Comment structurer un plan d’urgence inondation en EHPAD pour sécuriser l’évacuation et protéger vos résidents

Découvrez comment élaborer un plan d’urgence inondation efficace pour votre EHPAD : évacuation, protection des installations, coordination locale.

Pack Livres IDEC
✨ Nouveauté 2026

Pack IDEC : Maîtrise Totale

Recevez les 3 ouvrages indispensables.
Le 3ème livre est OFFERT !

Commander mon pack 👉

Les épisodes d’inondations majeures se multiplient en France, avec une intensité accrue. Pour les EHPAD, la vulnérabilité des résidents impose une préparation rigoureuse. Anticiper l’évacuation, protéger les installations vitales et coordonner l’action avec les autorités locales ne relèvent plus de l’hypothèse : c’est une obligation réglementaire et une responsabilité morale. Cet article vous guide pas à pas pour structurer un plan d’urgence inondation opérationnel, adapté à la réalité du terrain.


Identifier et anticiper le risque d’inondation dans votre établissement

Connaître votre exposition réelle au risque

Tous les EHPAD ne sont pas égaux face au risque d’inondation. La première étape consiste à évaluer précisément votre exposition géographique. Consultez le Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI) de votre commune, accessible en mairie ou sur le site de la préfecture. Ce document cartographie les zones à risque et définit les hauteurs d’eau prévisibles selon différents scénarios.

En parallèle, le Document d’Information Communal sur les RIsques Majeurs (DICRIM) précise les consignes locales spécifiques. Ces deux sources vous permettent de situer votre établissement dans une zone rouge, orange ou non exposée.

Selon le ministère de la Transition écologique, plus de 17 millions de Français vivent en zone inondable, dont plusieurs milliers de résidents d’EHPAD.

Analyser les vulnérabilités internes de l’établissement

Une fois le risque territorial identifié, il faut cartographier les points faibles de votre bâtiment :

  • Localisation des chambres au rez-de-chaussée
  • Position des locaux techniques (chaufferie, groupe électrogène, armoires électriques)
  • Accès potentiels de l’eau (sous-sols, parkings, portes de plain-pied)
  • Réseau de drainage et état des installations d’assainissement

Un EHPAD situé en Occitanie a ainsi découvert lors d’un audit que son armoire électrique principale se trouvait à 30 cm du sol dans un local exposé. Une simple relocalisation en hauteur a permis de sécuriser l’alimentation de secours.

Intégrer le risque inondation au Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP)

Le DUERP doit obligatoirement inclure l’évaluation des risques naturels majeurs, dont l’inondation. Cette intégration permet de :

IDEC Formation
Bibliothèque de Ressources Illimitées

IDEC : Arrêtez de créer vos supports de formation.

Pourquoi réinventer la roue ? Accédez à +200 PowerPoints, Procédures et Vidéos prêts à l’emploi. Téléchargez en 1 clic, projetez, et formez vos équipes sans effort.

J’accède au stock illimité
  • Formaliser les mesures de prévention
  • Tracer les actions correctives
  • Impliquer le CSE et les instances représentatives du personnel

Conseil pratique : organisez une visite terrain avec votre équipe de direction, le responsable maintenance et un élu du CSE pour identifier ensemble les zones critiques. Cette démarche participative renforce l’appropriation collective du plan d’urgence.


Concevoir un plan d’évacuation adapté aux résidents d’EHPAD

Les spécificités de l’évacuation en établissement médico-social

Évacuer un EHPAD n’a rien de comparable avec un bâtiment tertiaire. La dépendance physique et cognitive des résidents impose une logique d’organisation radicalement différente. Selon les dernières statistiques de la DREES, le GIR moyen en EHPAD s’établit autour de 700, ce qui signifie une majorité de résidents en perte d’autonomie sévère.

Il faut donc anticiper :

  • Le temps nécessaire pour mobiliser chaque résident (15 à 30 minutes par personne selon le niveau de dépendance)
  • Les moyens de transport adaptés (brancards, fauteuils roulants, lits médicalisés)
  • La continuité des soins pendant l’évacuation (oxygénothérapie, nutrition entérale, perfusions)

Structurer le plan d’évacuation en trois niveaux

Un plan d’évacuation efficace repose sur une graduation des actions selon la montée des eaux :

Niveau d’alerte Délai estimé Actions prioritaires
Pré-alerte J-2 à J-1 Information équipes, vérification moyens d’évacuation, contact familles
Alerte orange H-12 à H-6 Évacuation préventive résidents RDC, activation cellule de crise
Alerte rouge Immédiat Évacuation totale, transfert établissements relais, continuité soins

Identifier les lieux de repli et conventionner

Où évacuer vos résidents ? Cette question doit être résolue en amont, par conventionnement avec :

  • D’autres EHPAD hors zone inondable
  • Des établissements hospitaliers de proximité
  • Des gymnases ou salles polyvalentes équipées (si pas d’autre solution)

Un EHPAD des Alpes-Maritimes a ainsi signé une convention tripartite avec deux établissements voisins, permettant d’accueillir respectivement 30 et 25 résidents en cas d’urgence. Cette démarche, validée par l’ARS, garantit une réponse rapide sans improvisation.

Une étude de Santé Publique France de 2024 rappelle que l’absence de lieu d’accueil identifié augmente de 40 % le risque de complications de santé post-évacuation chez les personnes âgées.

Former et exercer régulièrement les équipes

Un plan non testé est un plan théorique. Organisez au moins un exercice d’évacuation inondation par an, idéalement en coordination avec la mairie et les services de secours (SDIS).

Lors de ces exercices, vérifiez :

  • La chaîne de commandement (qui décide, qui coordonne)
  • Le temps réel nécessaire pour évacuer 10 résidents
  • La bonne utilisation du matériel (brancards, fauteuils évacuation)
  • La communication interne (talkie-walkies, téléphones satellites si réseau coupé)

Action immédiate : inscrivez dès maintenant une date d’exercice inondation dans votre calendrier annuel, en lien avec votre référent sécurité.


Protéger les installations critiques et constituer un kit d’urgence

Sécuriser l’alimentation électrique et les équipements vitaux

L’électricité est le nerf de la guerre en EHPAD : éclairage, ascenseurs, dispositifs médicaux, alarmes, réfrigération des médicaments. Une inondation peut provoquer une coupure prolongée de plusieurs jours.

Mesures de protection prioritaires :

  • Surélever les armoires électriques : minimum 1,50 m du sol si zone inondable
  • Sécuriser le groupe électrogène : localisation hors d’eau, réserve de carburant pour 72 heures minimum
  • Installer des batardeaux : protections amovibles devant portes et soupiraux pour empêcher l’intrusion d’eau
  • Créer des protections temporaires : sacs de sable pré-stockés (compter 500 sacs pour un EHPAD de 80 lits)

Un établissement du Gard a investi 15 000 € dans des batardeaux sur mesure après les inondations de 2022. Résultat : lors de l’alerte de novembre 2025, aucune infiltration majeure malgré 80 cm d’eau devant l’entrée principale.

Constituer et maintenir un kit d’urgence inondation

Le kit d’urgence inondation doit être opérationnel à tout moment, stocké en hauteur (étage supérieur) et vérifié trimestriellement.

Contenu type pour 80 résidents (72 heures d’autonomie) :

  • Eau potable : 6 litres par personne/jour = 1 440 litres (packs de 6 bouteilles)
  • Alimentation : rations froides (compotes, biscuits, pain de mie, barres céréales)
  • Médicaments d’urgence : stock tampon des traitements chroniques les plus fréquents + trousse de premier secours renforcée
  • Matériel médical : gants, masques, SHA, alèses, changes complets, sondes
  • Éclairage : lampes torches LED (1 par étage), bougies, piles de rechange
  • Communication : téléphones satellites ou radios longue portée (en cas de coupure réseau)
  • Documents essentiels : liste résidents, contacts familles, protocoles d’urgence (versions papier plastifiées)

Protéger les données et assurer la continuité administrative

Un sinistre majeur peut détruire des années de dossiers résidents. La sauvegarde externalisée des données n’est plus optionnelle :

  • Serveur cloud sécurisé (hébergeur de données de santé certifié HDS)
  • Sauvegarde hebdomadaire automatique
  • Copie papier des documents vitaux (décisions médicales, directives anticipées, contacts urgents) dans un coffre étanche

Conseil pratique : testez une fois par trimestre la restauration d’un dossier résident depuis votre sauvegarde cloud. C’est le seul moyen de vérifier que votre dispositif fonctionne réellement.


Coordonner l’action avec les autorités et acteurs du territoire

S’inscrire dans le dispositif communal de gestion de crise

Votre EHPAD ne peut pas gérer seul une inondation majeure. L’articulation avec le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) est indispensable. Ce plan, obligatoire dans les communes à risque, organise la réponse locale : alerte, évacuation, accueil, ravitaillement.

Démarche à suivre :

  1. Contactez le service sécurité civile de votre mairie
  2. Demandez une réunion de présentation du PCS
  3. Inscrivez votre établissement comme « établissement sensible » nécessitant un appui prioritaire
  4. Participez aux exercices de crise communaux

Un EHPAD de Charente-Maritime a découvert grâce au PCS qu’un centre de secours était prévu à 800 mètres de l’établissement, avec possibilité d’hébergement d’appoint et ravitaillement. Cette information a radicalement changé son plan d’évacuation.

Structurer la cellule de crise interne

En situation d’urgence, la cellule de crise doit se réunir immédiatement et piloter les opérations. Sa composition type :

  • Directeur (décisionnaire final)
  • IDEC (coordination des soins et évacuation)
  • Responsable hébergement (logistique, locaux, matériel)
  • Responsable technique (installations, énergie, communication)
  • Référent qualité (documentation, traçabilité)

Chaque membre doit disposer d’une fiche mission claire, décrivant ses responsabilités et ses interlocuteurs prioritaires. Ces fiches, actualisées annuellement, évitent les doublons et les oublis.

Communiquer efficacement avec les familles

L’angoisse des familles pendant une crise peut parasiter votre gestion opérationnelle. Anticipez la communication :

  • Liste de diffusion SMS/mail : pré-enregistrée et testée régulièrement
  • Messages-types : pré-rédigés pour les différents niveaux d’alerte (modèle : « Votre proche est en sécurité. Évacuation préventive organisée vers [établissement]. Prochaine information à [heure]. »)
  • Répondeur téléphonique actualisé : évite la saturation des lignes

Un établissement du Var a mis en place un numéro vert familial spécifique crise, avec messagerie vocale actualisée toutes les 2 heures. Résultat : division par trois des appels directs vers les services pendant l’alerte de janvier 2026.

Activer les partenariats sanitaires et médico-sociaux

Au-delà de l’évacuation, pensez à la continuité des soins :

  • Conventionnement avec pharmacies de garde (réapprovisionnement d’urgence)
  • Contact direct avec médecins coordinateurs des établissements relais
  • Accord préalable avec transporteurs sanitaires agréés (VSL, ambulances)
  • Lien avec plateforme territoriale d’appui (PTA) pour coordination renforcée

Question fréquente : Comment gérer les résidents sous oxygénothérapie pendant l’évacuation ?

Réponse : anticipez des bouteilles d’oxygène portables (minimum 6 heures d’autonomie), vérifiées mensuellement. Conventionnez avec un prestataire pour livraison d’urgence sur site de repli. Prévoyez une liste nominative des résidents concernés dans votre kit d’évacuation.


Transformer la contrainte en opportunité d’amélioration continue

Capitaliser sur chaque alerte pour progresser

Chaque épisode d’alerte inondation, même sans conséquence, est une occasion d’apprentissage. Organisez systématiquement un retour d’expérience (RETEX) dans les 15 jours suivant l’événement.

Méthodologie du RETEX :

  1. Réunir l’ensemble des acteurs (direction, équipes, partenaires)
  2. Lister factuellement ce qui a bien fonctionné
  3. Identifier les dysfonctionnements et leurs causes
  4. Définir des actions correctives chiffrées et datées
  5. Tracer le tout dans le DUERP et le document unique de délégation

Un EHPAD normand a ainsi détecté lors d’un RETEX que 40 % des aides-soignants ne savaient pas où se trouvait le kit d’urgence. Formation ciblée organisée le mois suivant, avec affichage du plan d’accès dans chaque office.

Intégrer la dimension inondation dans votre démarche qualité

La certification HAS intègre désormais explicitement la gestion des risques majeurs. Le critère 3.3-01 impose de « mettre en œuvre une organisation permettant d’assurer la continuité et la sécurité des prestations en cas d’événement exceptionnel ».

Concrètement, vos évaluateurs vérifieront :

  • L’existence d’un plan d’urgence inondation formalisé et actualisé
  • La traçabilité des exercices et des RETEX
  • La formation des équipes aux procédures dégradées
  • Les conventions de repli avec établissements tiers

Conseil stratégique : créez une rubrique « gestion de crise inondation » dans votre démarche qualité, avec indicateurs de suivi (nombre d’exercices/an, taux de participation, conformité du kit d’urgence). Cela valorise votre professionnalisme et sécurise votre évaluation.

Former les managers à la gestion de crise

Les IDEC et responsables d’hébergement sont en première ligne. Leur capacité à garder le cap sous pression est déterminante. Investissez dans leur montée en compétences :

  • Formations spécifiques « gestion de crise en EHPAD » (plusieurs organismes proposent des modules de 2 jours)
  • Simulations en réalité virtuelle (de plus en plus accessibles)
  • Partage d’expérience inter-établissements (via réseaux type FNAQPA, AD-PA)

Le guide IDEC 360° propose notamment des fiches pratiques sur le pilotage en mode dégradé et la gestion du stress d’équipe en situation exceptionnelle.

Anticiper les évolutions réglementaires et climatiques

Le cadre réglementaire se durcit progressivement. La loi Climat et Résilience de 2021 impose aux établissements recevant du public en zone inondable de réaliser un diagnostic de vulnérabilité avant fin 2027. Ce diagnostic, réalisé par un bureau d’études, identifie les mesures de protection à déployer.

Parallèlement, les PPRI sont révisés tous les 5 ans pour intégrer les nouveaux modèles climatiques. Un établissement aujourd’hui hors zone peut se retrouver en zone orange dans 3 ans. Veillez donc à consulter régulièrement les mises à jour préfectorales.

Question fréquente : Qui finance les travaux de mise en sécurité ?

Réponse : plusieurs dispositifs existent :

  • Fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM, dit « fonds Barnier ») : subventions jusqu’à 80 % pour travaux de protection
  • Aides ARS pour établissements médico-sociaux dans le cadre du plan de rénovation
  • Prêts bonifiés via Action Logement pour gestionnaires privés

Rapprochez-vous de votre DDT (Direction Départementale des Territoires) pour monter un dossier.


FAQ : Vos questions concrètes sur la gestion des inondations en EHPAD

Que faire si l’alerte survient un dimanche avec équipe réduite ?

Activez immédiatement votre plan d’astreinte. Le directeur et l’IDEC doivent pouvoir rappeler du personnel sous 2 heures maximum. Prévoyez dans vos contrats une clause de rappel d’urgence avec majoration. En attendant, priorisez la sécurisation des résidents les plus dépendants (RDC, sous-sols) et alertez les secours communaux pour appui.

Comment gérer les résidents déambulants pendant l’évacuation ?

Prévoyez un binôme dédié par résident déambulant, avec technique de guidance verbale et physique apaisante. Évitez la contention chimique sauf prescription médicale d’urgence. Anticipez dans votre kit d’évacuation des gilets de signalisation nominatifs pour repérage visuel rapide.

Faut-il évacuer si l’EHPAD est en étage mais avec RDC inondable ?

Pas nécessairement si les étages restent accessibles et fonctionnels. Mais vérifiez : l’alimentation électrique est-elle sécurisée ? Le ravitaillement est-il possible ? L’accès des secours reste-t-il praticable ? Si l’une de ces conditions n’est pas remplie, l’évacuation totale devient nécessaire. En cas de doute, contactez le SDIS pour avis.


Préparer votre EHPAD à affronter une inondation majeure n’est pas un luxe, c’est une obligation légale et humaine. Chaque heure investie dans l’anticipation peut sauver des vies et préserver la sérénité de vos équipes. Commencez dès demain par trois actions simples : consultez le PPRI de votre commune, vérifiez l’état de votre kit d’urgence et programmez votre prochain exercice d’évacuation. Face à la montée des eaux, c’est votre préparation qui fera la différence entre le chaos et la maîtrise.

Inscrivez-vous pour recevoir chaque semaine du contenu malin sur les EHPAD dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !