4 stratégies pour mieux gérer la douleur des résidents en EHPAD

Découvrez 4 stratégies concrètes pour améliorer la gestion de la douleur en EHPAD : évaluation, traçabilité, approches non médicamenteuses et formation.

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La douleur en EHPAD reste encore trop souvent sous-évaluée, mal détectée ou insuffisamment prise en charge. Pourtant, elle impacte directement la qualité de vie des résidents, leur sommeil, leur appétit et leur capacité à participer aux activités. Face à des personnes âgées souvent atteintes de troubles cognitifs ou de polypathologies, vous devez pouvoir compter sur des stratégies concrètes et éprouvées. Cet article vous présente 4 approches structurantes pour améliorer durablement la gestion de la douleur dans votre établissement.


Pourquoi la gestion de la douleur est un enjeu majeur en EHPAD

La douleur chronique touche plus de 50 % des résidents en EHPAD, selon les études récentes. Arthrose, fractures, escarres, douleurs neuropathiques : les sources sont multiples et souvent intriquées. Or, la douleur non traitée entraîne une cascade de conséquences : agressivité, repli sur soi, dénutrition, troubles du sommeil, voire syndrome de glissement.

Le principal obstacle ? La sous-évaluation. Les résidents atteints de troubles cognitifs ne peuvent souvent pas exprimer leur douleur verbalement. Les équipes, prises par le rythme des soins, peuvent passer à côté de signaux faibles : grimaces, agitation, refus de soins. Résultat : des situations de souffrance évitables, et un sentiment d’impuissance pour les soignants.

Face à cet enjeu, il est essentiel de structurer votre approche autour de quatre leviers complémentaires, qui couvrent l’évaluation, la traçabilité, la pluridisciplinarité et la formation des équipes.


Les 4 stratégies pour transformer la prise en charge de la douleur

Vous allez découvrir quatre stratégies concrètes, testées sur le terrain, pour améliorer significativement la détection et le traitement de la douleur chez vos résidents. Chacune repose sur des outils accessibles, des organisations simples à mettre en place, et surtout, sur une mobilisation collective des professionnels.

Stratégie 1 : Systématiser l’évaluation de la douleur avec des échelles adaptées
Stratégie 2 : Tracer et partager l’information au sein de l’équipe pluridisciplinaire
Stratégie 3 : Développer une approche non médicamenteuse en complément des traitements
Stratégie 4 : Former et sensibiliser les équipes en continu

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Ces quatre piliers s’articulent pour créer une culture d’établissement où la douleur devient un paramètre aussi surveillé que la tension artérielle ou la glycémie.


Développement des 4 stratégies

1. Systématiser l’évaluation avec des échelles adaptées

La première étape pour gérer efficacement la douleur, c’est de la détecter. Or, une évaluation rigoureuse ne peut reposer sur l’intuition seule. Vous devez mettre en place des outils standardisés, adaptés aux capacités cognitives de chaque résident.

Pour les résidents communicants, utilisez l’échelle numérique (EN) ou l’échelle verbale simple (EVS). Posez la question de manière systématique lors des soins, des transmissions ou des consultations médicales : « Avez-vous mal quelque part aujourd’hui ? Si oui, sur une échelle de 0 à 10, à combien situez-vous votre douleur ? »

Pour les résidents non communicants, privilégiez l’échelle Algoplus ou Doloplus-2. Ces grilles d’observation comportementale permettent de repérer des signes indirects : posture antalgique, protection d’une zone, mimiques lors de la mobilisation, modification du comportement habituel.

Exemple concret : Dans un EHPAD du Vaucluse, l’équipe a instauré une évaluation Algoplus systématique à chaque change pour les résidents déments. En trois mois, 12 résidents ont vu leur traitement antalgique réévalué, avec une nette amélioration de leur confort et une diminution des refus de soins.

Conseil pratique : Intégrez l’évaluation de la douleur dans vos transmissions ciblées et dans votre logiciel de soins. Fixez une fréquence minimale (ex : 1 fois par semaine pour tous, quotidiennement en cas de douleur identifiée). Nommez un référent douleur dans chaque unité pour garantir la régularité.


2. Tracer et partager l’information au sein de l’équipe pluridisciplinaire

Une fois la douleur évaluée, encore faut-il que l’information circule. Trop souvent, une aide-soignante repère une douleur lors de la toilette, mais l’information se perd dans les transmissions orales. Le médecin coordonnateur ou le médecin traitant ne sont alertés que tardivement, voire pas du tout.

Mettez en place un système de traçabilité clair : que ce soit dans votre logiciel métier, sur un cahier de liaison ou via un onglet dédié dans le dossier de soins. L’idée : chaque évaluation doit être notée, datée, et accessible à tous les acteurs (AS, IDE, médecin, psychologue, kiné).

Instaurez des temps de coordination pluridisciplinaire réguliers autour de la douleur. Par exemple, lors de la réunion hebdomadaire de synthèse, consacrez 10 minutes à passer en revue les résidents signalés douloureux. Cela permet de croiser les regards : l’AS parle du refus du change, l’IDE évoque la tension lors de la mobilisation, le médecin coordonnateur propose un ajustement thérapeutique, le kiné suggère une mobilisation douce.

Exemple concret : Un EHPAD de Seine-Maritime a créé un tableau de bord partagé sur Excel (puis migré dans leur logiciel), avec une colonne « douleur » actualisée chaque semaine. Résultat : le délai moyen entre détection et adaptation du traitement est passé de 8 jours à 48 heures.

Conseil pratique : Utilisez un code couleur simple (vert/orange/rouge) pour identifier rapidement les résidents nécessitant une vigilance accrue. Encouragez les équipes à « remonter » immédiatement toute douleur aiguë ou inhabituelle via la procédure d’alerte établie dans l’établissement.


3. Développer une approche non médicamenteuse en complément des traitements

Les antalgiques sont indispensables, mais ils ne suffisent pas toujours, surtout chez les personnes âgées polymédiquées ou à risque d’effets indésirables. Les approches non médicamenteuses constituent un complément précieux, souvent sous-exploité.

Les techniques validées incluent :
– La mobilisation douce et la kinésithérapie : pour maintenir la souplesse articulaire et prévenir les raideurs douloureuses.
– Le toucher-massage ou la relaxation : efficaces pour réduire les tensions musculaires et l’anxiété, qui amplifient la perception de la douleur.
– L’adaptation de l’environnement : matelas anti-escarres, coussins de positionnement, fauteuils ergonomiques, aide à la mobilisation pour éviter les douleurs induites par les soins.
– Les activités occupationnelles et la musicothérapie : en détournant l’attention, elles diminuent la focalisation sur la douleur.

Exemple concret : Un EHPAD en Bretagne a formé deux aides-soignantes au toucher-massage. Elles interviennent 15 minutes par jour auprès de résidents douloureux chroniques. Couplée à un traitement antalgique adapté, cette approche a permis de réduire les doses de morphiniques chez trois résidents, avec leur accord et celui du médecin.

Conseil pratique : Identifiez dans votre équipe ou sur le territoire des intervenants formés (psychomotriciens, ergothérapeutes, sophrologues, bénévoles formés). Créez un « plan douleur individualisé » pour chaque résident concerné, incluant une combinaison d’approches médicamenteuses et non médicamenteuses. Suivez les résultats avec les mêmes échelles qu’en stratégie 1.


4. Former et sensibiliser les équipes en continu

Même avec les meilleurs outils, sans culture partagée et formation continue, la qualité de la prise en charge reste aléatoire. La douleur doit devenir un sujet central, au même titre que la prévention des chutes ou la lutte contre la dénutrition.

Organisez des sessions de formation interne sur :
– La physiologie de la douleur chez la personne âgée
– L’utilisation des échelles d’évaluation
– Les signes comportementaux de douleur chez les résidents non communicants
– Les traitements disponibles (paliers OMS, traitements adjuvants)
– Les approches non médicamenteuses

Instaurez des temps d’analyse de pratique : prenez un cas concret, analysez collectivement ce qui a bien fonctionné, ce qui aurait pu être amélioré. Ces moments favorisent la cohésion d’équipe et l’apprentissage collectif.

Diffusez des supports pédagogiques : affiches récapitulatives des échelles, fiches réflexes « que faire en cas de douleur aiguë », vidéos courtes accessibles sur l’intranet. Pensez aussi aux nouveaux arrivants : intégrez un module « gestion de la douleur » dans votre parcours d’intégration.

Exemple concret : Un EHPAD en Nouvelle-Aquitaine a mis en place une formation-action de 3 heures sur site, animée par le médecin coordonnateur et l’IDEC. Chaque soignant a pu s’exercer à remplir une grille Algoplus sur des cas réels vidéo-projetés. Six mois après, le taux de résidents avec douleur évaluée est passé de 40 % à 85 %.

Conseil pratique : Nommez un référent douleur formé (IDE ou médecin coordonnateur) qui sera la personne ressource, organisera les formations, actualisera les protocoles et assurera une veille sur les bonnes pratiques. Prévoyez au moins une formation par an et intégrez la thématique dans vos réunions d’équipe trimestrielles.


L’essentiel à retenir pour agir dès demain

Vous disposez désormais de quatre leviers d’action complémentaires pour améliorer durablement la prise en charge de la douleur dans votre EHPAD. Chacun renforce les autres : une bonne évaluation nourrit la traçabilité, qui facilite la coordination, elle-même enrichie par des approches non médicamenteuses, le tout porté par des équipes formées et sensibilisées.

« La douleur n’est ni une fatalité, ni un symptôme à accepter passivement. Elle est un signal à entendre, à évaluer et à soulager. »

L’enjeu est double : améliorer la qualité de vie de vos résidents, mais aussi redonner du sens au travail de vos équipes. Savoir qu’on peut réellement soulager, qu’on dispose d’outils efficaces, c’est retrouver de la fierté professionnelle et réduire l’usure compassionnelle.

Commencez par un premier pas : choisissez l’une de ces quatre stratégies, celle qui vous semble la plus accessible ou la plus urgente dans votre contexte. Testez-la sur une unité pilote, mesurez les résultats, puis déployez progressivement. L’important, c’est la régularité et la persévérance.


Passez à l’action : par où commencer concrètement ?

Ne laissez pas cet article dormir dans vos favoris. Dès cette semaine, bloquez une heure dans votre agenda pour :

  • Identifier l’échelle de douleur que vous allez standardiser dans votre établissement (Algoplus, Doloplus, EN).
  • Réunir votre équipe soignante pour présenter la démarche et recueillir leurs observations terrain.
  • Nommer un référent douleur ou confirmer son rôle s’il existe déjà.
  • Planifier une première formation ou un temps d’échange pluridisciplinaire sur le sujet.

Vous avez entre les mains les clés pour transformer la prise en charge de la douleur. Vos résidents méritent cette attention, vos équipes méritent d’être outillées. Alors lancez-vous : chaque résident soulagé est une victoire collective qui redonne du sens à votre mission.

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