Comment sécuriser la vaccination antigrippale en EHPAD grâce à un cadre opérationnel piloté par le médecin coordonnateur

Découvrez le rôle clé du médecin coordonnateur dans la vaccination antigrippale en EHPAD : organisation, coordination, adhésion et suivi post-vaccinal.

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La vaccination antigrippale en EHPAD représente un enjeu majeur de santé publique. Chaque hiver, la grippe saisonnière expose les résidents fragilisés à des complications potentiellement graves. Le médecin coordonnateur joue un rôle pivot dans l’organisation, la promotion et le suivi de cette campagne vaccinale. Entre cadre réglementaire strict, coordination pluridisciplinaire et adhésion parfois difficile des résidents ou des familles, sa mission exige anticipation, pédagogie et rigueur opérationnelle au quotidien.


Le rôle stratégique du médecin coordonnateur dans la campagne vaccinale

Le médecin coordonnateur occupe une position centrale dans le dispositif de vaccination antigrippale en EHPAD. Sa mission ne se limite pas à prescrire : il pilote, coordère et sécurise l’ensemble du processus.

Selon le décret n° 2021-1192 du 15 septembre 2021, le médecin coordonnateur est responsable de l’élaboration du projet de soins de l’établissement. À ce titre, il définit les protocoles de prévention et s’assure de leur mise en œuvre effective. La vaccination antigrippale entre pleinement dans ce périmètre.

Pilotage de la stratégie vaccinale

Le médecin coordonnateur doit anticiper la campagne dès le mois de septembre. Il établit un calendrier précis : commande des vaccins, sensibilisation des équipes, recueil des consentements, organisation des séances de vaccination et suivi post-vaccinal.

Il définit aussi les circuits : qui prescrit, qui administre, qui trace. Dans certains EHPAD, l’infirmière coordinatrice (IDEC) dispose d’une délégation pour organiser les sessions. Dans d’autres, le médecin coordonnateur encadre directement chaque étape.

En janvier 2026, la Haute Autorité de Santé recommande une couverture vaccinale minimale de 75 % chez les résidents en EHPAD, contre seulement 63 % observés en moyenne nationale lors de la saison 2024-2025.

Coordination avec les professionnels de santé

Le médecin coordonnateur travaille en lien étroit avec les médecins traitants des résidents. Ces derniers restent prescripteurs, mais le médecin coordonnateur harmonise les pratiques et facilite les prescriptions groupées lorsque cela est possible.

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Il mobilise également l’équipe soignante : infirmiers, infirmiers coordinateurs, aides-soignants. Tous doivent être informés du calendrier, des contre-indications et des conduites à tenir en cas d’effet indésirable.

Exemple concret : Dans un EHPAD de 80 lits en Occitanie, le médecin coordonnateur organise chaque année une réunion de lancement en septembre. Il présente le planning, distribue les fiches de consentement et forme les IDE aux nouvelles recommandations. Résultat : un taux de vaccination de 82 % en 2025, contre 68 % trois ans plus tôt.

Conseil opérationnel

Organisez une réunion de coordination dès la mi-septembre. Impliquez l’IDEC, les IDE référents et un représentant des médecins traitants. Fixez ensemble les dates clés, les responsabilités et les outils de suivi. Cette réunion permet de gagner en fluidité et d’anticiper les obstacles.


Organisation pratique de la vaccination : de la prescription à l’administration

La mise en œuvre opérationnelle de la campagne vaccinale repose sur une logistique rigoureuse et une traçabilité sans faille. Le médecin coordonnateur en est le garant.

Commande et stockage des vaccins

Les vaccins antigrippaux sont commandés via les pharmacies hospitalières ou les grossistes-répartiteurs. Le médecin coordonnateur estime les besoins en fonction du nombre de résidents et du taux de vaccination visé.

Les vaccins doivent être conservés entre +2°C et +8°C. Le respect de la chaîne du froid est impératif. Un relevé quotidien des températures du réfrigérateur doit être tenu et tracé dans le registre de pharmacie.

Étape Responsable Délai recommandé
Estimation des besoins Médecin coordonnateur Septembre
Commande des vaccins Pharmacien / IDEC Fin septembre
Réception et contrôle IDE référent Octobre
Séances de vaccination IDE / Médecin coordonnateur Octobre – Novembre
Suivi post-vaccinal Équipe soignante Continu

Recueil du consentement éclairé

Avant toute vaccination, le consentement libre et éclairé du résident (ou de son représentant légal) doit être recueilli. Le médecin coordonnateur veille à ce qu’une information claire soit délivrée : bénéfices attendus, risques potentiels, absence d’obligation.

Cette information peut prendre la forme d’une notice d’information remise au résident et à la famille, complétée par un échange avec le médecin traitant ou le médecin coordonnateur.

Question fréquente : Que faire si un résident refuse la vaccination ?
Le refus doit être respecté et tracé dans le dossier de soins. Le médecin coordonnateur peut proposer un nouvel entretien quelques jours plus tard pour répondre aux craintes. En aucun cas la vaccination ne peut être imposée.

Administration et traçabilité

L’acte vaccinal est réalisé par un infirmier diplômé d’État (IDE), sur prescription médicale. Le médecin coordonnateur peut également administrer le vaccin lui-même.

Chaque injection doit être tracée immédiatement dans le dossier de soins informatisé ou papier : date, heure, numéro de lot, nom du vaccin, site d’injection, nom du soignant. Cette traçabilité est indispensable en cas d’effet indésirable ou de contrôle réglementaire.

L’utilisation d’un carnet de vaccination numérique partagé avec le médecin traitant est une bonne pratique pour sécuriser le suivi et faciliter la coordination.

Conseil opérationnel

Créez une fiche de suivi vaccinale unique pour l’établissement, comprenant : identité du résident, date de vaccination, numéro de lot, nom du soignant et case dédiée au suivi des effets indésirables. Centralisez ces fiches dans un classeur dédié, accessible à l’IDEC et au médecin coordonnateur.


Gestion des réticences et promotion de l’adhésion à la vaccination

L’un des défis majeurs du médecin coordonnateur reste la promotion active de la vaccination auprès des résidents, des familles et même de certains professionnels.

Comprendre les freins à la vaccination

Plusieurs facteurs expliquent les réticences :

  • Méfiance vis-à-vis des vaccins, amplifiée par certaines idées reçues
  • Crainte des effets indésirables (douleur au point d’injection, fièvre)
  • Sentiment que la grippe est une maladie bénigne
  • Manque d’information ou mauvaise compréhension des bénéfices

Chez les professionnels, la couverture vaccinale reste insuffisante : elle atteint à peine 35 % en moyenne nationale en EHPAD en 2025, alors que l’objectif fixé par Santé Publique France est de 75 %.

Stratégies de communication et sensibilisation

Le médecin coordonnateur doit déployer une communication multicanale :

  • Réunions d’information avec les résidents et les familles en amont de la campagne
  • Affichages pédagogiques dans les espaces communs, expliquant les bénéfices et les risques de la grippe
  • Courrier personnalisé aux familles, signé par le médecin coordonnateur, rappelant l’importance de la vaccination
  • Formation des équipes soignantes pour qu’elles deviennent relais d’information

Question fréquente : Comment convaincre les familles hésitantes ?
Proposez un entretien individuel avec le médecin coordonnateur. Écoutez les craintes, apportez des réponses factuelles, partagez des données chiffrées sur l’efficacité vaccinale et les complications évitées. La pédagogie et l’écoute sont plus efficaces que l’injonction.

Vaccination des professionnels : un enjeu de sécurité collective

Le médecin coordonnateur doit également promouvoir la vaccination auprès des professionnels de l’établissement. Les soignants non vaccinés représentent un risque de transmission vers les résidents fragiles.

Organiser une séance de vaccination dédiée aux salariés, pendant les horaires de travail, facilite l’adhésion. Certains établissements mettent en place un système de rappel par SMS ou email.

Exemple concret : Un EHPAD de la région Auvergne-Rhône-Alpes a instauré un « challenge vaccination » en 2025 : chaque unité de vie affichait son taux de vaccination (résidents et soignants). L’unité gagnante recevait un bon pour une animation collective. Résultat : le taux de vaccination des professionnels est passé de 32 % à 54 % en un an.

Conseil opérationnel

Intégrez la vaccination antigrippale dans le livret d’accueil du résident et dans le parcours d’intégration des nouveaux salariés. Cela permet de poser le sujet dès l’arrivée et de normaliser la démarche vaccinale comme un geste de prévention collectif.


Suivi post-vaccinal et gestion des effets indésirables

La campagne vaccinale ne s’arrête pas à l’injection. Le médecin coordonnateur doit organiser un suivi rigoureux pour identifier et traiter rapidement tout effet indésirable.

Surveillance des effets indésirables courants

Les effets indésirables les plus fréquents sont bénins et transitoires :

  • Douleur, rougeur ou gonflement au point d’injection
  • Fièvre modérée dans les 24 à 48 heures
  • Fatigue, céphalées, douleurs musculaires

Le médecin coordonnateur doit former les équipes soignantes à identifier ces signes et à les tracer dans le dossier de soins. Une fiche de surveillance peut être utilisée pendant les 72 heures suivant la vaccination.

Conduite à tenir en cas d’effet indésirable grave

Les effets indésirables graves (choc anaphylactique, syndrome de Guillain-Barré) sont exceptionnels mais nécessitent une réaction immédiate.

Le médecin coordonnateur doit s’assurer que :

  • Une trousse d’urgence contenant de l’adrénaline est disponible
  • Les IDE connaissent la conduite à tenir en cas de réaction allergique
  • Une déclaration de pharmacovigilance est effectuée auprès de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM)

Question fréquente : Faut-il décaler les vaccinations chez les résidents sous anticoagulants ?
Non, mais l’injection doit être réalisée avec une aiguille fine et suivie d’une compression locale de 5 minutes pour éviter un hématome. Le médecin coordonnateur doit sensibiliser les IDE à cette précaution.

Évaluation de la campagne et amélioration continue

À l’issue de la campagne, le médecin coordonnateur doit réaliser un bilan global :

  • Taux de vaccination obtenu (résidents et professionnels)
  • Nombre d’effets indésirables déclarés
  • Difficultés rencontrées (logistique, consentements, stocks)
  • Axes d’amélioration pour l’année suivante

Ce bilan doit être présenté en réunion qualité ou en commission de soins, et communiqué à la direction. Il peut également alimenter le rapport annuel d’activité du médecin coordonnateur.

Indicateur Objectif HAS Moyenne nationale 2025 Cible interne
Taux vaccination résidents 75 % 63 % 80 %
Taux vaccination professionnels 75 % 35 % 50 %
Effets indésirables graves < 0,1 % 0,02 % < 0,1 %

Conseil opérationnel

Créez un tableau de bord de suivi partagé avec l’IDEC et accessible en temps réel. Cela permet d’identifier rapidement les résidents non encore vaccinés, de relancer les équipes et d’ajuster l’organisation si besoin. Un simple fichier Excel suffit, à condition qu’il soit actualisé quotidiennement.


Ancrer la vaccination dans une culture de prévention durable

La vaccination antigrippale ne doit pas être perçue comme une contrainte annuelle, mais comme un pilier de la politique de prévention de l’établissement. Le médecin coordonnateur est le moteur de cette dynamique.

Pour inscrire la vaccination dans les pratiques, plusieurs leviers peuvent être activés :

  • Intégrer la vaccination dans le projet de soins et le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP)
  • Former régulièrement les équipes aux enjeux de la prévention vaccinale, notamment via des formations en ligne ciblées
  • Valoriser les résultats obtenus auprès des instances représentatives du personnel, du conseil de la vie sociale et des familles
  • Utiliser des supports visuels et des outils pédagogiques réutilisables, comme ceux proposés dans le Pack IDEC : MAÎTRISE TOTALE

La vaccination antigrippale s’inscrit aussi dans une démarche plus large de sécurisation des soins. Elle rejoint d’autres actions de prévention portées par le médecin coordonnateur : prévention des escarres, lutte contre la dénutrition, gestion des risques infectieux.

Un EHPAD qui vaccine efficacement ses résidents et ses professionnels réduit significativement les hospitalisations hivernales, les épidémies nosocomiales et l’absentéisme des équipes.

Exemple concret : Dans un EHPAD de 120 lits en Île-de-France, le médecin coordonnateur a créé un « comité vaccination » réunissant un médecin traitant référent, l’IDEC, un représentant des familles et un IDE. Ce comité se réunit deux fois par an pour évaluer la campagne, proposer des améliorations et préparer les supports de communication. Depuis sa création en 2023, le taux de vaccination des résidents est passé de 58 % à 79 %.

Enfin, le médecin coordonnateur doit rester vigilant aux évolutions réglementaires et scientifiques. Les recommandations de la HAS, les nouvelles formulations vaccinales, les retours d’expérience nationaux : tout doit être intégré pour améliorer en continu la qualité de la campagne.

Conseil opérationnel final

Constituez un dossier annuel de campagne vaccinale comprenant : planning, fiches de consentement, tableau de suivi, bilan quantitatif et qualitatif, supports de communication. Ce dossier servira de référence pour les années suivantes et facilitera la passation en cas de changement de médecin coordonnateur.


Mini-FAQ : Vaccination antigrippale en EHPAD

Qui prescrit le vaccin antigrippal en EHPAD ?
Le médecin traitant du résident reste le prescripteur habituel. Le médecin coordonnateur peut également prescrire dans le cadre de sa mission de coordination des soins, notamment pour faciliter les prescriptions groupées.

Peut-on vacciner un résident sous tutelle sans l’accord du tuteur ?
Non. Le consentement du tuteur ou du curateur est obligatoire. Le médecin coordonnateur doit s’assurer que le représentant légal a été informé et a donné son accord écrit.

Quel délai respecter entre deux vaccinations chez un même résident ?
Il n’y a pas de délai minimal entre le vaccin antigrippal et d’autres vaccins (par exemple le vaccin contre le Covid-19). Les deux injections peuvent être réalisées le même jour, sur deux sites différents. Le médecin coordonnateur veille à la bonne traçabilité.

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