Comment la bientraitance en EHPAD réduit les plaintes familiales de 40 % en structurant la communication

Découvrez comment la bientraitance en EHPAD réduit les plaintes familiales : communication structurée, formation des équipes et prévention de la maltraitance.

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Les plaintes de familles représentent aujourd’hui l’une des principales sources de tension dans les EHPAD. Elles mobilisent du temps, dégradent le climat de travail et fragilisent la réputation des établissements. Pourtant, la majorité d’entre elles ne portent pas sur des manquements techniques, mais sur des perceptions de négligence ou d’indifférence. Quand la bientraitance est réellement installée dans les pratiques, elle agit comme un levier préventif puissant : elle réduit les incompréhensions, fluidifie les relations et sécurise les équipes face aux contentieux. Cet article montre comment la prévention de la maltraitance et la promotion active de la bientraitance permettent de réduire concrètement les réclamations familiales.


La bientraitance : un cadre structurant pour limiter l’insatisfaction des familles

La bientraitance en EHPAD ne se résume pas à une posture éthique. Elle constitue un système organisé de pratiques, de réflexes et d’outils qui limitent les situations à risque. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), la bientraitance repose sur une culture partagée, formalisée et régulièrement évaluée. Elle encadre les interactions quotidiennes et prévient les ruptures de confiance.

Les familles expriment des plaintes principalement dans trois situations :

  • Manque d’information sur l’état de santé ou les soins prodigués
  • Sentiment d’être tenues à distance des décisions
  • Perception d’un traitement impersonnel ou dégradant de leur proche

Ces trois axes révèlent des failles organisationnelles plus que techniques. Un EHPAD qui intègre la bientraitance dans son fonctionnement quotidien structure des réponses préventives à chacune de ces tensions.

La bientraitance n’est pas un supplément d’âme, c’est un protocole vivant qui sécurise les équipes et rassure les familles.

Exemple de terrain : tracer et partager pour éviter les non-dits

Un EHPAD de 85 lits en Bretagne a réduit de 40 % ses réclamations en un an en instaurant un tableau de bord partagé entre équipes soignantes et familles. Chaque changement notable (modification de traitement, consultation, chute, perte d’appétit) est consigné sur une plateforme numérique accessible aux familles référentes. Ce simple dispositif évite les impressions d’abandon ou de dissimulation.

Conseil opérationnel immédiat : Mettez en place un outil de liaison partagé, numérique ou papier, actualisé chaque semaine, et communiquez son existence dès l’admission. Désignez un référent par résident chargé de cette traçabilité.

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Structurer la communication pour désamorcer les tensions en amont

Les plaintes familiales naissent souvent d’un déficit de communication. Quand les familles ne comprennent pas ce qui se passe, elles interprètent, projettent, puis contestent. La prévention de la maltraitance passe donc aussi par la structuration des échanges.

Les établissements qui réduisent leurs réclamations appliquent systématiquement trois principes :

  1. Anticiper : informer avant que la famille ne demande
  2. Ritualiser : fixer des moments d’échange réguliers et prévisibles
  3. Personnaliser : adapter le canal (téléphone, mail, visio, rencontre) au profil de chaque famille

Le référentiel HAS sur la bientraitance insiste sur la notion de participation des proches. Ce n’est pas une option relationnelle, c’est une obligation méthodologique. Les familles qui se sentent associées contestent moins, car elles deviennent co-acteurs du parcours de soin.

Tableau comparatif : avant / après structuration de la communication

Pratique avant Pratique après Impact observé
Appel uniquement en cas de problème Appel mensuel systématique avec compte-rendu écrit -30 % de plaintes sur « absence d’information »
Réunions générales annuelles Rencontres trimestrielles par unité + entretien individuel sur demande Meilleure compréhension des contraintes institutionnelles
Accès libre sans encadrement Plages d’accueil dédiées avec présence soignante Réduction des tensions liées aux visites impromptues

Exemple concret : ritualiser les échanges pour éviter l’escalade

Un EHPAD en Auvergne a instauré un rendez-vous de suivi semestriel avec chaque famille, animé par l’IDEC ou le médecin coordonnateur. Ce moment formalisé permet d’aborder sereinement l’évolution de l’état de santé, les adaptations du projet personnalisé, les ajustements de traitement. Résultat : 50 % de réclamations en moins en 18 mois, et une amélioration notable du climat relationnel.

Action applicable sous 30 jours : Planifiez dès maintenant un calendrier de rendez-vous semestriels avec les familles. Formalisez une trame d’entretien standardisée, incluant santé, confort, projet de vie et ajustements nécessaires.


Former les équipes pour transformer la posture professionnelle

Les plaintes familiales ne concernent pas seulement les directeurs ou IDEC. Elles sont souvent déclenchées par des interactions quotidiennes avec les aides-soignants, agents hôteliers ou infirmiers. Or, ces professionnels ne sont pas toujours formés à la gestion de la relation avec les proches.

La bientraitance impose une transformation culturelle au sein des équipes. Elle repose sur trois piliers opérationnels :

  • La formation initiale et continue aux techniques de communication bienveillante
  • La supervision régulière des pratiques via des groupes d’analyse de situations
  • Le soutien institutionnel face aux tensions (débriefing, médiation interne)

Selon les données de la DREES, 62 % des professionnels en EHPAD déclarent manquer de formation sur la gestion des conflits avec les familles. Ce manque est un facteur d’épuisement et d’erreurs relationnelles.

Checklist pour former efficacement les équipes à la relation avec les familles

  • Organiser un module de 2 jours par an sur la communication bienveillante
  • Intégrer des mises en situation (jeux de rôle) sur des cas de tensions réelles
  • Prévoir un débriefing collectif mensuel animé par l’IDEC ou un psychologue
  • Diffuser des fiches réflexes sur les réponses aux questions fréquentes des familles
  • Valoriser les bonnes pratiques en équipe (retour d’expérience positif)

Exemple terrain : l’analyse de pratiques comme outil préventif

Un EHPAD en Île-de-France a instauré des groupes d’analyse de pratiques mensuels, animés par une psychologue extérieure. Les soignants y abordent les situations difficiles avec les familles. Ce dispositif permet de déculpabiliser, d’identifier les erreurs récurrentes et de co-construire des réponses adaptées. Résultat : baisse de 35 % des tensions relationnelles signalées en deux ans.

Conseil immédiat : Mettez en place dès le mois prochain un temps d’échange mensuel, d’une heure, centré sur les situations complexes avec les familles. Privilégiez un cadre bienveillant, sans jugement, orienté solutions.


Mesurer et tracer la bientraitance pour objectiver les efforts

Pour convaincre les équipes et sécuriser l’établissement face aux plaintes, il faut rendre visible l’impact de la bientraitance. Cela passe par des indicateurs de suivi, simples mais réguliers. Ces données permettent également de répondre factuellement lors d’un signalement ou d’une inspection.

Les établissements qui réduisent leurs plaintes mettent en place des tableaux de bord incluant :

  • Nombre de réclamations par trimestre (avec typologie)
  • Délai moyen de réponse aux familles
  • Nombre de rencontres individuelles réalisées
  • Taux de participation aux réunions collectives
  • Nombre de situations signalées en interne (événements indésirables)

Ces indicateurs ne sont pas des outils de contrôle punitif. Ils constituent des leviers d’amélioration continue. Ils aident aussi à valoriser le travail des équipes auprès des tutelles, ARS, conseils de vie sociale.

Tableau d’indicateurs de suivi de la bientraitance et des réclamations

Indicateur Fréquence de suivi Objectif cible Usage principal
Nombre de plaintes écrites Mensuel Tendance à la baisse Pilotage direction
Délai moyen de réponse Trimestriel < 10 jours Conformité réglementaire
Satisfaction des familles (enquête) Annuel > 80 % Communication externe
Participation aux rencontres Semestriel > 70 % Ajustement des dispositifs
Formations suivies par agent Annuel 100 % des équipes Plan de formation

Exemple concret : l’EHPAD qui a transformé sa gestion des réclamations en levier de progrès

Un établissement en Normandie a créé un registre numérique des réclamations, couplé à un outil d’analyse qualitative. Chaque plainte est catégorisée, analysée en équipe pluridisciplinaire, et donne lieu à une action corrective tracée. Ce dispositif a permis d’identifier que 60 % des réclamations portaient sur l’hygiène des chambres. Un plan d’action ciblé (renfort d’effectif, formation agents) a réduit ces plaintes de 70 % en six mois.

Action applicable sous 30 jours : Créez un registre centralisé des réclamations avec une grille de lecture standardisée (motif, gravité, réponse apportée, suivi). Analysez-le trimestriellement en comité de direction pour ajuster les pratiques.


Questions fréquentes des professionnels sur la bientraitance et les plaintes familles

Comment distinguer une réclamation légitime d’une plainte abusive ?

Toute réclamation mérite une écoute attentive. La légitimité se mesure à l’écart entre ce qui a été promis (projet personnalisé, contrat de séjour) et ce qui est perçu. Même une plainte jugée infondée révèle un déficit de communication ou de compréhension mutuelle. Répondre avec bienveillance permet souvent de désamorcer une escalade.

Que faire face à une famille très exigeante ou conflictuelle ?

Fixez un cadre clair dès l’admission : fréquence des échanges, canaux de communication, limites institutionnelles. Documentez toutes les interactions. Si la tension persiste, proposez une médiation avec un tiers neutre (psychologue, médiateur institutionnel). Ne laissez jamais un professionnel seul face à une situation tendue.

La bientraitance peut-elle vraiment réduire les risques juridiques ?

Oui. La traçabilité des actions de bientraitance (formations, protocoles, échanges familles) constitue une preuve de diligence en cas de contentieux. Elle démontre que l’établissement a pris des mesures actives pour prévenir les risques. Cela limite la responsabilité en cas de litige.


Transformer la réclamation en levier d’amélioration continue

Les plaintes ne sont pas des échecs. Elles signalent des points de friction, des attentes non satisfaites, des malentendus à résoudre. Un établissement mature transforme chaque réclamation en opportunité d’ajustement. Cette posture change tout : elle désacralise la plainte, dédramatise les tensions et positionne les équipes en mode proactif.

La prévention de la maltraitance repose sur cette capacité à apprendre collectivement. Les EHPAD qui performent ne sont pas ceux où il n’y a jamais de réclamation, mais ceux qui les traitent rapidement, avec transparence, et en tirent des enseignements durables.

Mini-FAQ pratique

Faut-il toujours répondre par écrit à une réclamation orale ?

Oui, systématiquement. Un écrit formalise la prise en compte, rassure la famille et protège l’établissement. Il n’a pas besoin d’être long, mais doit être factuel, respectueux, et proposer un suivi.

Comment impliquer les familles sans les transformer en co-soignants ?

En les associant aux décisions qui concernent le projet de vie, pas aux gestes techniques. Par exemple : horaires de lever, activités préférées, habitudes alimentaires. Cela valorise leur place sans brouiller les rôles professionnels.

Quels outils numériques simples pour améliorer la relation familles ?

Des plateformes comme Famileo, Lifeaz ou des outils de liaison intégrés aux logiciels métiers (Netsoins, Titan) permettent de partager photos, informations et plannings sans alourdir la charge de travail.

Les 5 leviers essentiels pour réduire durablement les plaintes

  • Ritualiser les rendez-vous individuels et collectifs avec les familles
  • Former régulièrement les équipes à la communication bienveillante et à la gestion des tensions
  • Tracer toutes les actions de bientraitance et chaque réclamation pour objectiver les progrès
  • Impliquer les proches dans le projet personnalisé sans confusion des rôles
  • Analyser chaque réclamation en équipe pour ajuster les pratiques et prévenir la récurrence

Faire de la bientraitance un pilier de la performance institutionnelle

La bientraitance en EHPAD n’est ni un luxe ni un idéal inaccessible. C’est une stratégie de gestion des risques, un levier de performance managériale et un outil de protection juridique. Les établissements qui l’intègrent comme fil rouge de leur organisation constatent une amélioration durable du climat social, une baisse mesurable des réclamations et une meilleure reconnaissance institutionnelle.

Les familles ne demandent pas la perfection. Elles attendent de la transparence, de la réactivité et du respect. Quand ces trois piliers sont en place, les plaintes se raréfient. Les équipes gagnent en sérénité. Et l’établissement renforce sa réputation, sa conformité réglementaire et son attractivité.

Les EHPAD performants de demain seront ceux qui auront su transformer la prévention de la maltraitance en culture professionnelle partagée, mesurable et valorisée. Ce chemin commence par des décisions simples, applicables dès aujourd’hui, et portées par une volonté institutionnelle claire.

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