L’IA en EHPAD : cadre réglementaire européen et obligations des établissements face aux risques

Dans un secteur où la vulnérabilité des résidents est au cœur des préoccupations, l’intelligence artificielle fait son entrée dans les EHPAD. Le règlement européen sur l’IA (UE) 2024/1689, entré en vigueur le 1er août 2024, impose désormais un cadre strict. Pour les directeurs et cadres décideurs, comprendre ces nouvelles règles devient essentiel. SommaireUn cadre européen…

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Dans un secteur où la vulnérabilité des résidents est au cœur des préoccupations, l’intelligence artificielle fait son entrée dans les EHPAD. Le règlement européen sur l’IA (UE) 2024/1689, entré en vigueur le 1er août 2024, impose désormais un cadre strict. Pour les directeurs et cadres décideurs, comprendre ces nouvelles règles devient essentiel.

Un cadre européen pionnier pour encadrer l’IA en santé

L’Union européenne a créé le premier cadre juridique mondial complet pour réguler l’intelligence artificielle. Ce règlement classe les systèmes d’IA selon leur niveau de risque. Dans le contexte des EHPAD, de nombreux outils relèvent de la catégorie « haut risque ».

Selon la Commission européenne, ce texte vise à garantir une IA digne de confiance. Les applications médicales, courantes en EHPAD, sont particulièrement concernées. Le diagnostic, la surveillance des patients ou la détection des chutes figurent parmi les usages classés à haut risque.

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La CNIL joue un rôle complémentaire en France. Elle veille à l’application du règlement tout en mettant l’accent sur la protection des données. Cet aspect est crucial dans les EHPAD où les informations sur les résidents sont particulièrement sensibles.

Les systèmes d’IA formellement interdits en EHPAD

Le règlement européen interdit clairement certains systèmes d’IA jugés inacceptables. Ces interdictions s’appliquent pleinement aux EHPAD, même si ces outils y sont rarement déployés.

Parmi les systèmes proscrits figurent ceux qui :

  • Utilisent des techniques subliminales pour manipuler le comportement
  • Exploitent les vulnérabilités des personnes âgées
  • Mettent en œuvre un système de notation sociale
  • Effectuent une reconnaissance biométrique en temps réel dans les espaces publics

La protection des personnes vulnérables est au cœur de ces interdictions. Dans un EHPAD, toute technologie visant à influencer le comportement des résidents à leur insu serait illégale.

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Les systèmes d’évaluation émotionnelle sur le lieu de travail sont également proscrits. Un outil qui analyserait l’état émotionnel du personnel soignant contreviendrait donc à la réglementation.

D’après l’avocate Charlotte Galichet dans un article publié sur le Village de la Justice, ces interdictions s’inscrivent dans une volonté de préserver la dignité et l’autonomie des personnes.

Obligations de formation pour le personnel

Pour les systèmes d’IA à haut risque, le règlement impose des obligations strictes aux déployeurs. Les directions d’EHPAD doivent former adéquatement leur personnel avant toute utilisation.

L’article 4 du règlement exige que les établissements forment leurs équipes pour garantir une maîtrise suffisante des outils. Cette formation doit tenir compte :

  • Des connaissances techniques du personnel
  • De leur expérience préalable
  • Du contexte d’utilisation
  • Des personnes concernées

La supervision humaine est un principe fondamental. L’article 26.2 impose que cette supervision soit assurée par des personnes compétentes et formées. Dans un EHPAD, cela signifie que le personnel doit pouvoir interpréter correctement les alertes et intervenir si nécessaire.

Le règlement exige également d’informer les représentants du personnel et les travailleurs concernés. Cette obligation de transparence s’applique avant toute mise en service d’un système d’IA à haut risque.

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Classification des systèmes d’IA en EHPAD

La majorité des outils d’IA utilisés en EHPAD relèvent de la catégorie à haut risque. Cette classification découle de leur impact potentiel sur la santé et la sécurité des résidents.

L’annexe III du règlement liste les cas d’usage spécifiques. Les dispositifs médicaux de diagnostic ou de traitement sont explicitement mentionnés. Un système de détection des chutes comme « l’oreille augmentée » entre dans cette catégorie.

Selon les données du ministère de l’Économie français, la stratégie nationale pour l’IA lancée en 2018 et mise à jour en 2025 s’aligne sur cette approche. Elle met l’accent sur l’innovation éthique dans le domaine de la santé.

Implications pratiques pour les directeurs d’EHPAD

Pour les équipes dirigeantes, ces nouvelles règles imposent une vigilance accrue. Les établissements doivent désormais évaluer chaque solution d’IA avant son déploiement.

Une cartographie des outils utilisés s’impose. Il faut identifier ceux qui relèvent de la catégorie à haut risque et s’assurer qu’aucun système interdit n’est en service.

Le plan de formation du personnel doit intégrer ces nouvelles exigences. Les soignants doivent comprendre le fonctionnement des systèmes et leurs limites. Ils doivent également savoir quand et comment intervenir pour corriger d’éventuelles erreurs.

La documentation devient essentielle. Chaque formation doit être tracée et les compétences acquises évaluées. Ces éléments pourront être demandés en cas de contrôle.

Vers une IA éthique au service des résidents

L’enjeu pour les EHPAD va au-delà de la simple conformité réglementaire. Il s’agit d’intégrer l’IA de manière éthique au service du bien-être des résidents.

La CNIL, dans ses recommandations de 2024, insiste sur la nécessité de concilier innovation et protection. Les données des résidents, particulièrement sensibles, doivent bénéficier d’une protection renforcée.

La transparence envers les résidents et leurs familles devient cruciale. Expliquer clairement les systèmes utilisés et leurs finalités permet d’instaurer un climat de confiance.

Certains établissements pionniers ont déjà mis en place des comités d’éthique spécifiques à l’IA. Ces instances permettent d’évaluer chaque projet sous l’angle éthique avant son déploiement.

Préparer l’avenir de l’IA en EHPAD

Face à l’évolution rapide des technologies, les établissements doivent anticiper. Une veille réglementaire permanente s’impose pour rester en conformité.

Le règlement européen prévoit des sanctions dissuasives en cas de non-respect. Les amendes peuvent atteindre 35 millions d’euros ou 7% du chiffre d’affaires mondial annuel pour les infractions les plus graves.

La formation continue des équipes devient un investissement stratégique. Les compétences acquises aujourd’hui devront être régulièrement mises à jour pour suivre l’évolution des technologies.

Les groupements d’EHPAD ont un rôle à jouer dans la mutualisation des bonnes pratiques. Partager les expériences permet d’accélérer l’adoption d’une IA conforme et bénéfique pour tous.

La coopération avec les fournisseurs de solutions doit également évoluer. Les cahiers des charges doivent désormais intégrer explicitement les exigences réglementaires liées à l’IA.

En définitive, le règlement européen sur l’IA offre un cadre clair mais exigeant. Pour les EHPAD, c’est l’occasion de repenser leur approche technologique au service de leur mission première : prendre soin des personnes âgées dans le respect de leur dignité.