès réside dans une approche globale conjuguant sécurisation rigoureuse, entretien professionnel régulier et animation thérapeutique. Chaque établissement peut, à son échelle et selon ses moyens, progresser vers des jardins accueillants et stimulants.
N’oubliez pas que le jardin est un projet évolutif. Il se construit dans la durée, s’enrichit des contributions de chacun et s’adapte aux besoins changeants des résidents. Commencez par sécuriser, poursuivez par aménager, et enrichissez continuellement par l’animation et la participation.
Les espaces verts bien gérés constituent un patrimoine vivant qui valorise votre établissement, fédère vos équipes et procure quotidiennement bien-être et plaisir à vos résidents. Ils méritent toute votre attention stratégique et opérationnelle.
FAQ : Questions fréquentes sur la gestion des espaces verts en EHPAD
Quel budget annuel prévoir pour l’entretien des espaces verts d’un EHPAD de 80 lits ?
Le budget annuel d’entretien varie entre 8 000 et 15 000 € selon la surface (généralement 800 à 1 500 m²), le niveau d’aménagement et le mode de gestion choisi. Ce montant couvre la tonte, la taille, le désherbage, les traitements et l’entretien du mobilier. Les investissements initiaux (rénovation, accessibilité, équipements) représentent un budget distinct de 20 000 à 60 000 €, amortissable sur plusieurs années et partiellement finançable par subventions.
Comment sécuriser juridiquement l’établissement face aux risques de chute dans les jardins ?
La protection juridique repose sur trois piliers : documentation rigoureuse (registre de sécurité, traçabilité des interventions, photos datées), respect des normes d’accessibilité et d’entretien, et souscription d’une assurance responsabilité civile adaptée. Organisez des audits sécurité trimestriels avec compte-rendu écrit, faites intervenir des prestataires certifiés pour les travaux techniques, et conservez tous les justificatifs d’entretien pendant 10 ans minimum.
Quelles plantes privilégier pour créer un jardin sécurisé et stimulant en EHPAD ?
Privilégiez les plantes non toxiques, peu allergènes et sensoriellement riches : lavande, romarin, sauge, santoline pour les aromatiques ; rosiers remontants sans épines (variétés modernes), hortensias, spirées pour les massifs ; fraisiers, framboisiers pour le côté comestible ; graminées douces pour le mouvement et le son. Évitez absolument : if, laurier-rose, digitale, muguet, ricin, aconit, morelle, datura et toutes les plantes à baies attractives toxiques.

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