La nuit, tous les changes se valent… ou pas

Il est deux heures du matin. Les couloirs de l’EHPAD dorment encore, plongés dans cette semi-obscurité où seules les veilleuses murales dessinent des halos jaunes sur les murs. Derrière les portes fermées, les résidents dorment… ou essaient. Pour les équipes de nuit, c’est l’heure des gestes silencieux, de ces soins qui passent inaperçus pour le…

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Il est deux heures du matin. Les couloirs de l’EHPAD dorment encore, plongés dans cette semi-obscurité où seules les veilleuses murales dessinent des halos jaunes sur les murs. Derrière les portes fermées, les résidents dorment… ou essaient. Pour les équipes de nuit, c’est l’heure des gestes silencieux, de ces soins qui passent inaperçus pour le reste du monde, mais qui façonnent pourtant la qualité de vie au quotidien.

Parmi ces gestes, il y en a un que l’on croit anodin, presque machinal : le change de nuit. Prendre une protection dans la réserve, ajuster les attaches, repartir sur la pointe des pieds. Mais derrière cette routine, il y a un choix qui compte. Un choix qui peut décider si la personne se réveillera au sec et reposée… ou avec la désagréable sensation d’humidité, parfois accompagnée d’irritations.

Et la vérité, c’est que ce choix n’est pas toujours le bon.

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Les nuits, entre contraintes et habitudes

On imagine souvent les nuits en EHPAD comme un long moment calme. La réalité est tout autre. Le personnel est réduit, les imprévus peuvent survenir à tout moment : un résident qui appelle, une chute, une agitation soudaine. Les soignants jonglent entre les urgences et les tournées prévues, avec le souci constant de déranger le moins possible les dormeurs.

Alors, quand il faut choisir une protection, on va parfois au plus rapide. On prend la première à portée de main, on opte pour la plus absorbante “par sécurité”, ou on se cale sur la tournée prévue, sans se demander si c’est le bon moment pour ce résident-là. Ce n’est pas de la négligence, mais plutôt le résultat d’un contexte où chaque minute compte.

Les erreurs qui s’installent sans qu’on s’en rende compte

Il y a ces protections complètes mises systématiquement, même quand une version plus légère suffirait. Il y a ces tailles inadaptées, trop grandes qui fuient, trop petites qui irritent. Il y a les cartons en réserve ouverts à moitié, mal rangés, où l’on pioche sans vérifier si c’est bien le modèle prescrit.

Et puis, il y a la gestion du temps. Parfois, on change trop tôt, réveillant inutilement un résident qui aurait pu dormir deux heures de plus au sec. Parfois, on change trop tard, et c’est la douche matinale qui devient urgente pour rattraper l’inconfort de la nuit.

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Ce sont de petites choses, prises une à une. Mais répétées chaque nuit, elles deviennent un vrai problème.

Quand les conséquences se font sentir

Pour les résidents, ces détails font toute la différence. Une protection mal ajustée ou saturée, c’est un sommeil interrompu, une sensation désagréable qui dure, parfois des rougeurs ou une irritation persistante. Chez les plus fragiles, l’humidité prolongée peut même favoriser les infections urinaires ou cutanées.

Et au-delà du physique, il y a la dignité. Se réveiller dans de mauvaises conditions, c’est commencer la journée avec une gêne, voire de la honte. Ce n’est pas une bonne façon de se sentir pris en soin.

Un impact qui dépasse la chambre

Pour l’établissement aussi, ces habitudes ont un prix. Utiliser systématiquement des protections complètes “au cas où” fait grimper la consommation. À l’échelle d’un EHPAD, on parle vite de milliers d’euros supplémentaires par an.

Cela crée aussi un déséquilibre dans les stocks : on se retrouve en rupture sur certaines tailles ou modèles essentiels, tout en accumulant des cartons d’autres protections que personne n’utilise. Résultat : des commandes d’urgence plus chères, un sentiment de pénurie permanent… alors que le problème n’est pas l’approvisionnement, mais la manière dont on utilise ce que l’on a.

Des solutions qui changent vraiment les nuits

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des moyens simples pour améliorer la situation, sans ajouter de pression aux équipes.

Former spécifiquement les soignants de nuit est un premier pas. Pas besoin de journées entières : une courte session sur les différents types de protections, leurs indications, la bonne manière de les ajuster et surtout le moment opportun pour les changer peut faire toute la différence.

Réorganiser la réserve est un autre levier très efficace. En rangeant les protections par taille et par modèle, avec un étiquetage clair ou un code couleur, on réduit le risque d’erreur et on gagne du temps au moment du choix.

Mettre en place un suivi rapide – par exemple noter dans un tableau ou une fiche le type de protection utilisée – permet aussi de repérer les dérives et d’ajuster les commandes.

Et puis, il y a le plus important : respecter le rythme de sommeil des résidents. Un change ne devrait jamais réveiller inutilement. Si la protection est adaptée, il vaut mieux attendre le bon moment que de faire “comme d’habitude” à heure fixe.

Quand ça marche, tout le monde y gagne

Sophie, aide-soignante de nuit depuis 12 ans, en a fait l’expérience :

“Avant, on prenait toujours les protections les plus absorbantes, c’était plus simple. Mais après une petite formation, on a changé nos habitudes. On adapte maintenant selon chaque résident. Et franchement, on voit la différence : moins de changes inutiles, moins d’irritations, et les résidents sont plus reposés.”

Marc, infirmier coordinateur, confirme :

“On a réorganisé la réserve avec un code couleur pour chaque taille et modèle. Même à deux heures du matin, impossible de se tromper. Et depuis, nos commandes ont baissé de 15 %.”

Et puis il y a la parole des premiers concernés. Claire, résidente, en parle avec simplicité :

“Quand on me change au bon moment et avec la bonne protection, je me réveille beaucoup plus reposée. C’est un vrai confort.”

La nuit, un temps clé pour la qualité des soins

On a tendance à voir la nuit comme une parenthèse entre deux journées. Mais en EHPAD, elle fait partie intégrante du soin. Les décisions prises à ces heures silencieuses – quelle protection, quand la changer, comment l’ajuster – ont un impact direct sur le confort, la santé et la dignité des résidents.

En changeant quelques habitudes, en outillant un peu mieux les équipes et en organisant plus intelligemment les stocks, on peut à la fois améliorer le bien-être des résidents et réduire les coûts.

La nuit en EHPAD ne devrait pas être un moment où l’on “fait comme on peut”. Elle devrait être un temps où chaque geste, même le plus discret, compte. Et c’est bien la preuve que, non, tous les changes ne se valent pas.